mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LICINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 février 2021, M. D A, représenté par Me Licini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 14 janvier 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé contre la décision du 30 septembre 2020, par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud a rejeté sa demande de délivrance d'une autorisation préalable en vue d'accéder à une formation relative à l'exercice d'une activité privée de sécurité ;
2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de réexaminer sa demande sous astreindre de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut d'habilitation de l'instructeur à la consultation du fichier de Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ) ;
- le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a commis une erreur d'appréciation de sa situation ; en effet, l'émission d'un chèque sans provision relève d'une étourderie et a été régularisée ; l'usurpation de ligne téléphonique n'est pas avérée et n'a donné lieu à aucune poursuite ; s'il a été condamné pour des faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique commis le 13 février 2020, il s'agit d'un incident modeste et sans lendemain ; s'il a été condamné pour injure à l'encontre d'un sapeur-pompier en exercice, les faits en cause se sont produits lors d'une rixe dont il a été la victime ;
- il apporte au vu des attestations produites la preuve de sa probité et de sa bonne moralité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2021, le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C B ;
- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A était titulaire d'une carte professionnelle l'autorisant à exercer la profession d'agent de surveillance et de gardiennage valable jusqu'en février 2019. Il a déposé auprès de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Sud une demande tendant à la délivrance d'une autorisation préalable, en vue d'accéder à une formation relative à l'exercice d'une activité privée de sécurité. Par une décision du 30 septembre 2020, la CLAC a rejeté sa demande. Le 19 novembre 2020, M. A a formé à l'encontre de cette décision un recours préalable obligatoire devant la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS). Par une délibération du 14 janvier 2021, la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté sa demande. M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 14 janvier 2021.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes () ". L'article L. 612-20 du même code, dans sa version applicable au litige, dispose que : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; / ()/ La carte professionnelle peut être retirée lorsque son titulaire cesse de remplir l'une des conditions prévues aux 1°, 2° et 3°. () ". Aux termes de l'article L. 612-22 du même code : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2°, 3°, 4° et 4° bis de l'article L. 612-20. ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle est saisie d'une demande de délivrance d'un agrément pour l'exercice de l'activité de dirigeant d'une société de sécurité privée, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions de dirigeant d'un établissement de surveillance et de gardiennage. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des pièces produites en défense que la consultation du fichier de traitement des antécédents judiciaires dans le cadre de l'enquête administrative a été réalisée par un agent du conseil national des activités privées de sécurité qui disposait d'une habilitation spéciale pour accéder à ce fichier, accordée par le préfet de police de Paris, par un arrêté du 27 juillet 2020, et que le numéro matricule de cet agent est mentionné sur sa fiche d'habilitation et correspond à celui porté sur l'extrait du fichier de traitement des antécédents judiciaires. Dès lors, le moyen tiré de la consultation irrégulière du fichier de traitement des antécédents judiciaires manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort de la décision en litige que, pour estimer que M. A avait eu un comportement contraire à l'honneur et à la probité attendus d'un dirigeant d'une société de sécurité privée, l'autorité administrative s'est fondée sur la mise en cause de l'intéressé, à savoir sa condamnation le 1er juillet 2020 par le tribunal judiciaire d'Avignon (84) à une peine de 800 euros d'amende assortie d'une suspension de permis de conduire pendant 6 mois pour avoir commis, le 9 février 2020, des faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique avec une concentration d'alcool par litre d'au moins 0,80 gramme dans le sang ou 0,40 milligramme par air expiré, sa condamnation le 13 février 2020, dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité à une amende de 600 euros, en qualité d'auteur de faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et de menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un chargé de mission de service public, commis le 9 février 2020 à Avignon, sa mise en cause le 17 décembre 2018, en qualité d'auteur de faits, de prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui, commis du 14 avril 2017 au 22 mai 2017 à le Pontet (84), dans la mesure où il était reproché à l'intéressé, ce qu'il conteste fermement, d'avoir ouvert une ligne téléphonique au nom de sa compagne, puis de l'avoir modifiée, causant ainsi des arriérés de paiement, sa mise en cause, le 3 juin 2011, en qualité d'auteur de faits d'émission d'un chèque malgré une interdiction bancaire, commis du 28 février 2010 au 1er mars 2010 à Avignon (84).
6. La matérialité des faits relatifs à la conduite de M. A sous l'empire d'un état alcoolique et les injures proférées à l'encontre d'un sapeur-pompier ne sont pas contestées par le requérant. Ces faits ont été commis le 9 février 2020, à une date à laquelle M. A était titulaire depuis 2014 d'une carte professionnelle d'agent de sécurité et donc soumis à une exigence déontologique particulièrement élevée. A la date de la décision attaquée, ces seuls faits étaient très récents et, à supposer même que les autres faits reprochés à M. A ne soient pas établis, justifiaient que la commission nationale d'agrément et de contrôle puisse sans commettre d'erreur d'appréciation, refuser de lui délivrer l'autorisation préalable à l'accès à une formation en vue du renouvellement de la carte professionnelle.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A aux fins d'annulation ne peuvent être que rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge du conseil national des activités privées de sécurité des frais de procès.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bourjade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le rapporteur,
P. B Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ez ici]
N°210071
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026