mardi 6 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL FAVRE DE THIERRENS BARNOUIN VRIGNAUD MAZARS DRIMARACCI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 août 2021 et le 21 juin 2022, M. A C, représenté par la SELARL Favre de Thierrens, Barnouin, Vrignaud, Mazars, Drimaracci, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Garons a délivré un permis de construire à la SAS Immo Concept, ensemble la décision du 11 juin 2021 du maire rejetant son recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Garons et de la SAS Immo Concept le versement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir en sa qualité de voisin immédiat du projet qui va affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son habitation ;
- le dossier de demande de permis de construire est entaché de contradictions ; les plans produits le 15 décembre 2020 et ceux datés du 9 février 2021 sont contradictoires notamment sur la forme de la toiture et la localisation du local poubelle ;
- les prescriptions émises par le permis de construire ne pourront pas être respectées ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- elle viole les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 12 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme (PLU) en ce que les places de stationnement ont une longueur inférieure à 5 mètres et que l'espace dédié aux vélos n'est pas sécurisé ;
- elle viole les dispositions de l'article 14 du règlement de la zone UD du PLU dès lors que le coefficient d'occupation des sols est de 0,73 et excède le coefficient maximal de 0,45 autorisé pour les logements sociaux ;
- elle ne respecte pas les prescriptions du Bas-Rhône Languedoc Exploitation (BRL) ;
- elle méconnait les dispositions de l'article R. 111-3 du code de l'urbanisme et de l'article 77 du règlement sanitaire départemental du Gard.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2021, la SAS Immo Concept, représentée par la SCP Delran, Bargeton, Dyens, Sergent, B, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, le requérant n'a pas intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2021, la commune de Garons, représentée par l'AARPI MB Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, le requérant n'a pas intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Garons ;
- la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové dite loi " ALUR " ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Corneloup, rapporteure publique,
- les observations de Me Vrignaud, représentant M. C, celles de Me Lenoir, représentant la commune de Garons, et celles de Me Bargeton, représentant la SAS Immo Concept.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 30 mars 2021, le maire de la commune de Garons a délivré à la SAS Immo Concept un permis de construire un ensemble immobilier de deux bâtiments collectifs d'habitation à vocation sociale de 30 logements sur un terrain situé 4, rue Pierre Dumas, cadastré section AK numéros de parcelles 197 et 219, en zone UDa du plan local d'urbanisme de la commune. M. C demande l'annulation de cette décision ainsi que de celle du 11 juin 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Garons et la SAS Immo Concept :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort du plan de situation produit par le requérant qu'il est propriétaire de la parcelle cadastrée section AK n° 36 sise au 2 rue Pierre Dumas sur laquelle est édifiée sa maison d'habitation et qui jouxte le terrain d'assiette du projet en litige. L'indication sur le titre de propriété communiqué par M. C " rue Pierre Dumasset " procède d'une simple erreur de plume dès lors que les références cadastrales mentionnées sont exactes. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu par la SAS Immo Concept, le propriétaire indivis d'une parcelle détient en cette seule qualité, un intérêt lui donnant qualité pour agir devant le juge de l'excès de pouvoir, notamment contre l'autorisation de construire délivrée sur une parcelle voisine. M. C fait en outre état de la création de vues sur sa piscine et de nuisances sonores liées à la circulation sur la voirie interne du projet des véhicules des 30 logements qui seront construits. Il est dès lors établi que la construction est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Ainsi, le requérant justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre de la décision attaquée. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de l'avis défavorable de la direction de l'eau de Nîmes Métropole du 21 décembre 2020 demandant que soit précisé par la société SAS Immo Concept la nécessité de réaliser des ouvrages de rétention des eaux pluviales à ciel ouvert impliquant la modification du projet pour remplacer les toitures 4 pentes en tuiles des niveaux R+2 prévus dans la demande de permis de construire déposée le 16 décembre 2020 par des toits terrasses non accessibles et stockants, une demande de pièces complémentaires lui a été adressée le 4 janvier 2021, à laquelle elle a satisfait le 9 février suivant en produisant de nouveaux plans et une nouvelle notice explicative. Au regard de ces nouveaux documents, un nouvel avis notamment de la direction de l'eau de Nîmes Métropole a été sollicité par le service instructeur et un avis favorable a été émis le 12 février suivant. L'arrêté attaqué a été délivré au regard des pièces complémentaires déposées le 9 février 2021 qui avaient pour objet de modifier le projet de construction notamment sur la forme des toitures et la localisation du local poubelles. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir que les plans et la notice enregistrés le 9 février 2021 sont contradictoires avec ceux datés du 16 décembre 2020.
