vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100894 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE LAUBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 mars 2021, complétée par des mémoires enregistrés le 8 avril et le 10 juin 2022, la SCI Fea, représentée par Me De Laubier, demande au tribunal :
- à titre principal d'annuler les mises en demeure de payer du 26 octobre 2020 relatives aux titres de perceptions majorés n°045 075 084 465240 2018 0031813 portant paiement de la taxe d'aménagement et n°045 075 084 179944 2018 0031812 portant paiement de la redevance d'archéologie préventive, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux du 23 novembre 2020,
- à titre subsidiaire, de prononcer la décharge de l'obligation de payer et la décharge des sommes réclamées par ses mises en demeure de payer,
- à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre qu'il soit procédé au réexamen de la situation de la société requérante en prenant en compte sa situation financière précaire afin qu'il lui soit accordée une remise gracieuse,
- en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire des mises en demeure est incompétent ;
- les mises en demeure ont été établies sur le fondement de titres exécutoires illégaux, compte tenu de l'absence de base de la liquidation de la créance, d'un calcul erroné des sommes réclamées et de la prescription acquise des sommes en cause.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2022, complété les 27 avril et 7 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques de Vaucluse conclut au rejet de la requête
Il soutient que les moyens invoqués ne ressortissent pas de sa compétence ou sont infondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2022, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête
Il soutient que la requête est irrecevable et que les moyens invoqués ne sont infondés.
Les parties ont été informées, le 28 juin 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'annulation des mises en demeure du 26 octobre 2020 valant commandement de payer, dès lors que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales relève de la compétence du juge de l'exécution.
Les parties ont été informées le 28 juin 2022 de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur l'irrecevabilité des moyens tirés des irrégularités formelles dont les mises en demeure de payer du 26 octobre 2020 seraient entachées en tant qu'ils sont portés devant une juridiction incompétente pour en connaître (article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire et article L. 281 du livre des procédures fiscales).
Par un mémoire enregistré le 29 juin 2022, la SCI Fea, représentée par Me De Laubier, soutient que le juge administratif est compétent pour statuer sur sa requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D C ;
- les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique ainsi que les observations de Me De Laubier pour la SCI Fea.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et son épouse, Mme B, gérants de la SCI Fea, elle-même propriétaire d'un immeuble sis 9, chemin des Moulirettes à Caumont-Sur-Durance ont fait l'objet d'une procédure de taxation d'office à la suite de travaux d'extension. Par deux titres de perception, l'administration leur a réclamé la somme totale de 40 235 euros au titre de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive. La société Fea a contesté la légalité de ces deux titres par une réclamation préalable en date du 13 février 2019, puis par un recours au tribunal administratif de Nîmes. Ce recours a été rejeté par une ordonnance du 17 janvier 2020 devenue définitive pour défaut de production de pièces dans le délai imparti. Par deux mises en demeure du 26 octobre 2020, l'administration a réclamé à la SCI Fea la somme de 44 248 euros, majorations comprises, au titre de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive. Par un recours gracieux du 23 novembre 2020, la SCI Fea a contesté les mises en demeure prises sur le fondement de titres exécutoires irréguliers et infondés. En l'absence de réponse de l'administration à ce recours gracieux, la SCI demande au tribunal l'annulation des mises en demeure de payer du 26 octobre 2020 relatives aux titres de perceptions, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux du 23 novembre 2020, ainsi que la décharge de l'obligation de payer les sommes réclamées.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 331-24 du code de l'urbanisme : " La taxe d'aménagement et la pénalité dont elle peut être assortie en vertu de l'article L. 331-23 sont recouvrées par les comptables publics compétents comme des créances étrangères à l'impôt et au domaine ". Aux termes de l'article L. 331-32 du même code : " En matière de recouvrement, les réclamations sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine ".
3. L'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant de la loi du 28 décembre 2017 et entrée en vigueur le 1er janvier 2019, dispose que : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
Sur les conclusions à fin d'annulation
4. Les conclusions à fin d'annulation d'un acte de poursuite ne peuvent pas être valablement portées devant la juridiction administrative, laquelle ne peut que prononcer la décharge des sommes procédant de l'obligation de payer pour des moyens tirés de l'existence, de la quotité ou de l'exigibilité de la dette donnant lieu à poursuites. Par conséquent, les conclusions à fin d'annulation des mises en demeure doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin de décharge et décharge de l'obligation de payer
5. Il ressort des dispositions précitées, d'une part, ainsi que l'a jugé le Tribunal des conflits dans sa décision n° 4212 du 14 juin 2021, que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est désormais de la compétence du juge de l'exécution, et d'autre part qu'il n'appartient pas au juge administratif de connaître des contestations en la forme des actes de recouvrement, lesquelles relèvent de la compétence du juge judiciaire. Les moyens tirés par la société requérante de ce que le signataire des mises en demeure en litige serait incompétent, qui se rattachent à la régularité en la forme des actes de poursuite émis par le comptable public, doivent être écartés comme portés devant une juridiction incompétente.
6. Il ressort par ailleurs des mêmes dispositions que les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. La SCI Fea ne peut donc utilement se prévaloir, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation des mises en demeure attaquées, de l'absence de bien-fondé des créances en cause, ni de ce que ces créances seraient prescrites en application des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, étant rappelé que suite au rejet du recours contentieux formés contre les titres de perception sur le fondement desquels les mises en demeure en litige ont été établies, lesdits titres de perception ont acquis un caractère définitif et ont fait l'objet d'une ordonnance devenue définitive du 17 janvier 2020. Les moyens correspondants doivent être écartés.
7. Par conséquent, les différentes conclusions de la requête, dès lors qu'elles sont dirigées contre les mises en demeure valant commandement de payer émises à l'encontre de la SCI Fea et le rejet de son recours gracieux, et visant la décharge de l'obligation de payer et la décharge des sommes réclamées, ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative mais de celle de la juridiction judiciaire et doivent, par suite, être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
8. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction formées par la société Fea aux fins d'un réexamen de sa situation ainsi que celles visant au remboursement des frais de justice ne peuvent qu'être rejetées
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins d'annulation et de décharge de l'obligation de payer de la requête de la SCI Fea sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Fea est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Fea, au préfet de Vaucluse et au directeur départemental des finances publiques de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bertrand, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le rapporteur,
P. C
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2100894
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026