mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102931 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SACCHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 10 septembre 2021, 7 septembre 2022, 2 février, 7 avril et 9 juin 2023 et un mémoire récapitulatif enregistré le 13 juin 2023, le syndicat des copropriétaires de la résidence " Le temps des cerises ", représenté par Me Sacchet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2021 par lequel le maire d'Avignon s'est opposé aux travaux qu'il a déclarés en vue de la réalisation de la couverture de deux cages d'escalier, de la pose de trois pergolas, de panneaux solaires et de garde-corps de sécurité en toiture sur des bâtiments situés 58, avenue de Bonaventure, parcelles cadastrées section DS n°s 26 et 28 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Avignon le versement de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le maire d'Avignon ne pouvait lui opposer la non-conformité des bâtiments déjà construits vis-à-vis des permis de construire initiaux dès lors qu'il ne lui a pas adressé de mise en demeure dans les conditions prévues aux articles L. 462-2 et R. 462-9 du code de l'urbanisme ;
- le motif tiré de la méconnaissance par le projet de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est illégal compte tenu de ce qu'il n'est pas démontré qu'il présenterait un risque pour la sécurité publique.
Par des mémoires en défense enregistrés les 27 mars et 5 juin 2023, la commune d'Avignon, représentée par Me Maillot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- elle sollicite une substitution de motifs tirée de ce que :
* le projet est contraire aux dispositions des articles UB4, UB7, UB11, UB12 et UB13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
* le projet nécessitait le dépôt d'une demande de permis de construire dès lors qu'il implique la réalisation d'un bassin de rétention et de places de stationnement ;
* il est entaché d'une fraude puisqu'apparaissent sur les plans du dossier de déclaration préalable un bassin de rétention et des places de stationnement qui n'ont en réalité pas été aménagés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Thelcide pour le syndicat des copropriétaires de la résidence " Le temps des cerises ", ainsi que celles de Me Montessinos Brisset pour la commune d'Avignon.
Considérant ce qui suit :
1. Le 9 mars 2021, le syndicat des copropriétaires de la résidence " Le temps des cerises ", a déposé auprès de la commune d'Avignon une déclaration préalable de travaux portant sur la réalisation de la couverture de deux cages d'escalier, de la pose de trois pergolas, de panneaux solaires et de garde-corps de sécurité en toiture sur les bâtiments de cette résidence, située 58, avenue de Bonaventure, dont la construction avait été autorisée par permis de construire initiaux et modificatifs respectivement délivrés les 11 juin 2007 et 22 juin 2011 dont s'est trouvée titulaire la société civile de construction-vente (SCCV) " Au temps des cerises ". Par arrêté du 16 avril 2021, dont le syndicat requérant demande l'annulation, le maire d'Avignon s'est opposé à cette déclaration préalable. Le syndicat des copropriétaires de la résidence " Le temps des cerises " a, en outre, formé un recours gracieux contre cet arrêté le 19 mai 2021, qui a été rejeté par décision du 13 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour s'opposer à la déclaration préalable de travaux, le maire d'Avignon s'est fondé sur la circonstance qu'elle tendait à la réalisation de travaux sur un bâtiment existant irrégulièrement édifié et n'avait pas porté sur l'ensemble des éléments à régulariser de cette construction.
3. Lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. De même, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la SCCV " Au temps des cerises ", titulaire du permis modifié relatif aux bâtiments objets des travaux déclarés par le syndicat requérant, a fait l'objet d'une procédure de liquidation judiciaire à compter de novembre 2014, entraînant l'arrêt définitif du chantier et l'interruption des travaux. Il résulte du rapport de l'expert désigné par ordonnance de référé du tribunal de grande instance d'Avignon du 7 janvier 2015 afin de se prononcer sur l'étendue des travaux déjà réalisés, ceux restant à exécuter, les désordres affectant les bâtiments et l'imputabilité des coûts correspondants, rendu le 20 février 2020, qu'avaient été seulement été réalisés à cette date l'éclairage public extérieur, la totalité du gros œuvre et une partie du second œuvre, que des différents désordres affectaient les bâtiments et que des travaux restaient à exécuter pour la quasi-totalité des lots.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 462-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3 peut, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, procéder ou faire procéder à un récolement des travaux et, lorsque ceux-ci ne sont pas conformes au permis délivré ou à la déclaration préalable, mettre en demeure le maître de l'ouvrage de déposer un dossier modificatif ou de mettre les travaux en conformité. Un décret en Conseil d'Etat fixe les cas où le récolement est obligatoire. Passé ce délai, l'autorité compétente ne peut plus contester la conformité des travaux. () " Aux termes de l'article R. 462-6 du même code : " A compter de la date de réception en mairie de la déclaration d'achèvement, l'autorité compétente dispose d'un délai de trois mois pour contester la conformité des travaux au permis ou à la déclaration. Le délai de trois mois prévu à l'alinéa précédent est porté à cinq mois lorsqu'un