mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101016 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et des mémoires enregistrés, sous le n° 2101016, le 31 mars 2021 et les 20 avril, 11 mai, 26 mai et 30 mai 2023, Mme B E, M. D E et G, représentés par Me Blanc, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2020 par lequel le maire de Nîmes a délivré à la SARL Florival un permis de construire une salle d'événements et un parking extérieur sur un terrain situé 270, chemin du Mas de Guiraud, parcelle cadastrée section CP n° 30 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2021 par lequel le maire de Nîmes a délivré à la SARL Florival un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
En ce qui concerne le permis de construire délivré le 6 octobre 2020 :
-l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
-il est entaché de fraude en ce qui concerne les places de stationnement, et compte tenu de ce que seule la parcelle cadastrée section CP n° 30 apparaît dans le dossier de demande de permis de construire ;
-il méconnaît l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
-il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
-il aurait dû être précédé d'un permis d'aménager en application de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme ;
En ce qui concerne le permis de construire modificatif délivré le 6 mai 2021 :
-le projet ne porte pas sur la parcelle cadastrée section CP n° 179, qui n'apparaît pas dans le formulaire Cerfa du dossier de demande de permis de construire ;
-le permis de construire aurait dû être précédé d'un permis d'aménager en application de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme ;
-le permis de construire méconnaît les prescriptions du plan de prévention des risques inondation (PPRI) et les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
-un nouveau permis de construire aurait dû être sollicité.
Par des mémoires en défense enregistrés les 21 juin 2021 et 17 mai 2023, la SARL Florival, représentée par Me Barnier, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal fasse application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2021, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
II - Par une requête enregistrée le 12 juillet 2021 sous le n° 2102246, Mme B E, M. D E et G, représentés par Me Blanc, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2021 par lequel le maire de Nîmes a délivré à la SARL Florival un permis de construire modificatif ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
-un nouveau permis de construire aurait dû être sollicité ;
-le permis de construire litigieux méconnaît les dispositions de l'article A2 du règlement du PLU ;
-il viole les dispositions de l'article R. 111-2 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 janvier 2023, la SARL Florival, représentée par Me Barnier, conclut à titre principal au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que la légalité du permis de construire modificatif délivré le 6 mai 2021 ne peut être contestée que dans le cadre de l'instance concernant le permis de construire initial délivré le 6 octobre 2020, en application des dispositions de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Nîmes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault, pour les requérants, celles de M. C, pour la commune de Nîmes, et celles de Me Péchon, pour la SARL Florival.
Une note en délibéré a été présentée pour les requérants le 27 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 6 octobre 2020, le maire de Nîmes a délivré à la SARL Florival un permis de construire une salle d'événements et un parking extérieur sur un terrain situé 270, chemin du Mas de Guiraud, parcelle cadastrée section CP n° 30. M. et Mme E ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté le 9 décembre 2020, tant en leur nom propre qu'en qualité de représentants de G. Ce recours a été rejeté par décision du maire de Nîmes du 1er février 2021. Par arrêté du 6 mai 2021, le maire de Nîmes a délivré, en cours d'instance, un permis de construire modificatif à la SARL Florival. Par arrêté du 5 avril 2022, le maire de Nîmes a délivré à la SARL Florival un deuxième permis de construire modificatif. M. et Mme E et G demandent l'annulation des arrêtés des 6 octobre 2020 et 6 mai 2021 dans l'instance 2101016, et celle de l'arrêté du 6 mai 2021 seulement dans l'instance 2102246.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
Sur la légalité du permis de construire délivré le 6 octobre 2020 :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé, pour le maire de Nîmes, par son premier adjoint délégué à l'urbanisme, M. A F. Par arrêté du 8 juillet 2020 affiché en mairie, publié au recueil des actes administratifs de la commune du 3ème trimestre 2020 et transmis au représentant de l'Etat le jour même de son édiction, le maire de la commune de Nîmes lui a donné délégation de fonctions et de signature en matière d'urbanisme " Dont notamment tous courriers et documents administratifs relatifs à () l'urbanisme, () aux actes de construction () ". Une telle délégation était suffisamment précise et autorisait son bénéficiaire à signer l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoyait, au stade du permis de construire initial, l'implantation d'une zone de stationnement composée de 72 places de parking en-dehors de la parcelle servant d'assiette au projet. Les requérants soutiennent que la SARL Florival ne disposait pas de la maîtrise foncière de la parcelle sur laquelle serait implantée la zone de stationnement, de telle sorte qu'elle a commis une fraude en déposant une demande de permis de construire portant sur cette parcelle. La SARL Florival fait valoir en défense, sans l'établir, qu'elle disposait de l'accord de la propriétaire de cette parcelle pour y implanter ladite zone de stationnement. En tout état de cause, par arrêté du 6 mai 2021, le maire de Nîmes a délivré à la SARL Florival un permis de construire modificatif visant à modifier la configuration du parking, qui ne comportera plus que 54 places de stationnement et qui sera implanté sur la parcelle cadastrée section CP n° 179, qui apparaît donc bien dans les pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif, et dont la maîtrise foncière au profit de la SARL Florival n'est pas contestée. La commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), qui avait rendu un avis favorable sur le projet initial le 25 mars 2020, a de nouveau rendu un avis favorable sur le projet résultant du permis de construire modificatif le 1er février 2021. Dans ces conditions, dès lors que la SARL Florival pouvait légalement obtenir un permis de construire, le moyen tiré de la fraude ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme : " I.