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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2101812

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2101812

mardi 17 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2101812
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELARL COUPE PEYRONNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 juin 2021, 4 janvier 2023 et 19 avril 2023, la société ATC France, représentée par le cabinet Coupé, Peyronne et associés, demande au tribunal :

1°) d’annuler la délibération du conseil municipal de la commune de Lirac en date du 11 décembre 2020, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux formé le 8 février 2021 ;

2°) d’enjoindre à la commune de Lirac de lui délivrer un nouveau titre d’occupation temporaire dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lirac une somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la délibération attaquée a été prise au terme d’une procédure irrégulière, dès lors que la commune de Lirac n’a pas répondu à sa demande réitérée de rendez-vous et a ainsi méconnu les dispositions de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
- la délibération attaquée en tant qu’elle annule, retire et résilie la convention d’occupation du domaine public conclue le 2 février 2015 est illégale, dès lors que le motif selon lequel le consentement de la commune de Lirac aurait été vicié est erroné, que le motif tiré de ce qu’elle aurait procédé à des sous-locations prohibées à des tiers est erroné, que le motif tiré de ce qu’elle aurait procédé à des travaux affectant l’aspect des constructions sans présenter de déclaration préalable au titre du code de l’urbanisme n’est pas établi, que les griefs reprochés ne révèlent aucune faute grave de nature à justifier la résiliation de la convention, et qu’aucune mise en demeure ne lui a été adressée par la commune de Lirac afin de régulariser la situation s’agissant des travaux effectués sans présentation de déclaration préalable ;
- la délibération attaquée en tant qu’elle a décidé d’intégrer au domaine public le mât de télécommunication implanté sur la parcelle B n° 587 est illégale, dès lors qu’elle a racheté les installations en cause auprès de la société Bouygues Télécom et qu’elle en est propriétaire, ce dont fait mention la convention d’occupation du domaine public conclue le 2 février 2015 ;
- la délibération attaquée en tant qu’elle a fixé de nouveaux tarifs pour les années 2016 à 2020 pour l’occupation du domaine public est illégale dès lors qu’elle est dépourvue de fondement, que ces tarifs contreviennent aux tarifs contractuellement prévus par les stipulations de la convention d’occupation du domaine public conclue le 2 février 2015 et que cette décision méconnaît les principes de loyauté contractuelle, de sécurité juridique et de non-rétroactivité des actes administratifs.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 31 janvier 2022 et 24 février 2023, la commune de Lirac, représentée par Me Brunel, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante sont inopérants ou infondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d’être fondé sur des moyens relevés d’office tirés de :
- ce que les conclusions dirigées contre la délibération du 11 décembre 2020 prononçant la nullité de la convention du 2 février 2015 conclue entre la commune de Lirac et la société ATC France doivent être accueillies, dès lors que l’administration ne peut pas, de son initiative, prononcer ou constater la nullité d’un contrat administratif ;
- l’irrecevabilité des conclusions dirigées contre la délibération du 11 décembre 2020 en tant qu’elle prononce la résiliation de la convention du 2 février 2015 conclue entre la commune de Lirac et la société ATC France, dès lors que ces conclusions, qui doivent être regardées comme tendant à la reprise des relations contractuelles, sont tardives ;
- s’agissant des conclusions dirigées contre la délibération du 11 décembre 2020 en tant qu’elle fixe les tarifs de redevance annuelle de 2016 à 2020, de l’irrecevabilité du moyen tiré de la méconnaissance des tarifs contractuellement prévus par les stipulations de la convention du 2 février 2015 conclue entre la commune de Lirac et la société ATC France ;
- l’incompétence du conseil municipal pour annuler la convention du 2 février 2015 conclue entre la commune de Lirac et la société ATC France dès lors que l'annulation d'un contrat administratif relève du seul office du juge du contrat.

La société ATC France a présenté le 29 septembre 2023 des observations sur les deuxième et troisième moyens précités.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus, au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Aymard,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- les observations de Me Peyronne représentant la société ATC France.


Considérant ce qui suit :

La commune de Lirac (Gard) est propriétaire de la parcelle B n° 587 d’une contenance de 30 ca située sur son territoire communal, cette parcelle appartenant au domaine public communal pour avoir été affectée à l’usage d’un service public. Le 27 mai 2004, la commune de Lirac et la société Bouygues Télécom ont conclu une convention d’occupation temporaire du domaine public portant sur la parcelle B n° 587, cette convention autorisant la société Bouygues Télécom à édifier et exploiter une station radioélectrique comprenant notamment un pylône, plusieurs antennes et faisceaux hertziens, ainsi que diverses armoires techniques. A la suite de la création de la société France Pylônes Services (FPS), renommée ultérieurement FPS Towers puis ATC France, et à l’occasion du rachat par la société France Pylones Services, alors filiale de la société Bouygues Télécom, auprès de cette dernière du pylône et des installations, une convention tripartite intitulée « avenant de transfert convention d’occupation du domaine public du 27 mai 2004 » a été signée en 2012 par la commune de Lirac, la société Bouygues Télécom et la société FPS. Cette convention tripartite prévoyait notamment l’accord des parties sur la subrogation de la société FPS dans les droits et obligations de la société Bouygues Télécom au titre de la convention du 27 mai 2004. Ultérieurement, le 2 février 2015, le maire de la commune de Lirac, habilité par une délibération du conseil municipal du 9 janvier 2015, et la société FPS Towers ont signé une convention intitulée « autorisation d’occupation temporaire ». Par un courrier du 17 novembre 2020, le maire de la commune de Lirac a adressé à la société ATC France un projet de délibération tendant à ce que la convention du 2 février 2015 soit annulée, que l’autorisation d’occupation du domaine public accordée à la société ATC France soit retirée, à ce que le mât de télécommunication soit incorporé au domaine public communal et à ce que soient arrêtés les tarifs de redevance annuelle au titre des années 2016 à 2020. Par un courrier 4 décembre 2020, la société ATC a fait part à la commune de Lirac de ses observations sur ce projet de délibération. Par une délibération en date du 11 décembre 2020, le conseil municipal de la commune de Lirac a décidé de prononcer la nullité et la résiliation de la convention du 2 février 2015, de retirer l’autorisation d’occupation du domaine public accordée à la société ATC France, d’incorporer le mât de télécommunication au domaine public communal et d’arrêter les tarifs de redevance annuelle au titre des années 2016 à 2020. La société ATC France a présenté le 5 février 2021 à l’encontre de cette délibération un recours gracieux auquel la commune de Lirac n’a pas répondu. Par la présente requête, la société ATC France demande au tribunal d’annuler la délibération du conseil municipal de la commune de Lirac en date du 11 décembre 2020, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux formé le 8 février 2021.



Sur les conclusions à fin d’annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Lirac en date du 11 décembre 2020 :

En ce qui concerne l’annulation de la convention du 2 février 2015 :

Dès lors que l’annulation d’un contrat administratif relève du seul office du juge du contrat, l’administration ne pouvant pas, de son initiative, prononcer ou constater la nullité d’un contrat administratif, la commune de Lirac n’était pas compétente pour annuler la convention signée le 2 février 2015 avec la société ATC France. Dès lors, l’annulation de la convention du 2 février 2015 prononcée par le conseil municipal de Lirac est illégale et la délibération attaquée doit, par suite et dans cette mesure, être annulée.

En tout état de cause, alors qu’au soutien de sa délibération par laquelle le conseil municipal de Lirac a annulé la convention d’occupation du domaine public conclue le 2 février 2015, la commune de Lirac a considéré qu’elle avait été trompée par la société ATC France et que son consentement lors de la signature de cette convention avait été vicié, de tels motifs sont infondés pour les raisons exposées ci-après aux points 4 à 6.

Tout d’abord, la commune de Lirac reproche à la société ATC France de s’être prévalue à tort d’un droit à succéder à la société Bouygues Télécom et de l’avoir induite en erreur en se présentant comme fondée à bénéficier d’un transfert de l’autorisation d’occupation du domaine public. Toutefois, il résulte de l’avenant conclu le 22 novembre 2012 que la société ATC France a, avec l’accord notamment de la commune de Lirac, été subrogée dans les droits et obligations de Bouygues Télécom tirés de la convention signée le 27 mai 2004 et a ainsi bénéficié, à compter de la date d’entrée en vigueur de cet avenant jusqu’à la date d’expiration de la convention d’une durée de 12 ans signée le 27 mai 2004, des droits et obligations antérieurement détenus par la société Bouygues Télécom, la commune de Lirac ne contestant pas sérieusement la validité de cet avenant, qui a été signé le 27 juin 2012 par le maire de la commune de Lirac, après une délibération du conseil municipal en ce sens en date du 22 juin 2012, et par les sociétés Bouygues Télécom et ATC France, antérieurement dénommée France Pylones Services. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la société ATC France se serait prévalue d’un droit à bénéficier, postérieurement à l’expiration de la convention du 27 mai 2004 telle que modifiée par l’avenant conclu le 22 novembre 2012, d’une autorisation d’occupation de la parcelle B 587.

Ensuite, la commune de Lirac indique que la société ATC France l’aurait trompée quant à la durée de la convention en cause. Toutefois, en se bornant à indiquer la mention « durée de la convention : inchangée » dans son courrier d’accompagnement du 10 décembre 2014, la société ATC France n’a pas pu induire en erreur la commune de Lirac quant à la portée de la durée de son engagement, dès lors que l’article 4.1 de la convention signée le 2 février 2015 par le maire de la commune de Lirac indique sans ambiguïté que la convention est conclue pour une durée de 15 ans et que cette durée de 15 ans est identique à la durée mentionnée dans les conditions générales de la convention conclue le 27 mai 2004.

Enfin, la commune de Lirac avance que l’autorisation initiale accordée le 27 mai 2004 avait été consentie à la société Bouygues Télécom en raison de sa qualité d’opérateur de téléphonie mobile au sens de l’article L. 33-1 du code des postes et des télécommunications téléphoniques, et se prévaut de ce que la société ATC France, antérieurement dénommée France Pylones Services, ne dispose pas de cette qualité. Toutefois, cet aspect n’a pas pu vicier le consentement de la commune de Lirac lors de la signature du contrat du 2 février 2015, dès lors que les parties ont conclu ce nouvel accord en précisant de manière explicite dans le préambule les statuts juridiques distincts de la société Bouygues Télécom et de la société ATC France.

En ce qui concerne la résiliation de la convention du 2 février 2015 :

Le juge du contrat, saisi par une partie d’un litige relatif à une mesure d’exécution d’un contrat, peut seulement, en principe, rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d’une telle mesure d’exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles. Elle doit exercer ce recours dans un délai de deux mois à compter de la date à laquelle elle a été informée de la mesure de résiliation. Eu égard aux particularités de ce recours contentieux, à l’étendue des pouvoirs de pleine juridiction dont le juge du contrat dispose et qui peut le conduire, si les conditions en sont satisfaites, à ordonner la reprise des relations contractuelles, l'exercice d'un recours administratif pour contester cette mesure, s’il est toujours loisible au cocontractant d’y recourir, ne peut avoir pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux. Il en va ainsi quel que soit le motif de résiliation du contrat et notamment lorsque cette résiliation est intervenue en raison des fautes commises par le cocontractant.

Il résulte de l’instruction que la société ATC France a eu connaissance de la mesure de résiliation le 21 décembre 2020, date de réception du courrier du 17 décembre 2020 par lequel la commune de Lirac a transmis à l’intéressée la délibération contestée du 11 décembre 2020. Si ce courrier mentionne que la société ATC France pouvait saisir le maire d’un recours gracieux dans le délai de deux mois, auquel cas un nouveau délai de deux mois courrait pour la réponse de la commune, et que le rejet explicite ou implicite de ce recours gracieux ouvrirait alors droit à un nouveau délai de deux mois pour saisir le tribunal administratif de Nîmes, cette mention, qui concernait les seuls volets de la délibération pouvant faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir, n’a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux propre à la contestation de la validité de la résiliation. Dans ces conditions, et dès lors que le recours gracieux formé le 5 février 2021 par la société ATC France n’a pas eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux, les conclusions tendant à l’annulation de la décision de résiliation prise le 11 décembre 2020 par le conseil municipal de Lirac, qui doivent être regardées comme tendant à la reprise des relations contractuelles, sont tardives puisqu’elles n’ont été enregistrées que le 8 juin 2021.

En ce qui concerne le retrait de l’autorisation d’occuper le domaine public :

Pour prononcer le retrait pour faute de l’autorisation d’occuper le domaine public, la commune de Lirac reproche à la société ATC France, d’une part, d’avoir procédé à des sous-locations prohibées à des tiers et, d’autre part, d’avoir procédé à des travaux affectant l’aspect des constructions sans déposer de déclaration préalable au titre du code de l’urbanisme.

D’une part, en ce qui concerne la faute imputée à la société ATC France tenant à des « sous-locations prohibées à des tiers », il ne ressort pas des pièces du dossier que la société ATC France aurait consenti des sous-locations sur la parcelle B 487 à des tiers, la société s’étant limitée à donner son accord à ce que plusieurs opérateurs de téléphonie mobile installent leurs équipements sur le pylône situé sur la parcelle B 487, ce qui est conforme aux stipulations figurant dans le préambule de la convention du 2 février 2015 et au troisième alinéa de l’article 7 de cette convention. Par suite, la commune de Lirac n’est pas fondée à reprocher à la société ATC France d’avoir hébergé les équipements de plusieurs opérateurs de téléphonie. Par suite, la société requérante est fondée à contester la réalité des « sous-locations prohibées à des tiers » que lui a reprochées la commune de Lirac.

D’autre part, il ne résulte pas de l’instruction que le conseil municipal de Lirac, s’il n’avait retenu que le motif tiré de la réalisation de travaux en méconnaissance de l’obligation de dépôt d’une déclaration préalable au titre du code de l’urbanisme, aurait pris la même décision à l’égard de la société ATC France.

