jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100707 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAURENT-NEYRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er mars 2021 et 19 janvier 2022, Mme A B, représentée par Me Laurent-Neyrat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " a implicitement refusé de requalifier son contrat de travail en contrat à durée indéterminée ;
2°) d'enjoindre à la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " à requalifier, rétroactivement au 17 janvier 1997, son contrat de travail en contrat à durée indéterminée ;
3°) de mettre à la charge de la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, en méconnaissance de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle occupe un emploi répondant à un besoin permanent.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 novembre 2021 et 10 février 2022, la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art ", représentée par la SELAS Charrel et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables faute d'avoir été précédées d'une demande indemnitaire ;
- les conclusions en annulation sont tardives, la décision attaquée étant purement confirmative ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 6 janvier 2022, la commune de Nîmes conclut à sa mise hors de cause.
Elle fait valoir que n'étant pas l'employeur de la requérante, elle ne peut qu'être mise hors de cause dans la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Chevillard,
-les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
-et les observations de Me Laurent-Neyrat, représentant Mme B, et de Me Charrel, représentant la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art ".
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, guide conférencière au sein du musée d'art contemporain " Carré d'Art ", a été, entre 1987 et 1996, ponctuellement recrutée par des contrats à durée déterminée de droit privé. En février 1996, l'intéressée a été recrutée, pour une période d'un mois en qualité de guide conférencière. Elle a ensuite signé un contrat de travail du 17 janvier au 2 février 1997, en cette même qualité en remplacement d'un agent démissionnaire, contrat à durée déterminée de droit privé renouvelé à plusieurs reprises. A compter du 1er janvier 2000, Mme B a été recrutée, par la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " devenue régie municipale autonome, en application de l'article 3-2 de la loi du 16 janvier 1984 pour faire face à un besoin occasionnel. Elle a ensuite été renouvelée dans ses fonctions de guide conférencière par de nombreux autres contrats conclus sous le même régime, jusqu'au 30 juin 2021. Par un courrier du 16 novembre 2020, auquel il n'a pas été répondu, Mme B a sollicité du directeur de la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " la requalification de son contrat de travail en contrat à durée indéterminé. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " a implicitement refusé de requalifier son contrat de travail en contrat à durée indéterminée.
Sur la légalité de la décision attaquée :
2. En premier lieu, aux termes de L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande (). ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas entachée d'illégalité du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Elle ne peut être regardée comme illégale qu'en l'absence de communication de ses motifs dans le délai d'un mois par l'autorité saisie. Le moyen tiré de ce que la décision contestée serait illégale du seul fait de son absence de motivation doit donc être écarté. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est au demeurant pas allégué, que Mme B aurait sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet opposée par la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " à sa demande de requalification de son contrat de travail à durée déterminée en contrat à durée indéterminée présentée le 18 novembre 2020. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En second lieu d'une part, aux termes de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : / 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs ; / 2° Un accroissement saisonnier d'activité, pour une durée maximale de six mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de douze mois consécutifs. ". Aux termes de son article 3-1 : " () pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé annuel, d'un congé de maladie, de grave ou de longue maladie, d'un congé de longue durée, (). / Les contrats établis sur le fondement du premier alinéa sont conclus pour une durée déterminée et renouvelés, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. Ils peuvent prendre effet avant le départ de cet agent. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 3-3 de la même loi : " () des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : / 1° Lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; / 2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient () / 3° Pour les emplois de secrétaire de mairie des communes de moins de 1 000 habitants () / 4° Pour les emplois à temps non complet des communes de moins de 1 000 habitants (), lorsque la quotité de temps de travail est inférieure à 50 % ; / 5° Pour les emplois des communes de moins de 2 000 habitants () dont la création ou la suppression dépend de la décision d'une autorité qui s'impose à la collectivité () en matière de création, de changement de périmètre ou de suppression d'un service public. / Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée. ". L'article 3-4 précise enfin en son II que : " Tout contrat conclu ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article 3-3 avec un agent qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée. / () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que les contrats de travail conclus par la requérante à compter du 1er janvier 2000 l'ont été sur le fondement du 2° de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, et pour faire face à un accroissement saisonnier d'activité de la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art ". Par ailleurs, Mme B soutient que les fonctions de guide conférencière qu'elle occupait répondent à un besoin permanent de cette structure dès lors que les expositions temporaires pour lesquelles elle a été employée se succèdent, font l'objet d'une programmation constante et correspondent à l'activité normale de la structure, ses contrats de travail et ses bulletins de salaire tendent à le démontrer. Toutefois, Mme B ne soutient ni ne démontre que ces contrats auraient été conclus dans l'une quelconque des hypothèses visées à l'article 3-3 de cette loi, figurant auparavant aux quatrième à sixième alinéas de son article 3. Ainsi, elle ne saurait prétendre au bénéfice du dernier alinéa de cet article 3-3, dont les dispositions prévoient qu'au-delà de six ans, les contrats conclus en application de cet article sont reconduits par décision expresse et pour une durée indéterminée. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige a été prise en méconnaissance des dispositions citées aux point 4 et 5.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, que les conclusions en annulation de la requête, et par voie de conséquence celles formulées à fins d'injonction, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art ", qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme que la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " demande au même au titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art " sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la régie municipale musée d'art contemporain " Carré d'Art ".
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026