mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 juillet et 4 novembre 2021, M. B A et Mme C D demandent au tribunal :
1°) d'enjoindre à la commune de Saint-Dézéry et au syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de la région de Collorgues de reconnaître les limites du domaine public routier au droit de leur domicile par attestation de la limite physique de la voie communale et non par bornage, et de leur remettre, pour le futur, les plans attestant de la conformité des réseaux d'eau potable et d'assainissement ;
2°) de déterminer et réparer leur préjudice.
Ils soutiennent que :
- les sous-sols des voiries communales font partie du domaine public ;
- ils ne pouvaient être astreints à payer des interventions techniques à raison de problèmes affectant le réseau public d'assainissement ;
- la responsabilité de la voirie et du fossé ne leur incombe pas ; ils sont utilisés par de nombreuses personnes ;
- les dégâts proviennent de l'intervention de matériels lourds lors de travaux publics ;
- le plan du réseau d'eaux usées et d'assainissement est illisible ;
- bien qu'étant locataires, il leur a été demandé de payer des sommes qui ne pouvaient leur être réclamées s'agissant de la partie publique du réseau, lequel n'était pas conforme par manque d'un regard de branchement.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2021, le SIVOM de la région de Collorgues, représenté par Me Tardivel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est sans objet, aucun refus de communication n'ayant été opposé ;
- les requérants n'ont pas qualité pour demander l'alignement étant locataires et, en tout état de cause, ils ont reçu copie de l'acte d'alignement de même que les plans des réseaux d'assainissement ;
- aucune demande préalable ne lie le contentieux indemnitaire ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2021, la commune de Saint-Désery, représentée par Me Tardivel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est sans objet, aucun refus de communication n'ayant été opposé ;
- les requérants n'ont pas qualité pour demander l'alignement étant locataires et en tout état de cause ils ont reçu copie de l'acte d'alignement de même que les plans des réseaux d'assainissement ;
- aucune demande préalable ne lie le contentieux indemnitaire ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un courrier du 21 décembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de conclusions à fins d'injonction présentées à titre principal, la juridiction ne pouvant être saisie que par voie de recours formé contre une décision.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Achour,
- et les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et Mme D sont locataires d'une maison d'habitation à Saint-Dézéry. En mai 2019, ils ont sollicité auprès de la commune de Saint-Dézéry, la réfection de la voirie menant à leur logement. La commune a fait réaliser ces travaux en juillet 2020. Le 8 août 2020, Mme D a sollicité le service de la régie du SIVOM de la région de Collorgues en raison d'un problème d'évacuation des eaux usées qui serait provoqué par une obstruction du réseau public d'assainissement. Les services du SIVOM se sont déplacés et ont identifié le problème rencontré comme provenant de la partie privée du réseau d'assainissement. Par la présente requête, M. A et Mme D demandent au tribunal d'enjoindre à la commune de Saint-Dézéry et au SIVOM de la région de Collorgues de reconnaître les limites du domaine public routier au droit de leur domicile par attestation de la limite physique de la voie communale et non par bornage et de leur remettre, pour le futur, les plans attestant de la conformité des réseaux d'eau potable et d'assainissement, et de condamner la commune et le SIVOM à réparer leurs préjudices.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
3. Aux termes de l'article L. 911-1 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ".
4. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, du code de justice administrative, il n'appartient pas au tribunal administratif d'adresser des injonctions à l'administration. Les conclusions de M. A et Mme D tendant à ce que soit enjointes la reconnaissance des limites de la voie publique et la communication de plans montrant la conformité des réseaux d'eau potable et d'assainissement, présentées à titre principal et non en conséquence de la demande d'annulation d'une décision, n'entrent pas dans les prévisions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Dès lors, elles sont irrecevables.
5. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que les conclusions indemnitaires présentées par les requérants auraient été précédées d'une demande préalable d'indemnisation auprès de la commune de Saint-Dézéry ni auprès du SIVOM de la région de Collorgues, susceptibles d'avoir fait naître une décision implicite de rejet. Par suite, le contentieux n'est pas lié et les conclusions indemnitaires sont irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Dézéry et le SIVOM de la région de Collorgues au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme D, à la commune de Saint-Dézéry et au SIVOM de la région de Collorgues.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
La rapporteure,
P. ACHOUR
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pouvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026