6. En deuxième lieu, le requérant soutient que " Or, considérant le rappel à la règle de hauteur littéralement rapportée dans l'arrêté de permis de construire (" la partie R+2 du bâtiment A n'excédera pas 189,10m² d'emprise au sol ; la partie R+2 du bâtiment B n'excédera pas 207,14 m² d'emprise au sol "), il est constant que ces seuils sont largement dépassés. / En effet, le pétitionnaire a confondu bassin de rétention en terrasse et emprise au sol de la partie R+2 : Bâtiment A 302m² (19,57 m x 15,47m), bâtiment B 257 m² (18,54 m x 13,90m). / Ainsi, cette contradiction supplémentaire mais surtout la prescription portée par le permis de construire n'étant pas conforme avec le projet tel qu'établi, l'arrêté du 30 mars 2021 doit être annulé tout comme la décision de rejet du recours gracieux de M. C ". Le moyen tel qu'il est invoqué ne permet pas au tribunal d'en apprécier le bien-fondé et doit, ainsi, être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
8. Il n'est pas établi par le requérant et il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la rue Pierre Dumas, qui selon ses allégations va être saturée par les véhicules générés par le projet, serait en réalité une impasse, présenterait des caractéristiques inadaptées aux besoins de l'opération autorisée et serait trop étroite pour permettre le croisement de deux véhicules. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune pièce au dossier que l'accès au projet serait de nature à créer " un risque réel quant à la sécurité de la circulation ", alors qu'il ressort du plan de masse et parking PC02 et du document d'insertion qu'a été aménagé sur le terrain d'assiette du projet un terre-plein devant le portail permettant à un véhicule entrant dans la résidence d'attendre en dehors de la voie publique, l'ouverture du portail électrique et, pour un véhicule sortant, que la rue soit dégagée avant de s'engager sur la voie. Enfin, il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que la société pétitionnaire tenterait de " minimiser l'impact du projet en termes de trafic et de sécurité ".
9. Le service départemental d'incendie et de secours du Gard a émis le 11 janvier 2021 un avis favorable au projet en indiquant que les voies engins et échelles étaient conformes, nonobstant les circonstances que fait valoir le requérant que seules 2 façades de l'ensemble immobilier sont accessibles et que l'accès de secours ne se fait que par une seule voie. Il n'est pas établi par M. C et il ne ressort pas des pièces du dossier que cet avis serait " vicié ".
10. Il ne ressort pas de l'avis favorable émis le 12 février 2021 par le service des eaux de Nîmes Métropole rappelant les prescriptions que devra respecter le projet que celui-ci est de nature à aggraver le risque d'inondation pour les riverains et les voies publiques. Par ailleurs, la notice hydraulique décrivant la gestion des eaux pluviales contenue dans le dossier de demande de permis de construire, établie à la suite du premier avis défavorable de Nîmes Métropole, précise que " l'opération en lien avec la mise en œuvre de mesures compensatoires permet un écrêtement des débits de ruissellement et ce même pour l'occurrence exceptionnelle. L'aménagement projeté est favorable à la politique de gestion des inondations ". Le requérant ne produit aucun document de nature à remettre en cause les conclusions de cette notice. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier qu'il existerait une confusion dans la notice de nature à établir le risque d'inondation allégué par M. C.
11. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté dans toutes ses branches.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article UD11 du règlement du PLU, relatif à l'aspect extérieur : " Par leur aspect extérieur, les bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains. () Toute polychromie agressive est interdite. Une harmonie devra être recherchée dans les teintes traditionnellement utilisées dans la région. L'aspect bois est interdit. / La couverture sera en tuiles type rondes. Les toitures terrasses seront toutefois autorisées. () ".
13. Si les constructions projetées portent atteinte aux paysages naturels avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer un permis de construire ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire délivrés, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés à l'article R. 111-27 cité ci-dessus.
