mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101334 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | VOLLAIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2021, complétée le 27 octobre 2021 et le 29 juin 2022, la SCI Facile, représentée par Me Vollaire, demande au tribunal :
- de prononcer la décharge de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 et la restitution des sommes prélevées à ce titre ;
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration a, en dépit du commandement de payer valant saisie, poursuivi à l'égard du débiteur le recouvrement de la taxe foncière 2016 et 2017, ceci en émettant un avis à tiers détenteur au locataire de l'immeuble pour un montant de 10 965 euros, afin de procéder à la saisie directe des loyers en paiement de la créance de taxe foncière ;
- or, en application des effets du commandement de payer valant saisie, les loyers n'étaient pas disponibles ; il en résulte l'absence d'obligation de payer et d'exigibilité de la créance de taxe foncière depuis le 17 mars 2015, date de publication du commandement de payer.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2021, complété le 16 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Gard conclut au rejet de la requête
Il soutient que les moyens invoqués ne ressortissent pas de sa compétence ou sont infondés.
Par une lettre du 28 juin 2022, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la contestation de la régularité des actes de poursuite, dès lors que cette contestation ne se rattache à aucune de celles dont l'article L. 281 du livre des procédures fiscales confie le jugement à la juridiction administrative.
Par une lettre du 29 juin 2022, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de relever d'office le moyen tiré de ce que la requérante mettant en cause les modalités de mise en œuvre des poursuites par l'administration fiscale pour assurer le recouvrement de sa créance, sa contestation ne se rattache ainsi à aucune de celles dont l'article L. 281 du livre des procédures fiscales confie le jugement à la juridiction administrative
Par deux mémoires enregistrés le 29 juin 2022, la SCI Facile, représentée par Me Vollaire, soutient que le juge administratif est compétent pour statuer sur sa requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Facile était propriétaire d'un immeuble situé 4B et 6 rue Anatole France à La Grand Combe (Gard). Le 15 mai 2015, la société SCI Facile a été assignée, devant le Tribunal de Grande Instance d'Alès, par la Caisse régionale de crédit agricole mutuel Alpes Provence (CRCAM Alpes Provence), afin d'obtenir la validation de la saisie immobilière et la vente forcée de l'immeuble. Par un jugement en date du 29 novembre 2016, le Tribunal de Grande Instance d'Alès a ordonné la vente forcée de l'immeuble saisi. Le 28 novembre 2017, ce même tribunal a constaté l'adjudication de l'immeuble. En dépit de cette procédure de saisie, l'administration a poursuivi la mise en recouvrement de la taxe foncière des années 2016 et 2017, en procédant notamment à la saisie des loyers de l'immeuble, émettant pour ce faire un avis à tiers détenteur (ATD) au locataire de l'immeuble pour un montant de 10 965 euros afin de procéder à la saisie directe des loyers en paiement de la créance de taxe foncière. Une réclamation contentieuse a été adressée au service compétent. Cette réclamation contentieuse a fait l'objet d'une décision de rejet. La SCI Facile demande au tribunal la décharge de l'obligation de payer procédant de l'avis à tiers détenteur notifié à son locataire et la restitution de la taxe foncière 2016 et 2017 indument réglée par le tiers saisi.
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° () sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ". Ces dispositions ne régissent pas le contentieux de la saisissabilité des sommes appréhendées par voie d'avis à tiers détenteur, lequel ressortit à la compétence du juge de l'exécution.
3. La SCI Facile soutient que les saisies à tiers détenteur opérées par l'administration sur les loyers versés par sa locataire sont irrégulières dès lors que la société SCI Facile avait été assignée, devant le Tribunal de Grande Instance d'Alès, par la Caisse régionale de crédit agricole mutuel Alpes Provence, qui lui avait fait délivrer un commandement de payer, afin d'obtenir la validation de la saisie immobilière et la vente forcée de l'immeuble. Par un jugement en date du 29 novembre 2016, le Tribunal de grande instance d'Alès a ordonné la vente forcée de l'immeuble saisi. La SCI Facile considère qu'en application des effets du commandement de payer valant saisie, les loyers n'étaient pas disponibles et par suite qu'ils étaient insaisissables.
4. Toutefois, ce faisant, la requérante met en cause les modalités de mise en œuvre des poursuites par l'administration fiscale pour assurer le recouvrement de sa créance. Sa contestation ne se rattache ainsi à aucune de celles dont l'article L. 281 du livre des procédures fiscales confie le jugement à la juridiction administrative. Elle relève de la seule compétence du juge de l'exécution du tribunal judiciaire. Il suit de là que la contestation de la SCI Facile doit être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
5. Les conclusions de la SCI Facile tendant à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent par conséquent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête contestant les actes de poursuite engagés à l'encontre de la SCI Facile sont rejetées comme étant portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Facile est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Facile, et au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Lu en audience publique le 6 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
P. ALe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2101334
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026