lundi 26 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2101920 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | AVALLONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juin 2021, M. et Mme A et C B, représentés par Me Avallone, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle le maire de Saint-Laurent d'Aigouze s'est opposé aux travaux que Mme B a déclarés en vue de la réfection d'un abri de jardin existant, ensemble la décision rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à titre principal au maire de Saint-Laurent d'Aigouze de leur délivrer un certificat de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge la commune de Saint-Laurent d'Aigouze la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le maire a commis une erreur de droit dès lors que le projet en litige consiste en des travaux de confortement, sans extension, d'une construction existante autorisée par les dispositions de l'article A2 du règlement du PLU ;
- le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme dès lors que sa demande est relative à la réfection à l'identique de la toiture et des façades d'un mazet existant, qui n'était pas en état de ruine mais a été détruit il y a moins de 10 ans, de sorte qu'il peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme
- l'arrêté en litige est entaché d'une erreur de fait en tant qu'il est fondé sur un avis défavorable du service droits des sols du Grau du Roi qui a dénaturé la portée des travaux en litige.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2023, la commune de Saint-Laurent d'Aigouze, représentée par Me Merland, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Laurent d'Aigouze ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Antolini,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Cadet, substituant Me Avallone, pour M. et Mme B, et celles de Me Mer, représentant la commune de Saint-Laurent d'Aigouze.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont propriétaires d'une parcelle cadastrée section B n° 370 sur le territoire de la commune de Saint-Laurent d'Aigouze. Au cours de l'année 2021, le maire de la commune de Saint-Laurent d'Aigouze a constaté la réalisation sans autorisation de travaux de construction. Par un arrêté du 18 décembre 2021, le maire a mis en demeure M. et Mme B d'interrompre immédiatement leurs travaux. Par un arrêté en date du 8 février 2021, le maire de Saint-Laurent d'Aigouze s'est opposé aux travaux que M. et Mme B ont déclarés en vue de la réfection d'un abri de jardin existant. Par une décision du 11 mai 2021, le maire de Saint-Laurent d'Aigouze a rejeté leur recours gracieux. M. et Mme B demandent l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article A 1 du règlement du PLU intitulé relatif aux " occupations et utilisations du sol interdites " : " Sont interdits en zone A et secteurs AC et Aer, toutes les occupations et utilisations du sol autres que celles visées à l'article A2 () ". Aux termes de l'article A 2 du règlement du PLU de Saint-Laurent d'Aigouze : " Sont autorisés sur la zone A, sous réserve des dispositions du PPRI et, concernant les extensions et constructions neuves autorisées, du respect d'une distance minimum de 10 m par rapport aux cours d'eau, fossés et zones humides existantes : Les travaux de réfection et de mise aux normes des exploitations agricoles existantes, sous réserve que les effluents d'origine animale de soient pas accrus. - Les travaux de confortement, sans extension, des constructions existantes à la date d'approbation du PLU. () Les travaux de reconstruction, suite à un sinistre, de bâtiments existants à la date d'approbation du PLU sans augmentation de la surface de plancher ni de l'emprise au sol initiale. () ".
3. Il ressort du dossier de déclaration préalable que les travaux sollicités ont pour objet la réfection d'un abri de jardin situé sur une parcelle cadastrée section B n° 370. Toutefois, les requérants ne produisent aucun élément permettant de justifier que la construction en cause, dont l'existence légale n'a pu être établie par le service instructeur, aurait fait l'objet d'une autorisation de construire à l'époque de son édification. Il ressort en revanche des pièces du dossier que la construction en litige n'était pas cadastrée, comme le souligne la décision attaquée, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté par les requérants. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que les travaux sont relatifs au confortement d'une construction existante, il ressort des photographies versées au débat que l'ouvrage en litige consiste en un cabanon, composé essentiellement de tôle et de palettes ainsi que d'éléments disparates et non liés dans un état de délabrement avancé. Le maire de la commune de Saint-Laurent d'Aigouze a en revanche constaté, au cours de l'année 2020, la réalisation sans autorisation d'une dalle en béton d'une surface d'environ 25 m2 et la réalisation de poteaux périphériques en acier galvanisé d'une hauteur supérieure à 2,50 m, destinés à servir d'ossature à un futur bâtiment. Dans ces conditions, les travaux projetés par les requérants, qui consistent en la création ex nihilo d'éléments de gros œuvres tels que des fondations en béton et des poteaux porteurs, ne peuvent être regardés comme des travaux de confortement prenant appui sur une construction existante au sens des dispositions précitées. Ainsi, en s'opposant aux travaux déclarés, le maire de Saint-Laurent d'Aigouze n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles A1 et A2 du règlement du PLU de la commune. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient à être détruit ou démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels prévisibles en dispose autrement ". Les requérants soutiennent que leur projet a pour objet la reconstruction à l'identique d'un mazet existant au sens des dispositions sus rappelées.
5. Il résulte de ces dispositions que le législateur, dans un souci d'équité et de sécurité juridique, a entendu reconnaître au propriétaire d'un bâtiment détruit ou démoli le droit de procéder à la reconstruction à l'identique de celui-ci dès lors qu'il avait été régulièrement édifié, ce qui est notamment le cas lorsqu'il avait été autorisé par un permis de construire ou qu'il avait été édifié avant l'entrée en vigueur de la loi du 15 juin 1943 susvisée, à une date à laquelle le droit de construire n'était pas subordonné à l'obtention d'une autorisation expresse. En revanche, les bâtiments construits sans autorisation ou en méconnaissance de celle-ci, ainsi que ceux édifiés sur le fondement d'une autorisation annulée par le juge administratif ou retirée par l'administration, doivent être regardés comme n'ayant pas été régulièrement édifiés.
6. Ainsi qu'il a déjà été évoqué au point 3, M. et Mme B ne produisent aucun élément permettant de justifier que la construction en litige aurait fait l'objet d'une autorisation de construire. Dans ces conditions, cette construction ne peut être regardée comme ayant été régulièrement édifiée au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que M. et Mme B ne sont pas fondés à se prévaloir des dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme. Le maire de la commune de Saint-Laurent d'Aigouze a, dès lors, pu légalement s'opposer aux travaux déclarés.
7. Si l'arrêté en litige vise " l'avis défavorable de la mairie de Saint-Laurent d'Aigouze du 3 février 2021 " qui mentionne un " vieux cabanon démoli " et une " nouvelle réalisation sur une autre partie du terrain en secteur A ", ces considérations, qui n'ont pas été reprises telles quelles par le maire de Saint-Laurent d'Aigouze pour fonder sa décision, sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu, il ressort des termes de cet avis qu'il a été émis pour un projet " présenté par Mme B pour la réfection de la toiture et des façades d'un mazet sans création de surface ni de volume supplémentaire " identique à l'objet de la déclaration préalable des requérants. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de ce motif est inopérant et doit en tout état de cause être écarté comme infondé.
8. Il résulte de tout ce qui précède, que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 8 février 2021 et de celle rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées aux fins d'injonction doivent en conséquence être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Saint-Laurent d'Aigouze, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. et Mme B la somme qu'ils demandent au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 200 euros à verser à la commune de Saint-Laurent d'Aigouze au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune de Saint-Laurent d'Aigouze la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et C B et à la commune de Saint-Laurent d'Aigouze.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2023.
Le président-rapporteur,
J. ANTOLINI Le conseiller le plus ancien,
F. LAGARDE
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026