mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102337 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AGNUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Agnus, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la délibération du 30 mars 2021 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Ouest lui a refusé de délivrance d'une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée.
2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de délivrer l'autorisation d'accès à la formation sollicitée.
Il soutient que :
- il lui est reproché uniquement le fait d'avoir été mis en cause le 30 novembre 2019 à Nîmes pour des faits de vol à l'étalage commis par son fils ;
- il n'a pas fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n°2 de son casier judiciaire ; sa requête en effacement du fichier TAJ a été acceptée ;
- il n'est pas connu des services de police ou de gendarmerie ; ainsi, son comportement ne peut être qualifié de contraire à l'honneur et à la probité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2023, le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- l'ordonnance n° 2022-448 du 30 mars 2022 ;
- le décret n° 2022-449 du 30 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Philippe Parisien ;
- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 30 mars 2021, la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Ouest a rejeté la demande de M. B tendant à la délivrance d'une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée nécessaire pour l'obtention de la carte professionnelle requise pour exercer le métier d'agent privé de sécurité. Par un courrier reçu le 22 avril 2021, M. B a saisi la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité d'un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision. Par la présente requête, le requérant a demandé l'annulation de la décision implicite de la Commission nationale d'agrément et de contrôle intervenue le 22 juin 2021. Toutefois, la Commission nationale d'agrément et de contrôle ayant rejeté le recours du requérant, par une décision expresse en date du 25 août 2021, les conclusions de la requête dirigées contre la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire, née du silence gardé par la commission nationale d'agrément et de contrôle, doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du 25 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes () ". L'article L. 612-20 du même code, dans sa version applicable au litige, dispose que : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; / ()/ La carte professionnelle peut être retirée lorsque son titulaire cesse de remplir l'une des conditions prévues aux 1°, 2° et 3°. () ". Aux termes de l'article L. 612-22 du même code : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2°, 3°, 4° et 4° bis de l'article L. 612-20. ".
3. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'elle est saisie d'une demande d'autorisation préalable d'accès à une formation pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-23 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
4. Pour refuser de délivrer à M. B une autorisation préalable lui permettant d'accéder à une formation pour l'exercice d'une activité privée de sécurité, la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité s'est fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Elle a constaté que le requérant a été mis en cause, le 21 février 2020, en qualité d'auteur de faits de vol à l'étalage concernant une paire de baskets, commis le 30 novembre 2019. Après avoir considéré que la matérialité de ces faits était établie, que leur gravité révélait " un comportement contraire à la probité " et que ces fait démontraient également de la part de l'intéressé des agissements de nature à porter atteinte à la sécurité des biens, alors que celle-ci constitue la mission essentielle des agents de sécurité, la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a considéré que les agissements du requérant étaient incompatibles avec l'exercice des fonctions envisagées.
5. Si les faits reprochés à M. B présentent une certaine gravité, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'ils ont été commis dans des circonstances très particulières, M. B soutenant que leur véritable auteur était son fils âgé de trois ans, atteint du syndrome de Pica. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nîmes a d'ailleurs classé sans suite la plainte déposée à la suite de l'indemnisation de la victime par le remboursement de la paire de chaussures. Il ressort également des pièces du dossier qu'en réponse à la requête en effacement présentée par M. B le 31 janvier 2021, le procureur de la République a répondu qu'il avait fait procéder à l'inscription d'une mention transmise au service de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) faisant obstacle à la consultation des données le concernant dans le cadre des enquêtes administratives prévues aux articles L.114-1, L.234-1 à L.234-3 du code de la sécurité intérieure. Enfin, ces faits, pour regrettables qu'ils soient, revêtent un caractère isolé, M. B ne s'étant jamais signalé défavorablement auparavant. Dans ces circonstances très particulières, le Conseil national des activités privées de sécurité a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en estimant que ces faits n'étaient pas compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 25 août 2021 de la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité.
Sur les conclusions à fin d'injonction:
7. Compte tenu du changement dans les circonstances de droit intervenu depuis la date de la décision attaquée, résultant notamment de l'intervention de l'ordonnance n° 2022-448 du 30 mars 2022 relative aux modalités d'organisation, de fonctionnement et d'exercice des missions du Conseil national des activités privées de sécurité et du décret n° 2022-449 du 30 mars 2022 relatif aux modalités d'organisation, de fonctionnement et d'exercice des missions du Conseil national des activités privées de sécurité, le présent jugement d'annulation implique seulement que le Conseil national des activités privées de sécurité procède à un nouvel examen de la demande de M. B. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 août 2021de la commission nationale du Conseil national des activités privées de sécurité est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de réexaminer la demande d'autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée présentée par M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ciréfice, président,
M. Parisien, premier conseiller,
Mme Bourjade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
Le rapporteur,
P. PARISIEN
Le président,
C. CIRÉFICE
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2102337
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026