-Dans les zones agricoles, naturelles ou forestières, le règlement peut : () 2° Désigner, en dehors des secteurs mentionnés à l'article L. 151-13, les bâtiments qui peuvent faire l'objet d'un changement de destination, dès lors que ce changement de destination ne compromet pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site. Le changement de destination est soumis, en zone agricole, à l'avis conforme de la commission départementale de la préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime, et, en zone naturelle, à l'avis conforme de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites. () ". L'article A1 du règlement du PLU de Nîmes dispose que sont interdits en zone A : " 1) Tout nouvel aménagement ou construction, à l'exception de ceux autorisés à l'article A2 () ". D'après l'article A2 de ce règlement, est autorisé en zone A : " () 11) Le changement de destination des bâtiments désignés sur le document graphique, dès lors qu'il : - Ne compromet pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site, conformément à l'article L. 151-11 du Code de l'Urbanisme ; / - Est à destination de l'hébergement touristique et de la restauration, de salles de réceptions ou qu'il a pour destination la transformation et la commercialisation de produits issus de l'agriculture. / - Qu'il n'est pas générateur de nouvelles nuisances ou créateur de flux de véhicules dans des secteurs insuffisamment adaptés à la circulation ou au stationnement. / - Qu'il n'altère pas les caractéristiques structurelles et architecturales des bâtiments présentant une architecture ou des éléments patrimoniaux remarquables. / De plus, le changement de destination de ces bâtiments est également autorisé vers de l'habitation lorsque le bâtiment n'est plus lié à une exploitation agricole et qu'il ne compromet pas la qualité paysagère du site. Ces changements de destination seront soumis à l'avis de la Commission Départementale de la Protection des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (C.D.P.E.N.A.F.) compétente. () ".
6. Le règlement du PLU de Nîmes comprend une annexe 1-6 intitulée " les Mas agricoles ", qui vise à recenser, pour l'application des dispositions de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme, la liste des mas agricoles susceptibles de faire l'objet d'un changement de destination. Figure parmi cette liste le Mas du Luc, implanté sur la parcelle cadastrée section CP n° 30, bâtiment faisant l'objet du permis de construire attaqué. D'une part, les requérants soutiennent que le projet litigieux, qui vise à changer la destination du Mas du Luc pour en faire une salle d'événements, est générateur de nouvelles nuisances et est, par suite, interdit par le 11) de l'article A2 du règlement du PLU. Toutefois, dès lors que cet article autorise expressément le changement de destination des bâtiments désignés par le document graphique en salle de réception, il a nécessairement entendu permettre qu'un tel changement de destination soit susceptible d'entraîner les nuisances sonores inhérentes à ce type d'activité. En outre, si les requérants font valoir que le projet va créer un flux de véhicules dans un secteur insuffisamment adapté à la circulation ou au stationnement, ils ne produisent aucun élément probant à l'appui de ces allégations. D'autre part, les requérants soutiennent que le projet, qui porte aussi sur la création d'un parking sur la parcelle cadastrée section CP n° 179, méconnaît l'article A2 du règlement du PLU dès lors que cette parcelle ne figure pas dans la liste de l'annexe 1-6 du PLU et que son changement de destination n'est donc pas autorisé. Cependant, il résulte tant des dispositions précitées de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme que de l'annexe 1-6 du PLU qu'elles concernent uniquement le changement de destination de certains bâtiments se trouvant en zone agricole, et non des parcelles non bâties. Par suite, la parcelle cadastrée section CP n° 179 n'avait pas à figurer dans cette annexe pour qu'elle puisse accueillir le parking projeté, d'autant que l'article A12 du règlement du PLU fixe l'obligation de créer des places de stationnement en cas de réalisation d'une salle de réception, ce qui implique que la réalisation du parking litigieux était nécessairement autorisée par les dispositions du règlement du PLU applicables à la zone A. Au regard de ces éléments, le moyen tiré de la violation de l'article A2 du règlement du PLU doit être écarté en toutes ses branches.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
8. Il ressort des pièces du dossier que, par jugement du 19 juin 2013, le tribunal administratif de Nîmes a annulé le plan de prévention des risques inondation (PPRI) de Nîmes en tant qu'il classait les parcelles supportant le Mas du Luc en zone inondable. Suite à cette décision juridictionnelle, le préfet du Gard a classé lesdites parcelles en zone non inondable, comme le reconnaissent eux-mêmes les requérants. Ils ne sont donc pas fondés à soutenir, en contradiction avec ce classement, que la parcelle cadastrée section CP n° 30 serait affectée par un risque d'inondation tel que la création de la salle d'événements projetée entraînerait un risque pour la sécurité publique. En outre, si les parcelles aux alentours sont, elles, classées en zone inondable du PPRI, l'arrêté attaqué comporte une prescription relative aux eaux pluviales, imposant au pétitionnaire de prévoir des mesures compensatoires afin de ne pas aggraver la situation existante en aval. Le moyen tiré de la violation de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.