14. Il ressort des photographies versées aux débats que le projet se situe dans un quartier résidentiel composé de nombreuses maisons individuelles mais aussi de logements collectifs en zone UD du PLU, définie comme " un secteur d'extension récente du village. Les constructions sont individuelles ou de petits collectifs en ordre discontinu " et en sous-secteur UDa correspondant " à une zone hétérogène où la fonction d'habitat doit être revalorisée compte tenu de sa situation au sein du village ". Les lieux avoisinants ne présentent donc aucun caractère particulier. En tout état de cause, les deux bâtiments collectifs autorisés, en R+2, présentent une hauteur identique à celles de l'ensemble immobilier avoisinant et le projet prévoit une végétalisation importante puisque les arbres abattus seront remplacés par 12 arbres de tige basse et moyenne et les espaces verts représenteront 508,62 m² de surface. En délivrant le permis de construire en litige, le maire de la commune de Garons n'a donc pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD 12 du règlement du PLU, relatif au stationnement : " Le stationnement des véhicules qui correspondent aux besoins des constructions et installations doit être assurés en dehors des voies publiques ou privées, sur des emplacements prévus à cet effet. / 1) Stationnement des véhicules automobiles / Les emplacements de stationnement devront avoir des dimensions minimales de 2,80 x 5,00 mètres. () Les zones de manœuvre des aires de stationnement doivent être indépendantes des voies publiques. () 2) Stationnement des vélos / Dans le cas d'une nouvelle construction, il doit être réalisé un local dédié au stationnement sécurisés des vélos à raison : / - d'1m² par logement de type collectif () Ce local doit être clos et ajouré, facilement accessible et équipé d'arceaux ".
16. Il ressort du plan de masse et parking PC02 joint à la demande de permis de construire que les places de parking ont une longueur de 5 mètres. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les places de stationnement ne seraient pas accessibles au regard de la configuration des lieux. Par ailleurs, il ressort de ce plan ainsi que de la notice descriptive que 3 locaux à vélos de 13,86 m², de 6,10 m² et de 12,14 m² maçonnés et sécurisés par une porte métallique de couleur Anthracite RAL 7016 seront réalisés. Il suit de là que le moyen tiré de la violation de l'article UD 12 du règlement du PLU doit être écarté dans ses deux branches.
17. En sixième lieu, aux termes de l'article UD 14 du règlement du PLU, relatif au coefficient d'occupation du sol: " Le coefficient d'occupation du sol est fixé à 0,3. / Dans la zone UD et les secteurs Uda et UDb, la réalisation de programmes de logements comportant au moins 30% de logements aidés par l'Etat (tels que définis par la réglementation en vigueur) pourra bénéficier d'une majoration de COS qui ne pourra excéder 50%. () ".
18. M. C ne peut utilement faire valoir que le coefficient d'occupation des sols prévu par l'article UD 14 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas respecté par le projet autorisé dès lors que la loi du 24 mars 2014, dite loi " ALUR ", a supprimé toute référence au coefficient d'occupation des sols.
19. En septième lieu, aux termes de l'article R. 111-3 code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé où n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est susceptible, en raison de sa localisation, d'être exposé à des nuisances graves, dues notamment au bruit ". Selon l'article R. 111-1 du même code : " Les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ".
20. Il est constant que la commune de Garons dispose d'un PLU. Dès lors, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 111-3 du code de l'urbanisme.
21. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des prescriptions émises par BRL Exploitation et de l'article 77 du règlement sanitaire départemental du Gard ne pourront qu'être rejetés comme irrecevables, dès lors qu'ils ont été soulevés pour la première fois dans un mémoire en réplique enregistré le 21 juin 2022, soit plus de deux mois après la communication, le 24 septembre 2021, du premier mémoire en défense, après l'expiration du délai de cristallisation des moyens résultant de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Garons du 30 mars 2021 et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Garons et de la SAS Immo Concept, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n' y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C les sommes que la commune de Garons et la SAS Immo Concept demandent au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions que la commune de Garons et la SAS Immo Concept présentent au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Garons et à la SAS Immo Concept.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- Mme Bourjade, première conseillère,
- Mme Villemejeanne, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 septembre 2022.
La rapporteure,
A. D
Le président,
J. ANTOLINI
La greffière,
C. GILLET
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026