mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | OOSTERLYNCK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2021 et un mémoire enregistré le 18 janvier 2023, le centre départemental Enfance et Famille 84, représenté par la SCP Penard - Oosterlynck - Beveraggi, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté en date du 25 novembre 2020 par lequel le maire de la commune d'Avignon s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 84 007 20 00367, ensemble la décision par laquelle cette autorité a rejeté son recours gracieux ;
2) de mettre à la charge de la commune d'Avignon une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Le centre départemental Enfance et Famille 84 soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des prescriptions du porter à connaissance relatif au risque d'inondation de la Durance sur la commune d'Avignon, dans la mesure où le changement de destination demandé dans le cadre de sa déclaration préalable n'emporte aucune création de logements supplémentaires et réduit la vulnérabilité ;
- le maire d'Avignon ne pouvait valablement fonder son opposition à la déclaration préalable sur les dispositions de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que son projet n'a pas le caractère d'établissement hôtelier ;
- En considérant que le projet en litige ne relevait pas des catégories d'occupation des sols admises en zone A, le maire a entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2023, la commune d'Avignon, conclut au rejet de la requête.
La commune fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Mme B, représentant la commune d'Avignon.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 juillet 2020, le centre départemental Enfance et Famille 84 a déposé auprès des services de la commune d'Avignon une déclaration préalable portant sur un changement de destination d'une habitation et d'un hangar en foyer d'hébergement pour adolescents, sur la parcelle cadastrée section CI n° 84. Par arrêté du 25 novembre 2020, dont le centre départemental Enfance et Famille 84 demande l'annulation, le maire d'Avignon s'est opposé à cette déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Le porter à connaissance relatif aux risques d'inondation de la Durance sur la commune d'Avignon, élaboré en novembre 2017 établit des prescriptions à prendre en compte pour l'instruction des autorisations d'urbanisme aux termes desquelles est autorisé en zone orange : " le changement de destination des biens existants sans création de nouveau logement et sans augmentation de la vulnérabilité ".
2. Il ressort des pièces du dossier que pour s'opposer à la déclaration préalable en litige, le maire d'Avignon a considéré que dans la mesure où le projet du centre départemental Enfance et Famille 84 consistait en la création d'un établissement recevant du public, il contribuait à accroître la vulnérabilité au sens des dispositions précitées du porter à connaissance. Or, il est constant que le préfet de Vaucluse¸ consulté au titre du risque inondation, avait émis un avis favorable au projet au motif que le remplacement de cinq logements par un établissement d'une capacité d'accueil limitée à neuf adolescents " participait à la réduction de la population exposée " et que l'aménagement intérieur permettait à l'ensemble des chambres d'être reliées à l'étage par un cheminement intérieur, ce qui n'était pas le cas initialement puisque deux logements ne disposaient pas d'un tel accès. La commune d'Avignon ne produit aucun élément qui permettrait d'établir que le projet du centre départemental Enfance et Famille 84 aurait pour effet d'accroître la vulnérabilité du bâtiment concerné. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le maire d'Avignon a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fondant son refus sur le porter à connaissance du préfet qui ne pouvait d'ailleurs justifier un refus que sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
3. Aux termes de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Avignon : " Les occupations et utilisations du sol suivantes sont interdites : / () les constructions à destination d'hébergement hôtelier. / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet du centre départemental Enfance et Famille 84, établissement public local social et médico-social, consiste en l'implantation d'un foyer d'hébergement pour adolescents. Il est constant que la vocation d'un tel bâtiment ne consiste pas à proposer un service commercial, à l'instar d'un établissement hôtelier et touristique, mais à accueillir des adolescents placés par les services sociaux, répondant ainsi à un objectif d'intérêt général. Le centre départemental Enfance et Famille 84 est donc fondé à soutenir que le maire d'Avignon ne pouvait valablement s'opposer à son projet au motif que l'article A1 du règlement du PLU interdisait l'implantation de constructions à destination d'hébergement hôtelier.
5. Les dispositions du règlement du PLU relatives au caractère de la zone A précisent que celle-ci est " une zone de richesses naturelles à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ". L'article A2 de ce même règlement relatif aux occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières dispose : " Dans la mesure où elles respectent les dispositions relatives au PPRI du Rhône et à la condition qu'elles ne fassent pas obstacle à l'écoulement des eaux et peuvent être admises les occupations et utilisations du sol suivantes : / - Les constructions à usage d'habitation nécessaires aux exploitations agricoles et dans la limite de 250 m2 de SHON maximum ; / Les constructions à destination agricole ou forestière lorsqu'elles sont nécessaires à l'exploitation /- Les affouillements et les exhaussements du sol, à condition qu'ils soient nécessaires à la réalisation des occupations et utilisations du sol admises dans la zone et à condition qu'ils ne compromettent pas la stabilité des sols, l'écoulement des eaux ou la qualité de la nappe, et qu'ils ne portent pas atteinte au caractère du site. / - Les installations classées, à condition d'être directement liées et nécessaires aux besoins des activités non interdites dans la zone. / - Les travaux de rénovation et de réhabilitation des éléments de bâti repérés aux plans de zonage au titre de l'article L.123-1 7° du Code de l'Urbanisme sont autorisés, à condition qu'ils soient réalisés en préservant les formes, volumes, ouvertures et hauteurs existantes des constructions identifiées. En tout état de cause les travaux entrepris sur ces bâtiments devront respecter et conserver les styles architecturaux d'origine des dites constructions. / - Les installations techniques, nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif (transformateurs, postes de relèvement) nécessaires à la zone, sont autorisées à condition qu'ils prennent en compte le caractère agricole et architectural environnant. ". Enfin, ce même règlement dispose : " Dans les zones concernées par l'application du Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) du Rhône tel que représenté au plan de zonage du présent P.L.U., quelques précisions concernant les règles sont ci-dessous développées : - L'aménagement, après changement de destination d'une construction, est considéré comme une création ".
6. Il ressort des dispositions précitées du règlement du PLU que si les auteurs de ce plan n'ont pas entendu interdire tout changement de destination au sein de la zone A, un tel changement consistant à transformer une construction à usage d'habitation en établissement d'action sociale ne relève pas des cas prévus par l'article A2 du règlement. C'est donc sans commettre d'erreur de droit au regard de ces dispositions que le maire d'Avignon a pu considérer que le projet en litige ne faisait pas partie des occupations du sol autorisées dans cette zone. Il résulte enfin de l'instruction que le maire d'Avignon aurait pris la même décision s'il s'était uniquement fondé sur ce motif seul motif.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu, après neutralisation des motifs illégaux et de rejeter la requête présentée par le centre départemental Enfance et Famille 84.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Avignon la somme demandée par le centre départemental Enfance et Famille 84 au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du centre départemental Enfance et Famille 84 est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au centre départemental Enfance et Famille 84 et à la commune d'Avignon.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
Le rapporteur,
F. A Le président,
J. ANTOLINI
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026