vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2021 et des mémoires enregistrés les 11 mai 2021 et 8 mars 2022, M. B C, représenté par Me Cohen-Drai, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2021, par lequel la préfète du Gard a rejeté la demande de regroupement familial qu'il avait présentée au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Gard de faire droit à sa demande dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de procéder à son réexamen dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait dès lors qu'elle ne vise pas les articles 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ne mentionne pas l'intérêt des enfants ;
- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il a sollicité le bénéfice du regroupement familial pour son épouse dès 2016 contrairement à ce qu'indique la décision préfectorale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 avril 2021 et 10 mars 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu, au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né le 12 février 1988 à Meknes (Maroc), titulaire d'une carte de résident valable du 20 février 2011 au 19 février 2021, a sollicité le 11 février 2020 le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse et mère de ses deux enfants, Mme A D. La préfète du Gard a rejeté cette demande le 19 janvier 2021. M. C demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de l'acte contesté : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans, et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans. ". Selon l'article L. 411-5 du même code, alors applicable : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales. Les ressources doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel ; 2° Le demandeur ne dispose pas ou ne disposera pas à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant en France. Si le préfet est en droit de rejeter une demande de regroupement familial au motif que l'intéressé ne remplirait pas les conditions légales requises, il dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu de rejeter dans ce cas la demande s'il est porté une atteinte excessive au droit de l'intéressé de mener une vie familiale normale tel que protégé par les stipulations précitées ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Si le préfet est en droit de rejeter une demande de regroupement familial au motif que l'intéressé ne remplirait pas les conditions légales requises, il dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu de rejeter dans ce cas la demande s'il est porté une atteinte excessive au droit de l'intéressé de mener une vie familiale normale tel que protégé par les stipulations précitées.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'entré en France le 4 septembre 2000 à l'âge de 12 ans, M. C est titulaire d'une carte de résident et réside sur le territoire national depuis plus de 22 ans. Il a épousé, le 22 novembre 2011, au Maroc, Mme F A D, qui l'a rejoint en France en 2014 et deux enfants sont nés de cette union en 2015 et en 2017 en France, où ils résident depuis leur naissance et où ils sont scolarisés. L'épouse du requérant est retournée vivre au Maroc en exécution d'une mesure d'éloignement prononcée à son encontre. Dans les circonstances particulières de l'espèce, compte tenu de la durée du séjour en France de M. C, de l'ancienneté de son mariage et de ce que les deux enfants du couple résident en France depuis leur naissance, M. C est fondé à soutenir que la décision par laquelle la préfète du Gard a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de son épouse porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis par l'autorité administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la préfète du Gard, réexamine la demande d'autorisation de regroupement familial sollicitée par M. C en faveur de son épouse en tenant compte du motif d'annulation énoncé au point 3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Gard d'y procéder dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Cohen-Drai, avocat de M. C, de la somme de 800 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive.
D E C I D E :
Article 1 er : La décision du 19 janvier 2021 de la préfète du Gard est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Gard de réexaminer la demande d'autorisation de regroupement familial sollicitée par M. C en faveur de son épouse dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Cohen-Drai, avocate de M. C, une somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la préfète du Gard et à Me Cohen-Drai.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bertrand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
La rapporteure,
B. E
Le président,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026