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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2101391

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2101391

jeudi 2 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2101391
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantTOURNIER BARNIER & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 avril et 23 septembre 2021, et le 10 janvier 2022, M. C A, représenté par Me Tournier-Barnier de la SCP Tournier et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 17 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Vaucluse a refusé de prendre en charge son accident comme imputable au service ;

2°) d'enjoindre au département de Vaucluse de réexaminer sa demande de prise en charge de son accident de service.

Il soutient que :

- l'administration ne peut se fonder comme jour de constat des lésions sur la date du 9 février 2021, date de première consultation de son médecin traitant, alors que son médecin n'a eu connaissance de leur étendue qu'après lecture des résultats des examens complémentaires, réalisés par échographie le 16 février 2021 puis par IRM le 12 avril 2021 ;

- le retard de transmission repose sur des motifs légitimes et démontre sa bonne foi dans l'instruction de sa demande.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2021, le département de Vaucluse conclut au rejet de la requête de M. A. Il fait valoir que le requérant n'a pas respecté les délais impératifs de déclaration prescrits par le décret du 30 juillet 1987, et notamment les articles 37-2 et 37-3.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme Chamot, rapporteure publique,

- et les observations de Me Boutroy, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, adjoint du patrimoine affecté en qualité de magasinier à la direction des archives du département du Vaucluse, a été victime le 7 décembre 2020 sur son lieu de travail d'une blessure à la main droite. Le 9 mars 2021, il a transmis à son administration une déclaration d'accident de service datée du 5 mars 2021, accompagnée d'un certificat médical daté du 2 mars 2021. Par une décision du 17 mars 2021, dont M. A demande l'annulation, le président du conseil départemental de Vaucluse a rejeté cette demande comme tardive.

2. Aux termes du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service () ". Aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987, dans sa version applicable : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. () ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. " Et aux termes de l'article 37-3 de ce même décret : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale (). / IV. -Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes ".

3. Il résulte des dispositions précitées que le bénéfice du congé pour invalidité temporaire imputable au service, durant lequel le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement, est subordonné à une demande en ce sens émanant du fonctionnaire, présentée dans les formes et délais qu'elles prévoient. Pour solliciter la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident et bénéficier du congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire en activité doit en faire la demande en adressant à son administration une déclaration d'accident de service. Cette déclaration doit, en principe, être adressée dans un délai de 15 jours à compter de la date de l'accident. Toutefois, si un certificat médical relatif aux lésions résultant de l'accident a été établi dans un délai de deux ans à compter de cet accident, la déclaration d'accident de service doit être adressée dans un délai de 15 jours à compter de la date de ces constatations médicales. Les deux délais mentionnés précédemment ne sont néanmoins pas opposables aux fonctionnaires justifiant d'un cas de force majeur, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes.

4. En premier lieu, le président du conseil départemental de Vaucluse a refusé de reconnaître comme imputable au service l'évènement survenu le 7 décembre 2020, au motif que la déclaration d'accident prévue par les dispositions précitées de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 n'a été présentée par M. A que le 9 mars 2021, au-delà du délai de quinze jours courant à compter de la date de constatation des lésions par son médecin traitant, que le département retient au 9 février 2021. Il ressort effectivement des pièces du dossier que si le certificat médical du Dr D, joint par l'intéressé à sa demande de prise en charge du 9 mars 2021, a été rédigé le 2 mars 2021, ce certificat atteste cependant que M. A avait présenté une " tendinopathie du court fléchisseur du pouce droit " lors d'une consultation du 9 février 2021. Dans ces conditions, et à supposer que ce certificat médical puisse être regardé comme indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident du 7 décembre 2020 au sens de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987, M. A n'est pas fondé à soutenir que le diagnostic de sa pathologie était réservé à la réalisation d'examens complémentaires, et notamment l'échographie effectuée le 16 février 2021, laquelle n'a fait que confirmer les constatations médicales établies par le médecin traitant lors de la première consultation du 9 février 2021. Par suite, le président du conseil départemental de Vaucluse n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en retenant cette date de constatations médicales pour faire courir le délai réglementaire de 15 jours de présentation de la demande de prise en charge.

5. En second lieu, la circonstance que M. A ait cru à tort, et en toute bonne foi, devoir attendre les résultats des examens complémentaires pour adresser sa déclaration d'accident de service à son employeur ne constitue pas, dans les circonstances de l'espèce, des motifs légitimes au sens de l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987 permettant de le relever de l'obligation de déclaration dans le délai réglementaire. Par suite, et dès lors que M. A n'établit pas avoir déposé sa déclaration d'accident de service dans le délai prévu par les dispositions citées au point 2, c'est à bon droit que le département de Vaucluse, ainsi qu'il était d'ailleurs tenu de le faire par application du IV de l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987, a rejeté sa demande au motif que la déclaration d'accident de service lui était parvenue tardivement.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 17 mars 2021 du président du conseil départemental de Vaucluse. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au département de Vaucluse.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Ciréfice, président,

Mme Galtier, première conseillère,

M. Chevillard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.

La rapporteure,

F. B

Le président,

C. CIRÉFICE

La greffière,

F. DESMOULIÈRES

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2101391

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