LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2102579

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2102579

vendredi 13 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2102579
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantABAUZIT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 août 2021, complétée par des mémoires enregistrés les 21 novembre 2021, 3 mars et 20 mai 2022, la SCI Sénevé, représentée par Me Adrien Abauzit, demande au tribunal :

- d'annuler la décision du 5 juillet 2021 par laquelle la préfète du Gard a refusé d'autoriser l'inhumation du Père C sur la propriété de la SCI Sénevé,

- d'enjoindre à la préfète du Gard d'autoriser cette inhumation dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard,

- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle remplit les conditions prévues pour l'application de l'article L. 2223-9 du code général des collectivités territoriales ;

- c'est à tort que la préfecture postule que la notion d'" enceintes de ville et bourg " de l'article L. 2223-9 du code général des Collectivités territoriales devrait être assimilée à la notion des " communes urbaines " telle que définie à l'article R.2223-1, alors que la propriété prévue pour l'inhumation se situe en dehors de la partie urbanisée de la ville ;

- elle n'a pas l'intention de créer un cimetière privé ;

Par un mémoire enregistré le 28 octobre 2021, complété les 11 janvier 2022, 13 avril 2022 et le 26 septembre 2023 le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B Parisien ;

- les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Abauzit pour la SCI Sénevé et de Mme A pour le préfet du Gard.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande du 23 juin 2021, la SCI Sénevé a demandé l'autorisation d'inhumer feu Maurice C à l'intérieur du lieu de culte établi sur sa propriété. Cette demande ayant fait l'objet d'une décision de rejet le 5 juillet 2021, fondée d'une part sur l'application de l'article L.2223-9 du code général des collectivités territoriales (CGCT) et d'autre part sur l'impossibilité de créer de nouveaux cimetières privés, la SCI Sénevé demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation

2. Aux termes de l'article L. 2223-9 du code général des collectivités territoriales : " Toute personne peut être enterrée sur une propriété particulière, pourvu que cette propriété soit hors de l'enceinte des villes et des bourgs et à la distance prescrite ". Aux termes de l'article R. 2213-32 du même code : " L'inhumation dans une propriété particulière du corps d'une personne décédée est autorisée par le préfet du département où est située cette propriété sur attestation que les formalités prescrites par l'article R. 2213-17 et par les articles 78 et suivants du code civil ont été accomplies et après avis d'un hydrogéologue agréé. ".

3. Pour refuser la demande présentée par la SCI Sénevé, la préfète du Gard fait tout d'abord valoir que la ville de Nîmes, sur laquelle est implantée la propriété de la requérante, doit être considérée comme une commune urbaine dans laquelle l'article L. 2223-9 du code général des collectivités territoriales ne peut s'appliquer, même si la distance prescrite de 35 mètres des habitations est respectée. La préfète précise que le législateur n'ayant pas détaillé la notion de " villes et bourgs ", cette dernière a été précisée dans le guide funéraire édicté par la direction générale des collectivités locales du ministère de l'Intérieur à l'attention des préfectures, dans lequel il est énoncé que pour la notion de " villes et bourgs ", il est utile de se référer à la notion de " communes urbaines " mentionnée aux articles L.2223-1 et R.2223-1 du code général des collectivités territoriales.

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas contesté que la propriété de la SCI Sénevé, prévue pour l'inhumation de feu Maurice C, se situe route de Générac, en pleine campagne et à 6,5 km au sud-ouest du centre de la partie agglomérée de la ville de Nîmes et à 3,3 km de la commune de Caissargues. Par conséquent, dès lors qu'elle ne se situe pas dans la partie agglomérée de la ville de Nîmes, elle doit être regardée comme se situant hors de l'enceinte des villes et bourgs au sens de l'article L. 2223-9 précité du code général des collectivités territoriales.

5. En second lieu, la référence du guide funéraire, édicté par la direction générale des collectivités locales du ministère de l'Intérieur à l'attention des préfectures, lequel n'a en tout état de cause aucune valeur règlementaire, aux dispositions des articles L. 2223-1 et R. 2223-1 du code général des collectivités territoriales, est inopérante sur l'appréciation de la légalité de la décision attaquée, dès lors que lesdites dispositions sont relatives à la création ou l'agrandissement des cimetières communaux.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'examen de la lettre adressée par la SCI Sénevé le 23 juin 2021 à la préfecture du Gard, que la requérante a demandé l'autorisation d'inhumer feu Maurice C à l'intérieur du lieu de culte établi sur sa propriété. La circonstance que la SCI Sénevé a précédemment présenté, les 24 septembre 2020 et 16 mars 2021, des demandes d'autorisation de créer un cimetière confessionnel privé afin d'inhumer les membres de la communauté religieuse des Stellamarins, lesquelles demandes ont été rejetées par la préfète du Gard, n'est pas de nature à faire regarder sa demande du 23 juin 2021 comme tendant en réalité à renouveler sa demande de création d'un cimetière privé. De même, le fait que l'hydrogéologue agréé qui a été consulté, a fondé son avis sur une demande initiale concernant " un projet de cimetière privé engagé par la congrégation religieuse de l'Œuvre de l'Etoile sur son domaine du Grand Mas d'Assas implanté sur la commune de Nîmes " ne peut être opposé à la requérante, dès lors que dans son étude datée du 27 août 2021, l'hydrogéologue précise expressément que le projet initial a été corrigé et concerne en définitive l'inhumation du seul Révérend Maurice C. Par conséquent, le moyen tiré par la préfète du Gard, de ce que l'impossibilité de créer de nouveaux cimetières privés s'opposerait à la satisfaction de la demande de la requérante ne peut qu'être écarté. Enfin, le " risque réel de constitution d'un cimetière privé proscrit par le droit funéraire " ne ressort pas des pièces du dossier.

7. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort d'aucune disposition législative ou règlementaire que dès lors que la SCI Sénevé est une personne morale, les inhumations auxquelles il serait procédé sur sa propriété présenteraient un caractère collectif, non couvert par les dispositions de l'article L. 2223-9 du code général des collectivités territoriales, applicable pour la propriété d'un particulier. Le moyen doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 5 juillet 2021 par laquelle la préfète du Gard a refusé d'autoriser l'inhumation du Père C sur la propriété de la SCI Sénevé doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction

9. Par ses motifs, la présente décision implique nécessairement que la préfète du Gard autorise l'inhumation de feu Maurice C sur la propriété de la SCI Sénevé dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la préfète du Gard, une somme de 1 200 euros à verser à la SCI Sénevé au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 5 juillet 2021 par laquelle la préfète du Gard a refusé d'autoriser l'inhumation du Père C sur la propriété de la SCI Sénevé est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Gard d'autoriser l'inhumation de feu Maurice C sur la propriété de la SCI Sénevé dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement

Article 3 : Le préfet du Gard versera une somme de 1 200 euros à la SCI Sénevé sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Sénevé est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Sénevé et au préfet du Gard.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Baccati, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.

Le rapporteur,

P. PARISIEN

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ez ici]

N°2102579

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions