mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101899 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BREUILLOT - VARO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2021, Mme C B, représentée par la SCP Breuillot-Varo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 avril 2021 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé a rejeté sa demande de protection fonctionnelle en date du 18 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle aurait dû bénéficier de la protection fonctionnelle, dès lors que le directeur de l'EHPAD Prosper Mathieu a adopté à son égard des agissements répétés de harcèlement moral ayant conduit à son arrêt de travail continu depuis le 10 juin 2020 ; elle a été victime d'une sanction disciplinaire illégitime, la suspension de son traitement était injustifiée et fondée sur des faits matériellement inexacts ; elle a fait l'objet d'une rétrogradation de poste par retrait de ses fonctions de gouvernante sans que cette décision ne soit justifiée par l'intérêt du service ; elle a été affectée en qualité d'aide-soignante.
Par des mémoires, enregistrés le 2 et 16 juillet 2021, l'EHPAD Résidence Prosper Mathieu, représenté par Me Muller-Pistré, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2021, l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Achour, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, aide-soignante de la fonction publique hospitalière, exerce ses fonctions au sein de l'EHPAD Prosper Mathieu de Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse). Par un courrier en date du 22 février 2021, Mme B a présenté au directeur de l'EHPAD Prosper Mathieu une demande de protection fonctionnelle. Par courrier du 15 avril 2021, le directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur a refusé de lui accorder le bénéfice la protection fonctionnelle. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 applicable au présent litige : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ". Et aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires applicable au présent litige : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () / III.- Lorsque le fonctionnaire fait l'objet de poursuites pénales à raison de faits qui n'ont pas le caractère d'une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions, la collectivité publique doit lui accorder sa protection. Le fonctionnaire entendu en qualité de témoin assisté pour de tels faits bénéficie de cette protection. La collectivité publique est également tenue de protéger le fonctionnaire qui, à raison de tels faits, est placé en garde à vue ou se voit proposer une mesure de composition pénale. / IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. / VII.- Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions et les limites de la prise en charge par la collectivité publique, au titre de la protection, des frais exposés dans le cadre d'instances civiles ou pénales par le fonctionnaire ou les personnes mentionnées au V. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle au motif qu'elle aurait subi du fait de la direction de l'établissement des agissements répétés constitutifs de harcèlement moral qui auraient dégradé sa santé et dont elle entendrait demander réparation. Les comportements en question seraient constitués d'une sanction disciplinaire illégitime qui relèverait d'une erreur manifeste d'appréciation, assortie d'une suspension de traitement injustifiée, et d'une rétrogradation de poste par retrait de ses fonctions de gouvernante et par son affectation en qualité d'aide-soignante.
4. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. En premier lieu, si Mme B conteste la décision lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle en soutenant avoir été victime d'actes de harcèlement moral, l'engagement de la procédure disciplinaire, qui a conduit à la décision du directeur de l'EHPAD Prosper Mathieu du 22 janvier 2021 prononçant la sanction de blâme, ne permet pas de faire présumer l'existence de tels faits. En effet, il résulte des termes de la sanction prononcée qu'elle a été motivée par la transmission extrêmement tardive par Mme B de son arrêt de travail et par les conséquences induites par cette carence sur l'organisation du service. L'intéressée s'est ainsi trouvée en situation d'absence irrégulière entre le 13 juillet 2020 et le 9 octobre 2020, période durant laquelle elle n'a pas justifié son absence et a vidé son casier de ses effets personnels. Dans ces conditions, la sanction qui lui a été infligée, et qui est devenue définitive, ne peut être regardée comme disproportionnée ou entachée d'une erreur d'appréciation.
6. En deuxième lieu, Mme B soutient avoir fait l'objet d'une suspension de traitement injustifiée. Il ressort toutefois de ce qui a été dit précédemment que l'intéressée s'est trouvée en situation d'absence injustifiée entre le 13 juillet 2020 et le 9 octobre 2020, date à laquelle elle a fait parvenir un justificatif concernant son absence. Dans ces conditions, la suspension provisoire de traitement était fondée sur l'absence de service fait et de justification d'absence.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 12 de la loi du 13 juillet 1983 dans sa version applicable au présent litige : " Le grade est distinct de l'emploi. Le grade est le titre qui confère à son titulaire vocation à occuper l'un des emplois qui lui correspondent. Toute nomination ou toute promotion dans un grade qui n'intervient pas exclusivement en vue de pourvoir à un emploi vacant et de permettre à son bénéficiaire d'exercer les fonctions correspondantes est nulle. Toutefois, le présent alinéa ne fait pas obstacle à la promotion interne d'agents qui, placés dans la position statutaire prévue à cette fin, sont soumis aux II et III de l'article 23 bis de la présente loi. En cas de suppression d'emploi, le fonctionnaire est affecté dans un nouvel emploi dans les conditions prévues par les dispositions statutaires régissant la fonction publique à laquelle il appartient. ".
8. Mme B soutient qu'elle a fait l'objet d'une rétrogradation de poste par retrait de ses fonctions de gouvernante et affectation sur des fonctions d'aide-soignante. Il ressort des pièces du dossier que dans le cadre de l'organisation du service, la requérante s'était en effet vue confiée des fonctions de gouvernante, compatibles avec son grade d'aide-soignante. L'EHPAD Prosper Mathieu a financé sa formation de gouvernante en hôtellerie et lui a ainsi permis d'obtenir le titre professionnel de " gouvernante en hôtellerie " le 25 septembre 2017 et d'exercer les fonctions de gouvernante à compter du 5 avril 2018. Dans le contexte de crise sanitaire sévissant durant le premier trimestre 2020, le directeur de l'établissement l'a affectée de nouveau sur un poste de soins. Il ressort ainsi des pièces du dossier que ce changement d'affectation était justifié par la situation épidémique et par l'intérêt du service. Au surplus, la nouvelle affectation de Mme B, qui était apte sans restriction, correspondait à son grade d'aide-soignante et n'a entrainé aucune modification de sa rémunération ni de ses horaires de travail. Dans ces conditions, le changement d'affectation était fondé sur l'intérêt du service.
9. En quatrième et dernier lieu, Mme B reproche au directeur de l'EHPAD Prosper Mathieu d'avoir adopté à son égard une attitude méprisante à son retour de congés maladie au mois de mars 2020, elle ne l'établit pas en l'état des pièces du dossier, alors au surplus que l'EHPAD Prosper Mathieu fait valoir, sans être contredit par la requérante, que ledit directeur a été placé sur suggestion du médecin du travail en autorisation spéciale d'absence et qu'il a télétravaillé durant toute la période comprise entre le 17 mars 2020 et le 8 juin 2020.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les faits invoqués par Mme B, pris isolément ou dans leur ensemble, ne peuvent faire présumer l'existence du harcèlement moral dont elle prétend avoir été victime. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 15 avril 2021 qu'elle conteste.
11. Par voie de conséquence, les conclusions susvisées de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Copie en sera adressée à l'EHPAD Prosper Mathieu.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Bala, premier conseiller,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
K. A
Le président,
J. B. BROSSIER
La greffière,
E. NIVARD
La République mande et ordonne ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026