Il résulte de ce qui précède aux points 9 à 11 que le retrait de l’autorisation d’occuper le domaine public doit être annulé.

En ce qui concerne la décision d’incorporer au domaine public communal le mât de télécommunications :

Au soutien de sa décision d’incorporer le mât de télécommunication au domaine public communal, la commune de Lirac considère que la société Bouygues Télécom aurait délaissé le 22 novembre 2012 le titre d’occupation du domaine public du 27 mai 2004 sans en avertir la commune et sans solliciter le transfert ou la prorogation de cette autorisation, et que le mât de télécommunication, que la société Bouygues Telecom aurait ainsi laissé sur place, serait alors devenu la propriété de la commune.

Il résulte des stipulations de l’article 5-3 de la convention signée le 27 mai 2004 que les équipements techniques sont et demeurent la propriété de la société Bouygues Télécom et que, à l’expiration de la convention, Bouygues Télécom reprendrait tout ou partie des équipements techniques. Ensuite, il résulte de l’acte de vente conclu le 22 novembre 2012 par les sociétés Bouygues Télécom et France Pylônes Services que la première société a vendu à la seconde les équipements techniques installés sur la parcelle B587, en ce compris le mât de télécommunications. En outre, en signant l’avenant du 22 novembre 2012, la commune de Lirac a donné son accord à ce que ce droit de propriété sur les équipements techniques soit transféré à la société ATC France. Dans ces conditions, la commune de Lirac n’est pas fondée à soutenir que la société Bouygues Télécom aurait délaissé le mât de télécommunication, cette installation étant la propriété de la société ATC France à compter du 22 novembre 2012 et la conclusion de la convention du 2 février 2015 n’ayant pas eu pour objet, ni pour effet, de remettre en cause ce droit de propriété.

Il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à demander l’annulation de la délibération du 11 décembre 2020 en tant qu’elle décide d’incorporer au domaine public communal le mât de télécommunications.

En ce qui concerne la fixation de nouveaux tarifs de redevance annuelle au titre de l’occupation de la parcelle B n° 587 :

Il ressort des termes de la délibération en litige que les tarifs de redevance annuelle au titre de l’occupation de la parcelle B n° 587 pour chacune des années de 2016 à 2020 fixés par le conseil municipal de Lirac dans la décision attaquée ne sont applicables que dans l’hypothèse d’une occupation irrégulière de cette parcelle, c’est-à-dire dans le cas où, d’une part, la convention signée le 2 février 2015 serait valablement regardée comme nulle et où, d’autre part, l’autorisation d’occupation du domaine public serait valablement retirée. Eu égard à ce qu’il a été dit précédemment aux points 2 à 6 et 9 à 12 et en l’absence d’occupation irrégulière du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2020, la décision attaquée est dépourvue de fondement et doit, par suite, être annulée.

Il résulte de tout ce qui précède que doivent être annulés l’annulation de la convention du 2 février 2015, le retrait de l’autorisation d’occupation du domaine public, la décision d’incorporer au domaine public communal le mât de télécommunications, ainsi que la fixation de nouveaux tarifs de redevance annuelle au titre de l’occupation de la parcelle B n° 587 pour les années 2016 à 2020.

Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :

Eu égard à ce qui précède, l’exécution du présent jugement n’implique pas que la commune de Lirac délivre à la société ATC France un nouveau titre d’occupation du domaine public. Par suite, les conclusions à fin d’injonction sous astreinte présentées par la société requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à ce titre à la charge de la société ATC France, qui n’est pas, pour l’essentiel, la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Lirac une somme de 1 500 euros à verser à la société ATC France au titre des frais exposés non compris dans les dépens.




D E C I D E :




Article 1er : La délibération du conseil municipal de la commune de Lirac en date du 11 décembre 2020 est annulée en tant qu’elle prononce l’annulation de la convention du 2 février 2015.

Article 2 : La délibération du conseil municipal de la commune de Lirac en date du 11 décembre 2020 est annulée en tant qu’elle prononce le retrait de l’autorisation d’occupation du domaine public.

Article 3 : La délibération du conseil municipal de la commune de Lirac en date du 11 décembre 2020 est annulée en tant qu’elle prononce l’incorporation au domaine public communal du mât de télécommunications.

Article 4 : La délibération du conseil municipal de la commune de Lirac en date du 11 décembre 2020 est annulée en tant qu’elle fixe de nouveaux tarifs de redevance annuelle au titre de l’occupation de la parcelle B n° 587 pour les années 2016 à 2020.

Article 5 : La commune de Lirac versera à la société ATC France une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société ATC France et à la commune de Lirac.




Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.


Le rapporteur,




F. AYMARD

La présidente,




C. CHAMOT


Le greffier,





B. GALLIOT



La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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