mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | TURMEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 mai 2021 et 14 mai 2023, M. A B, représenté par Me Turmel, demande au tribunal :
1°) d'annuler sa fiche de notation établie le 31 mars 2021 au titre de l'année 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée de vices d'incompétence et de procédure dès lors que l'entretien d'évaluation n'a pas été mené par son supérieur hiérarchique direct mais par le supérieur de ce dernier, qui n'était habilité ni à mener l'entretien ni à en signer le compte-rendu en qualité de notateur ; que l'évaluateur et le notateur auraient dû être différents ce qui n'a pas été le cas ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreurs de droit ; elle se fonde sur un critère non objectif ; ses compétences n'ont pas été évaluées uniquement au regard de ses missions.
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ; elle ne reflète pas sa valeur professionnelle ; les reproches formulés ne sont pas fondés et contradictoires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête et soutient qu'aucun des moyens exposés par le requérant n'est fondé.
Un mémoire produit par M. B le 23 juin 2023 après la clôture de l'instruction fixée au 23 mai 2023 n'a pas été communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'ordonnance n° 58-696 du 6 août 1958 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 66-874 du 21 novembre 1966 ;
- le décret n° 2006-441 du 14 avril 2006 ;
- l'arrêté du 7 décembre 1990 fixant les modalités de la notation des fonctionnaires des services extérieurs de l'administration pénitentiaire ;
- le décret n° 2002-682 du 29 avril 2002 ;
- l'arrêté du 21 décembre 2004 relatif aux conditions générales d'évaluation et de notation des fonctionnaires du ministère de la justice ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Achour en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Achour a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, capitaine pénitentiaire à la maison d'arrêt de Nîmes, en charge du quartier de semi-liberté, des parloirs et des procédures disciplinaires, demande l'annulation de sa fiche de notation établie le 31 mars 2021 au titre de l'année 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 : " Par dérogation à l'article 17 du titre Ier du statut général, l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct. / Toutefois, les statuts particuliers peuvent prévoir le maintien d'un système de notation () ". En vertu des dispositions de l'article 1er de l'ordonnance du 6 août 1958, relative au statut spécial des personnels des services extérieurs de l'administration pénitentiaire, maintenue en vigueur par l'article 90 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, ces personnels sont régis par un statut spécial qui peut déroger aux règles applicables aux fonctionnaires de l'Etat. Aux termes de l'article 82 du décret du 21 novembre 1966 portant règlement d'administration publique relatif au statut spécial des fonctionnaires des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire : " Les dispositions de l'article 25 de l'ordonnance du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires et les textes réglementaires s'y rapportant ne sont pas applicables aux fonctionnaires des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire. Toutefois, ceux-ci ont le droit d'obtenir chaque année communication de leur note chiffrée définitive. () ".
3. L'arrêté du 7 décembre 1990 fixant les modalités de la notation des fonctionnaires des services extérieurs de l'administration pénitentiaire a été pris sur le fondement de ces dispositions. Aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " La notation est effectuée par le chef de service ayant pouvoir de notation, après avis, le cas échéant, du supérieur direct du fonctionnaire à noter ". Aux termes de l'article 7 de cet arrêté : " Le chef de chaque établissement pénitentiaire exerce le pouvoir de notation tel qu'il est défini à l'article 2 à l'égard de tous les fonctionnaires placés sous son autorité. () ". Selon l'alinéa 1er de l'article 11 de ce même arrêté : " Lors de la communication de la note, le chef de service aura un entretien d'évaluation avec chacun des agents auquel il fera connaître personnellement les caractéristiques de sa notation et recueillera ses observations. A cette occasion, il appellera tout particulièrement son attention sur les insuffisances professionnelles constatées et l'invitera, le cas échéant, à suivre les formations nécessaires. ".
4. Le décret du 29 avril 2002 prévoit expressément, à son article 23, que son titre II, relatif à la notation, " n'est pas applicable aux fonctionnaires qui, en application des dispositions spéciales mentionnées au premier alinéa, n'étaient pas soumis au régime de notation défini par le Titre I du décret du 14 février 1959 () ". Enfin, aux termes de l'article 27 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " () Le chapitre Ier du présent décret n'est pas applicable aux fonctionnaires qui, en application des dispositions spéciales mentionnées au premier alinéa, n'étaient pas soumis aux régimes d'évaluation et de notation définis par les titres Ier et II du décret du 29 avril 2002 () ".
