vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101230 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHABBERT-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 avril 2021 et le 26 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Chabbert-Masson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 janvier 2021 refusant l'enregistrement de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard d'instruire sa demande, dans un délai 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise en violation de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les articles R. 313-4-1 et R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur de droit ;
- elle méconnaît les articles 3-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 et 31 janvier 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir que la requête est irrecevable, dès lors que la décision de refus d'enregistrement est fondée sur l'incomplétude du dossier, et que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de Mme Chamot, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chabbert-Masson, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain entré en France le 6 mars 2016, s'est marié le 18 mars 2017 avec Mme C D, de nationalité française. A ce titre, il a bénéficié de titres de séjour en qualité de conjoint de français jusqu'au 19 décembre 2020. De ce mariage est né un enfant le 5 avril 2019. Le 30 novembre 2020, M. B a sollicité un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par un courrier du 29 janvier 2021, dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète du Gard a refusé l'enregistrement de sa demande.
Sur la fin de non-recevoir :
2. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le refus d'enregistrer une demande tendant, comme en l'espèce, à la délivrance d'un titre de séjour, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Le caractère complet d'une demande et, partant, la portée du refus d'enregistrement doivent être appréciés en fonction des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux pièces et documents à annexer à la demande de titre considérée.
3. L'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable au litige, régit la délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et prévoit en son 6° qu'elle est délivrée de plein droit, sauf menace pour l'ordre public à " l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ". L'article R 313-20 du même code dispose que : " Pour l'application des articles L. 313-11, L. 313-11-1, L. 313-13 et L. 313-14, l'étranger présente à l'appui de sa demande de délivrance de la carte de séjour temporaire : 1° Les pièces justifiant qu'il entre dans l'un des cas prévus par ces dispositions pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire ".
4. La préfète fait valoir en défense que la demande de M. B, par laquelle il sollicite la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, était incomplète dans la mesure où elle ne comporte aucun élément probant permettant de confirmer la nationalité de son enfant, ou l'impossibilité pour l'intéressé de se procurer l'une des pièces justificatives essentielles, ou permettant de justifier de sa participation à l'entretien et à l'éducation de son fils. Toutefois, d'une part, le requérant produit à l'instance son acte de mariage du 19 octobre 2020 et le certificat de nationalité de son épouse démontrant que celle-ci est née en France. Il produit également, l'acte de naissance de son fils justifiant de la naissance de ce dernier sur le territoire national. Par ces éléments, alors que M. B justifie qu'il a été dans l'impossibilité matérielle de présenter la carte d'identité, le passeport ou le certificat de nationalité française de son fils, l'intéressé démontre la nationalité française de ce dernier. Le requérant produit également une main courante du 1er février 2020, aux termes de laquelle il a été contraint de quitter son domicile, un virement de 400 euros le 6 février 2020, un nombre important de messages adressés à la mère de son enfant à compter de juillet 2020, de nombreux tickets de caisse, à compter du 25 mai 2020, concernant l'achat d'articles pour enfants et un extrait de livret A au nom de son fils comportant un solde créditeur de 905 euros et un virement de 80 euros au 26 février 2021. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par la préfète du Gard, tirée de l'absence de décision faisant grief en raison de l'incomplétude du dossier déposé, doit être écartée.
Sur la légalité de la décision attaquée :
5. Il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'en prenant la décision attaquée au motif que le dossier de demande était incomplet, l'autorité administrative a entaché sa décision d'une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision préfectorale en litige doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Compte tenu du moyen d'annulation énoncé au point 5, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que la préfète du Gard délivre à M. B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler et instruise sa demande. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 29 janvier 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Gard de délivrer à M. B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler et d'instruire sa demande dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. E
Le président,
C. CANTIE
La greffière,
F. DESMOULIERES
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026