9. En cinquième lieu, l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme dispose que : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : () j) Lorsqu'ils sont susceptibles de contenir au moins cinquante unités les aires de stationnement ouvertes au public, les dépôts de véhicules et les garages collectifs de caravanes ou de résidences mobiles de loisirs () ".
10. Si, en application des dispositions du j) de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme, la réalisation d'aires de stationnement ouvertes au public et comptant plus de cinquante unités doit faire l'objet d'un permis d'aménager, cette obligation ne trouve pas à s'appliquer, eu égard aux finalités communes des deux permis, à l'identité de composition des dossiers de demandes et aux contrôles identiques auxquels leur délivrance donne lieu, lorsque ces aires de stationnement font partie intégrante d'un projet autorisé par un permis de construire. Ainsi, à supposer même que ces dispositions s'appliquent aux permis de construire incluant un parking dédié à la clientèle d'un établissement, les requérants ne peuvent utilement soutenir que ce parking devait faire l'objet, préalablement à l'obtention du permis de construire en litige, de la délivrance d'un permis d'aménager. Le moyen tiré de la violation de ces dispositions doit donc être écarté, sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité au regard de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
Sur la légalité du permis de construire modificatif délivré le 6 mai 2021 :
11. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé, pour le maire de Nîmes, par son premier adjoint délégué à l'urbanisme M. A F. Par arrêté du 8 juillet 2020 affiché en mairie, publié au recueil des actes administratifs de la commune du 3ème trimestre 2020 et transmis au représentant de l'Etat le jour même de son édiction, le maire de la commune de Nîmes lui a donné délégation de fonctions et de signature en matière d'urbanisme " Dont notamment tous courriers et documents administratifs relatifs à () l'urbanisme, () aux actes de construction () ". Une telle délégation était suffisamment précise et autorisait son bénéficiaire à signer l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, dès lors, être écarté.
12. En deuxième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
13. S'il résulte du dossier de demande de permis de construire modificatif que le formulaire Cerfa le composant ne mentionne pas explicitement les références cadastrales de la parcelle cadastrée section CP n° 179, ce document indique que l'objet du permis de construire modificatif est de changer l'implantation du parking et le plan de masse joint au dossier de demande fait clairement apparaître que cette implantation est désormais prévue sur cette parcelle. Par suite, l'absence de mention des références cadastrales dans le formulaire Cerfa n'a pas faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Les requérants ne sont pas davantage fondés à soutenir que le projet ne porterait pas sur cette parcelle.
14. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que le permis de construire modificatif aurait dû être précédé d'un permis d'aménager, en application du j) de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme, doit être écarté pour les mêmes motifs qu'exposés au point 10 s'agissant du permis de construire initial.
15. En troisième lieu, en l'absence d'élément nouveau invoqué au soutien du moyen tiré de la violation des dispositions des articles A1 et A2 du règlement du PLU à l'encontre du permis de construire modificatif, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs qu'exposé au point 6.
16. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". L'article 2-3 du règlement du PPRI de Nîmes dispose que sont notamment autorisés en zone F-NU : " () l) Les parcs de stationnement de plus de 10 véhicules, non souterrains, sont admis sous réserve : - qu'ils soient signalés comme étant inondables ; - qu'ils ne créent pas de remblais ; - qu'ils ne créent pas d'obstacle à l'écoulement des crues () ".
17. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section CP n° 179 est classée en zone F-NU du PPRI de Nîmes. Il résulte de la notice jointe au dossier de demande de permis de construire initial qu'aucune modification du terrain supportant les places de stationnement ne sera réalisée, de telle sorte qu'il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que des remblais seront créés pour la réalisation du parking, ni que sa configuration fera obstacle à l'écoulement des crues. Enfin, la signalisation du parking comme étant inondable relève de l'exécution du permis de construire. Les conditions dans lesquelles ce permis sera exécuté n'avaient donc pas à être mentionnées dans le dossier de demande de permis de construire. Le moyen tiré de la violation des prescriptions du PPRI doit ainsi être écarté. De la même manière, en l'absence d'autre élément invoqué à l'appui de ce moyen et compte tenu de ce qui a été dit au point 8 s'agissant de la parcelle cadastrée section CP n° 30, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
18. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les modifications autorisées par le permis de construire du 6 mai 2021 portent seulement sur l'implantation et la réduction du nombre de places de stationnement du projet. Ces modifications ne sont pas de nature à en bouleverser l'économie générale. Les requérants ne sont, par suite, pas fondés à soutenir qu'un nouveau permis de construire aurait dû être sollicité.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés des 6 octobre 2020 et 6 mai 2021 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir dirigée contre la requête n° 2102246.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Nîmes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants une quelconque somme à verser à SARL Florival sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2101016 et 2102246 sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SARL Florival sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, première dénommée dans la requête, à la commune de Nîmes et à la SARL Florival.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- M. Lagarde, premier conseiller,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 juillet 2023.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2101016, 2102246
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026