5. Il résulte de ces dispositions que la notation des fonctionnaires des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire n'est pas soumise aux règles applicables aux fonctionnaires de l'Etat, fixées par le décret du 14 février 1959 puis par le décret du 29 avril 2002 relatif aux conditions générales d'évaluation, de notation et d'avancement des fonctionnaires de l'Etat, dont les dispositions ont été précisées, pour les fonctionnaires du ministère de la justice, par l'arrêté du 21 décembre 2004 et en particulier son titre II relatif à la notation, puis abrogées par le décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat. L'arrêté du 21 décembre 2004 dispose, à son article 5, que son titre II, relatif à la notation, ne s'applique pas " aux fonctionnaires des corps à statut spécial de la direction de l'administration pénitentiaire relevant des dispositions prévues par l'article 82 du décret du 21 novembre 1966 ". Si l'annexe de l'arrêté du 21 décembre 2004, qui mentionne quelles sont les autorités investies du pouvoir de notation dans les différents services du ministère, comporte une partie relative à la direction de l'administration pénitentiaire, aux termes de laquelle le chef de service investi du pouvoir de notation pour les agents exerçant d' " Autres fonctions en détention " est le " chef de détention ", cette annexe ne saurait être interprétée comme ayant entendu déroger, pour les membres des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire, à la règle fixée par l'article 7 de l'arrêté du 7 décembre 1990, selon laquelle l'autorité investie du pouvoir de notation est le chef de chaque établissement pénitentiaire .
6. Par suite, d'une part, M. B ne peut utilement invoquer l'annexe 1 de l'arrêté du 21 décembre 2004 pour soutenir que Mme C, adjointe au chef d'établissement, n'était pas compétente pour le noter et signer sa fiche de notation. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la fiche de notation doit par suite, dans les termes où il est soulevé, être écarté.
7. D'autre part, M. B ne peut davantage utilement invoquer la méconnaissance des articles 2, 3 et 4 du décret du 28 juillet 2010 pour soutenir que l'entretien professionnel n'a pas été conduit avec son supérieur hiérarchique direct et que celui-ci n'a pas signé sa fiche d'évaluation.
8. En second lieu, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation n'est articulé sur la méconnaissance d'aucun texte et n'est donc pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la légalité interne :
9. Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 7 décembre 1990 fixant les modalités de la notation des fonctionnaires des services extérieurs de l'administration pénitentiaire : " Il est attribué chaque année, à tout fonctionnaire en activité ou en service détaché, une note chiffrée accompagnée d'une appréciation écrite exprimant sa valeur professionnelle. ". L'article 4 de cet arrêté énonce que : " En vue de l'attribution d'une note chiffrée définitivement à chacun des agents placés sous son autorité, le chef de service notateur utilise comme base une note fixée à l'échelon national qui traduit, pour chaque échelon, un comportement jugé suffisant. / Le notateur remplit pour chaque agent une grille analytique ci-dessous qui comporte cinq niveaux d'appréciation, affectés chacun d'un coefficient et des cinq critères suivants : " Très bien " : majoration de la note de base de 4 p. 100 ; / " Bien " : majoration de la note de base de 2 p. 100 ; / " Assez bien " : majoration de la note de base de 0 p. 100 ; / " Insuffisant " : minoration de la note de base de 4 p. 100 ; / " Très insuffisant " : minoration de la note de base de 20 p. 100. / La note chiffrée définitive s'obtient en ajoutant à la note de base ou en retranchant de celle-ci la somme des valeurs des cinq coefficients ". Aux termes de l'article 5 dudit arrêté : " L'appréciation d'ordre général du chef de service notateur exprime la valeur professionnelle du fonctionnaire, compte tenu notamment des évaluations précédemment opérées. / Cette appréciation indique en outre l'aptitude de l'intéressé à l'exercice de certaines fonctions et plus particulièrement à celles correspondant au grade supérieur. ". Enfin l'article 6 de cet arrêté énonce que : " Il est établi, pour chaque agent, une fiche annuelle de notation comportant les éléments prévus à l'article 2 () / ".
10. En premier lieu, il ne ressort pas des mentions de la fiche de notation en litige que l'évaluation de la manière de servir du requérant n'aurait pas été appréciée au regard des missions et objectifs confiés, quand bien même des éléments relatifs à son comportement général auraient été pris en compte, ainsi qu'ils pouvaient valablement l'être s'agissant d'éléments ayant une incidence sur la manière de servir de l'agent. En outre, l'évaluateur n'est aucunement tenu de mentionner l'ensemble des réalisations de l'agent au cours de l'année écoulée et peut valablement faire état des difficultés de positionnement ou de discrétion professionnelle qui ont été constatés. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, dès lors, être écarté.
11. En second lieu, si M. B s'explique des objectifs non réalisés et discute les priorités fixées et l'organisation du service, il n'apporte pas d'éléments suffisamment probants pour contester sérieusement l'appréciation de sa manière de servir au regard de ceux-ci et aucune contradiction n'apparaît dans les mentions de cette appréciation. Compte tenu de ces éléments, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à contester sa fiche de notation au titre de l'année 2020.
Sur les frais liés au litige :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
Le magistrat désigné
P. ACHOUR
Le greffier
B. GALLIOT
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026