mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCHNEIDER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2021, Mme A B, représentée par la SELARL Schneider Avocats, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2021 par lequel la préfète du Gard a procédé au retrait de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable n° DP 030 009 20 AA012 portant sur l'installation de six micro-maisons destinées à la location saisonnière et s'est opposée à cette déclaration ;
2) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de lui délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfère du Gard de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la préfète du Gard n'établit pas la réalité du risque d'inondation susceptible d'affecter le terrain d'assiette du projet ;
- la préfète du Gard a commis une erreur de fait concernant la nature du projet, qui a eu une influence sur le sens de sa décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lagarde,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Schneider, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 octobre 2020, Mme A B a déposé une déclaration préalable valant division pour un projet consistant en l'implantation de six micro-maisons destinées à la location saisonnière, sur une parcelle cadastrée section Y n°127 située sur le territoire de la commune d'Alzon. Par arrêté 27 janvier 2021, la préfète du Gard a procédé au retrait de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable dont Mme B était titulaire depuis le 2 novembre 2020 et s'est opposée à cette déclaration. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 23 janvier 2023, la préfète du Gard n'a produit aucun mémoire en défense. Ainsi, elle doit être regardée comme ayant acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. () ".
4. Si Mme B reproche à l'arrêté attaqué de ne pas viser l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, il est constant que par courrier du 10 décembre 2020, la préfète du Gard l'avait informée qu'elle envisageait de procéder au retrait de la déclaration préalable dont elle était titulaire, en application des dispositions de cet article. La requérante, qui était ainsi à même de connaître les motifs de droit retenus par la préfète pour prendre l'arrêté contesté, n'est pas fondée à soutenir que celui-ci est insuffisamment motivé.
5. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
6. En vertu des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, l'autorisation d'urbanisme ne peut être refusée que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder l'autorisation en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
7. Si la requérante reproche à la préfète du Gard d'avoir commis une erreur de fait en considérant que son projet impliquait l'implantation de caravanes, il est constant qu'elle avait elle-même mentionné un projet de cette nature dans son dossier de déclaration préalable. En outre, Mme B indique dans son courrier du 30 décembre 2020 que son projet consiste en un hébergement touristique constitué de " tiny houses (caravane construite sur mesure en bois) ". Elle n'est dès lors pas fondée à reprocher à la préfète d'avoir employé le terme de caravanes pour qualifier son projet. En tout état de cause, la circonstance que la préfète ait considéré que le projet de la requérante consistait en l'implantation de caravanes et non de micro-maisons est sans incidence sur l'appréciation qu'elle a été amenée à porter sur les conséquences du projet en ce qui concerne le libre écoulement des eaux.
8. S'il est constant que la commune d'Alzon n'est couverte ni par un document d'urbanisme, ni par un plan de prévention des risques, il ressort des pièces du dossier qu'une étude réalisée par le cabinet Cereg en 2015 indique que la parcelle cadastrée section Y n° 127, qui borde la rivière la Vis, est susceptible d'être inondée par une hauteur d'eau supérieure à 50 centimètres. Par ailleurs, la direction départementale des territoires et de la mer du Gard a, par courrier électronique du 13 janvier 2021, produit par Mme B, rappelé que la totalité de cette parcelle était située en zone inondable et que l'exercice d'une activité uniquement saisonnière n'avait " pas pour effet de supprimer le risque pour les personnes ". Dans ces conditions, dès lors que l'autorisation dont Mme B est devenue titulaire ne comportait aucune prescription pour palier le risques d'inondation, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la préfète aurait commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en procédant au retrait de la décision de non-opposition tacite à déclaration préalable dont elle était titulaire.
9. En revanche, ainsi que le soutient la requérante, la préfète du Gard, qui n'a produit aucune observation dans la présente instance, ne démontre pas qu'il serait impossible d'accorder l'autorisation d'urbanisme sollicitée, en l'assortissant de prescriptions destinées à garantir le libre écoulement des eaux, notamment en surélevant les micro-maisons en litige, et à prévenir ainsi les risques d'atteinte à la sécurité publique. Il y a dès lors lieu d'accueillir les conclusions à fin d'annulation de la requête dirigée contre l'arrêté attaqué en tant qu'il s'oppose à la déclaration préalable déposée par Mme B.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, uniquement en tant qu'il s'oppose à sa déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Au regard de la portée de l'annulation prononcée par le présent jugement, il n'y a pas lieu d'enjoindre à la préfère du Gard de délivrer à Mme B l'autorisation d'urbanisme sollicitée dès lors qu'il appartient à cette autorité de se prononcer sur la possibilité d'accorder une autorisation avec prescriptions. En revanche, il y a lieu d'enjoindre à cette autorité de procéder au réexamen de la demande de la requérante dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 27 janvier 2021 est annulé en tant qu'il s'oppose à la déclaration préalable déposée par Mme B.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Gard de procéder au réexamen de la déclaration préalable n° DP 030 009 20 AA012 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
Le rapporteur,
F. LAGARDE Le président,
J. ANTOLINI
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026