mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101554 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | RAYNAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mai 2021, Mme B Crovetti, représentée par Me Raynal, demande au tribunal :
1°) d'annuler, si besoin après avoir prescrit une expertise médicale avant dire droit, la décision non datée par laquelle le préfet du Gard a rejeté sa déclaration d'accident de service, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux formé le 8 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de prendre une décision reconnaissant l'imputabilité au service de l'accident qu'elle a déclaré et de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 3 juillet 2020, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a subi le 3 juillet 2020 un accident de service sur son lieu de travail en raison des violences sous la forme d'agression verbale et de brimade dont elle a fait l'objet ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions du second alinéa du I de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 ;
- la décision attaquée méconnaît, en tout état de cause, les dispositions du IV de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986.
La préfète du Gard n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Aymard,
-les conclusions de Mme Achour, rapporteure publique,
-et les observations de Me Raynal représentant Mme Crovetti.
Une note en délibéré présentée pour Mme Crovetti a été enregistrée le 7 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Crovetti, secrétaire administrative de l'intérieur et de l'outre-mer de classe exceptionnelle, exerce ses fonctions au sein du bureau des finances locales de la préfecture du Gard. A la suite d'un incident sur son lieu de travail le 3 juillet 2020, l'intéressée a été placée en congé maladie ordinaire. Le 6 octobre 2020, Mme Crovetti a adressé au préfet du Gard une déclaration d'accident de service au titre de l'incident survenu le 3 juillet 2020. Par un courrier non daté, que l'intéressée a reçu le 16 décembre 2020, le préfet du Gard a rejeté la demande de reconnaissance d'accident de service présentée par Mme Crovetti au motif de la tardiveté de la déclaration d'accident de service. Cette décision a fait l'objet d'un recours gracieux le 8 janvier 2021, auquel le préfet du Gard n'a pas répondu expressément. Mme Crovetti demande au tribunal d'annuler la décision non datée par laquelle le préfet du Gard a rejeté sa déclaration d'accident de service, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux formé le 8 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service () ". Aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. " Aux termes de l'article 47-3 du même décret : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () IV. Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que pour solliciter la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident et bénéficier du congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire en activité doit en faire la demande en adressant à son administration une déclaration d'accident de service. Cette déclaration doit, en principe, être adressée dans un délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. Toutefois, si un certificat médical relatif aux lésions résultant de l'accident a été établi dans un délai de deux ans à compter dudit accident, la déclaration d'accident de service doit être adressée dans un délai de quinze jours à compter de la date de ces constatations médicales. Les deux délais mentionnés précédemment ne sont néanmoins pas opposables aux fonctionnaires justifiant d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes.
4. En l'espèce, pour rejeter la demande de Mme Crovetti, le préfet du Gard s'est fondé sur la circonstance que la déclaration d'accident de service de l'intéressée n'est pas parvenue à l'administration dans un délai de 15 jours à compter de la date de cet accident.
5. Il ressort des pièces du dossier que, à la suite de l'incident survenu le 3 juillet 2020 sur son lieu de travail, Mme Crovetti a été examinée le jour même par le Dr A, lequel a alors établi un avis d'arrêt de travail prescrivant un arrêt de jusqu'au 6 juillet 2020 et comportant la mention " dit avoir angoisses, stress ". Par un courriel du 6 octobre 2020, Mme Crovetti a adressé au bureau des ressources humaines de la préfecture du Gard un formulaire complété et signé qui précise les circonstances de l'accident survenu le 3 juillet 2020, et l'intéressée a envoyé à ce même service un certificat médical d'accident de travail établi le 9 octobre 2020 par le Dr A, qui prescrit un arrêt de travail jusqu'au 30 octobre 2020 et mentionne " se plaint de palpitations, angoisses, troubles sommeil - certificat rédigé ce jour car Madame me dit avoir déclaré accident de service au lieu d'arrêt maladie ".
6. La requérante fait valoir que le délai de 15 jours à compter de la date de l'accident ne lui serait pas opposable, dès lors que le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 n'a été établi que le 9 octobre 2020 par le Dr A, soit dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident, et que l'intéressée a déposé sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service avant l'expiration du délai de quinze jours décompté à partir du 9 octobre 2020. Toutefois, eu égard au contenu des certificats médicaux établis les 3 juillet et 9 octobre 2020 par le Dr A, le certificat du 9 octobre 2020 ne peut pas être regardé, contrairement à ce que soutient Mme Crovetti, comme constituant le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2, faute de constatations médicales de lésions et, partant, d'indications relatives à la nature et au siège de lésions, et d'éléments médicaux distincts de ceux mentionnés dans le certificat du 3 juillet 2020. Dès lors, le point de départ du délai de quinze jours n'a pas pu être modifié par l'établissement du certificat médical établi le 9 octobre 2020. Il suit de là que le préfet du Gard a opposé à bon droit à Mme Crovetti le caractère tardif de sa déclaration d'accident de service et que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du second alinéa du I de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 doit être écarté.
7. En second lieu, la requérante fait valoir que, à la suite du signalement de l'incident survenu le 3 juillet 2020 au médecin de prévention, elle n'a pas bénéficié d'un accompagnement adéquat de son employeur, en méconnaissance de l'obligation incombant à ce dernier en matière de santé et de sécurité au travail et que cette absence d'accompagnement constitue un motif légitime au sens des dispositions du second alinéa du IV de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986. Toutefois, il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe que l'administration aurait eu l'obligation d'informer la requérante de son droit à demander la reconnaissance de l'accident de service qui serait survenu le 3 juillet 2020 et du délai dans lequel elle devait déclarer cet évènement. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir d'un motif légitime au sens des dispositions du second alinéa du IV de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions qu'elle conteste. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par Mme Crovetti doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Crovetti est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B Crovetti et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Bala, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
Le rapporteur,
F. AYMARD
Le président,
J. B. BROSSIER
La greffière,
F. BELKAÏD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026