récolement des travaux est obligatoire en application de l'article R. 462-7. " Selon l'article R. 462-7 du code de l'urbanisme : " Le récolement est obligatoire : () d) Lorsqu'il s'agit de travaux réalisés dans un secteur couvert par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou par un plan de prévention des risques technologiques établi en application du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques miniers établi en application du code minier. Toutefois, le récolement n'est pas obligatoire lorsque le plan de prévention n'impose pas d'autre règle que le respect de normes paracycloniques ou parasismiques ou l'obligation de réaliser une étude préalable permettant de déterminer l'aptitude du terrain à recevoir la construction compte tenu de la destination ou sous-destination de celle-ci. " Enfin, aux termes de l'article R. 462-9 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsqu'elle estime que les travaux ne sont pas conformes à l'autorisation, l'autorité compétente pour délivrer le permis ou prendre la décision sur la déclaration préalable met en demeure, dans le délai prévu à l'article R. 462-6, le maître de l'ouvrage de déposer un dossier modificatif ou de mettre les travaux en conformité avec l'autorisation accordée. Cette mise en demeure est notifiée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal. Elle rappelle les sanctions encourues. "
6. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 462-2, R. 462-6 et R. 462-7 du code de l'urbanisme qu'à compter de la date de réception en mairie de la déclaration signée par le bénéficiaire du permis de construire attestant l'achèvement et la conformité des travaux, l'autorité compétente dispose d'un délai de trois mois ou de cinq mois, selon l'obligation ou non de procéder à un récolement des travaux, pour contester la conformité des travaux au permis ou à la déclaration. Au-delà de ce délai, elle ne peut plus exiger du propriétaire qui envisage de faire de nouveaux travaux qu'il présente une demande de permis ou dépose une déclaration portant sur les éléments de la construction existante édifiés sans respecter le permis de construire précédemment obtenu ou la déclaration préalable précédemment déposée.
7. Il ressort des pièces du dossier que la déclaration attestant de l'achèvement et de la conformité des travaux au permis de construire tel que modifié dont elle bénéficiait a été adressé à la mairie d'Avignon par la SCCV " Au temps des cerises " le 17 juillet 2013. A cette date, le terrain d'assiette du projet était situé dans un secteur couvert par le plan de prévention des risques inondation (PPRI) de la commune d'Avignon approuvé le 20 janvier 2000, dont le règlement imposait d'autres règles que le respect de normes paracycloniques ou parasismiques ou l'obligation de réaliser une étude préalable permettant de déterminer l'aptitude du terrain à recevoir la construction compte tenu de la destination ou sous-destination de celle-ci. Ainsi, conformément aux dispositions précitées du d) de l'article R. 462-7, le constat de la conformité des travaux se trouvait ainsi obligatoirement soumis à récolement et, par conséquent, en application de l'article R. 462-6 précité, l'autorité administrative disposait d'un délai porté à cinq mois à compter de la date de sa réception pour s'opposer à la déclaration d'achèvement. Ce délai n'ayant pas expiré lorsque, par décision du 13 décembre 2013, le maire d'Avignon s'est opposé à la déclaration attestant de l'achèvement et de la conformité des travaux, le syndicat pétitionnaire ne peut pas se prévaloir de la conformité au permis tel que modifié des travaux qu'elle a déjà réalisés, la circonstance alléguée que cette opposition à la déclaration déposée n'aurait pas été suivie de la mise en demeure de régulariser la construction prévue par l'article L. 462-2 étant sans incidence à cet égard.
8. Il résulte de ce qui vient d'être dit que, dès lors que la déclaration préalable concernait la réalisation de nouveaux travaux sur des bâtiments existants édifiés irrégulièrement sans porter sur l'ensemble des éléments à régulariser, le maire d'Avignon a pu, à bon droit s'y opposer par l'arrêté en litige. Il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même décision d'opposition s'il s'était fondé sur ce seul motif. Les conclusions du syndicat requérant tendant à son annulation ne peuvent, par suite, qu'être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur les moyens invoqués contre les autres motifs qu'elle énonce.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune d'Avignon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme que ce soit au titre des frais non compris dans les dépens exposés par le syndicat requérant dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, en application de ces dispositions, de mettre à sa charge la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune d'Avignon et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la résidence " Le temps des cerises " est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des copropriétaires de la résidence " Le temps des cerises " versera à la commune d'Avignon une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à commune d'Avignon et au syndicat des copropriétaires de la résidence " Le temps des cerises ".
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023 où siégeaient :
- M. Roux, président,
- M. Chevillard, premier conseiller,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 septembre 2023.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
G. ROUXLa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026