vendredi 17 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101699 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2021, complétée par des mémoires enregistrés le 14 décembre 2022, et les 14, 16 et 30 octobre 2023, M. D A B, représenté par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur départemental des finances publiques de Vaucluse a rejeté sa réclamation,
2°) de condamner l'Etat à lui rembourser la somme de 48.481,52 euros, correspondant aux sommes indument perçues au titre de diverses impositions,
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient qu'il conteste les prélèvements effectués auprès des organismes de retraites qui versent ses pensions à la suite de notification, depuis 2017, d'avis à tiers détenteur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, complété les 11 avril, 26 septembre et 23 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'avoir été précédée d'une contestation préalable des ATD en cause ;
- elle est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Par un courrier du 10 octobre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur le montant des impositions restant à la charge d'un redevable en dehors de toute contestation régulière dans les délais fixés par l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales (LPF) et se rapportant à un acte de poursuite notifié à l'intéressé. En l'absence d'une telle contestation, les conclusions de la requête relative au remboursement de la somme de 48 481,52 euros, ou à la fixation du montant de la dette fiscale sont manifestement irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C Parisien ;
- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est débiteur auprès de l'administration fiscale depuis l'année 2013. Par suite, le comptable en charge du recouvrement a notifié divers avis à tiers détenteur auprès des caisses de retraites qui versent une pension au requérant, visant les impôts sur les revenus 2012, 2015 à 2017, les taxes foncières 2013, 2014, 2016 à 2019 ainsi que les taxes d'habitation 2013, 2014, 2017 à 2019. Depuis l'année 2014, les différentes caisses versent la quotité saisissable. L'administration fiscale considère qu'au 8 avril 2022, le demandeur restait redevable de la somme de 13 728,85 euros, ramenée à la somme de 12 980,62 euros au 26 septembre 2023. De son côté, M. A B estime, après consultation de son espace en ligne sur le site des impôts, que plusieurs retenues et avis à tiers détenteur passés n'ont pas été pris en compte et que les prélèvements de l'administration fiscale sont excédentaires au regard de sa dette. Par une contestation préalable du 1er février 2021, il a saisi l'administration fiscale, au motif que " l'acte de poursuite révélé lors du paiement de la pension de retraite du 4 janvier 2021 " n'avait pas lieu d'être. Sa contestation étant restée sans réponse, il demande par sa requête au tribunal le remboursement par l'administration fiscale de la somme de 38 315,04 euros, portée à 48 481,52 euros dans ses dernières écritures et correspondant aux sommes selon lui indument retenues.
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'Etat, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. () ". L'article R. 281-3-1 de ce même livre dispose : " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée ; / A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, de tout acte de poursuite si le motif invoqué porte sur l'obligation au paiement ou sur le montant de la dette ; / c. A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée. ".
3. M. A B conteste les prélèvements effectués auprès des organismes de retraites qui versent ses pensions à la suite de la notification, depuis l'année 2017, de différents avis à tiers détenteur sur les pensions de retraites qu'il perçoit. Il fait ainsi valoir que plusieurs opérations n'apparaissent pas dans le relevé des impôts disponible sur son espace en ligne du site internet de l'administration fiscale, et que les prélèvements du Comptable du Trésor public sont supérieurs au montant de sa dette. En réponse, le service produit un bordereau détaillé de l'ensemble des créances prises en charge au nom du requérant et de l'affectation de ses paiements, dont il résulte que M. A B est encore redevable de la somme de 12 980,62 euros. Les captures d'écran de l'espace particulier en ligne de M. A B sur le site de l'administration fiscale, si elles donnent une indication sur l'état des dettes du requérant à un instant donné, ne justifient pas à elles seules de la réalité de sa situation comptable. Par ailleurs si les relevés bancaires produits par le requérant mentionnent, ainsi qu'il le soutient, le blocage de différentes sommes suite à la notification d'oppositions administratives sur son compte bancaire, lesdits blocages, effectués à titre provisionnel par la banque, sous réserve du dénouement des opérations en cours, n'établissent aucunement à eux-seuls, en l'absence de production des relevés bancaires matérialisant le virement des sommes en cause à l'administration fiscale, le versement consécutif des sommes ainsi provisoirement bloquées sur le compte du Trésor public.
4. Par conséquent, en l'état des pièces du dossier, la demande de M. A B aux fins de remboursement de la somme de 48 481,52 euros, correspondant aux sommes qui aurait été indument perçues par le Trésor public au titre de diverses impositions, ne peut qu'être rejetée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, les conclusions de la requête de M. A B ne peuvent qu'être rejetées, en ce compris ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B et au directeur départemental des finances publiques de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Baccati, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.
Le rapporteur,
P. PARISIEN
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2101699
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026