mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARIJON-DILLENSCHNEIDER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 juillet 2021 et 8 novembre 2022, Mme E D et M. A D, représentés par la SCP VPNG, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 juillet 2019 par lequel le maire de Nîmes ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 30189 19 P0584 déposée par M. C en vue de percer le clapas bordant la parcelle cadastrée section AP n° 355 et d'accéder au chemin communal ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes d'une part et de M. C d'autre part la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles Nh11 et Nh13 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- il est entaché d'une fraude dès lors que le pétitionnaire n'avait pas qualité pour déposer une déclaration préalable portant sur des travaux à réaliser sur la parcelle cadastrée section AP n° 355, dont les références cadastrales n'ont pas été mentionnées dans le dossier de déclaration préalable ;
- le projet est contraire aux dispositions de l'article Nh3 du règlement du PLU dès lors qu'il prévoit la création d'un accès ne débouchant sur aucune voie et ne répondant pas aux exigences de sécurité publique.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 août 2021, M. C, représenté par la SCP Dillenschneider, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre l'arrêté attaqué ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2022, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Bezard pour les requérants, celles de M. F pour la commune de Nîmes et celles de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire d'un terrain situé chemin de Tholozan à Nîmes, parcelles cadastrées section AP n°s 349 et 864. Par un arrêt avant-dire-droit du 25 avril 2019, la cour d'appel de Nîmes a relevé l'existence d'une servitude conventionnelle de passage sur les parcelles cadastrées section AP n°s 355 et 863, appartenant à M. et Mme D, au bénéfice du fond de M. C, et a sursis à statuer sur la question de l'extinction de cette servitude. A ce titre, la cour d'appel a relevé qu'il existait des présomptions concordantes paraissant établir que le chemin communal sur lequel a vocation à déboucher cette servitude de passage était impraticable, notamment du fait de la présence d'un clapas clôturant la propriété de M. et Mme D, et qu'il incombait à M. C de justifier des autorisations d'urbanisme rendant possible l'usage de cette servitude. Ainsi, le 7 juin 2019, M. C a déposé une déclaration préalable portant sur le percement du clapas et le dégagement du roncier existant sur la parcelle cadastrée section AP n° 355 en vue de la création d'un accès au chemin communal qui la dessert. Par l'arrêté du 31 juillet 2019, dont M. et Mme D demandent l'annulation, le maire de Nîmes ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut d'intérêt à agir de M. et Mme D :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
3. Ainsi qu'il l'a été dit précédemment, M. et Mme D sont propriétaires des parcelles cadastrées section AP n°s 863 et 355 sur lesquelles M. C bénéficie d'une servitude de passage et souhaite réaliser les travaux objet de la déclaration préalable à laquelle le maire ne s'est pas opposé par l'arrêté en litige. Du fait de leur nature et de leur situation, de tels travaux sont susceptibles d'affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance du bien de M. et Mme D qui justifient donc d'un intérêt à agir contre cet arrêté du 31 juillet 2019. La fin de non-recevoir opposée sur ce point doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article Nh11 du règlement du PLU : " () 6.1 Généralités () Les clapas et murs en pierres sèches anciens participent à l'identité paysagère de cette zone et doivent être sauvegardés () 6.2 () Les clôtures anciennes en maçonnerie de pierre, ainsi que les grilles et portails anciens seront conservés et restaurés. " L'article Nh13 de ce règlement dispose que : " () 1.3. Patrimoine : Les vestiges anciens tels que masets, capitelles et abris, citernes, terrasses et tonnelles, murs et clapas devront figurer au plan de masse. Le projet devra prévoir leur sauvegarde, leur restauration, et leur mise en valeur () ". Ces dispositions, qui visent à assurer leur préservation et le cas échéant, leur remise en état, interdisent les travaux entrainant la démolition totale ou partielle des clapas existants.
5. Le procès-verbal de constat d'huissier établi à la demande des requérants le 6 avril 2021 fait état de la présence d'un clapas qu'il précise se trouver enfoui " sous un épais fourré constitué de végétation dense et épaisse ", au niveau de la limite Sud de la parcelle cadastrée section AP n° 355. Les travaux autorisés par l'arrêté en litige ayant pour objet même, tel que cela ressort expressément de la déclaration préalable à laquelle le maire ne s'est pas opposé, de démolir une portion de ce clapas méconnaissent donc les dispositions précitées des articles Nh11 et Nh13.
6. En second lieu, aux termes de l'article Nh3 du règlement du PLU de Nîmes : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation. Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité de ses utilisateurs ainsi que celle des usagers des voies. Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position de l'accès, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. () Les voies privées assurant la desserte du terrain ainsi que celles intérieures à l'opération de construction devront avoir des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie, de la protection civile, et de la collecte des déchets. "
7. Alors que les travaux auxquels le maire ne s'est pas opposé par l'arrêté en litige visent à créer un passage pour les personnes et les véhicules reliant l'extrémité Sud de la partie de terrain appartenant aux époux D concernée par la servitude de passage et le chemin communal de Tholozan, il ressort des pièces du dossier, et notamment du constat d'huissier dressé le 6 avril 2021 et des documents photographiques produits, que l'ouverture projetée à travers le clapas existant ne débouchera pas sur cette voie de desserte mais, à plus d'une dizaine de mètres de son tracé, sur une partie boisée, non carrossable et laissée à l'état naturel d'un terrain privé de la commune. Aucuns travaux de prolongement de la voie de desserte constituée par le chemin de Tholozan sur cette partie du domaine privé de la commune n'étant par ailleurs arrêté ni même envisagé par cette collectivité, le débouché autorisé par le maire ne saurait être regardé comme un accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation publique conforme aux exigences de l'article Nh3 précité ainsi méconnues par l'arrêté attaqué.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est de nature à fonder l'annulation de l'arrêté du 31 juillet 2019.
9. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 31 juillet 2019 du maire de Nîmes est illégal et doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas droit de faire droit aux conclusions présentées par les requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font en outre obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme D, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme à verser à M. C.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 31 juillet 2019 du maire de Nîmes est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions formées par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et M. A D, à la commune de Nîmes et à M. G C.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Roux, président,
- M. Chevillard, conseiller,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
La rapporteure,
L. LAHMAR Le président,
G. ROUX
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026