mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103059 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | OOSTERLYNCK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 septembre 2021 et le 30 août 2022, M. F B et M. G H, représentés par la SELARL Cabinet Sébastien Plunian, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 août 2021 par lequel le maire de la commune de Carpentras a délivré un permis de construire à la SAS Sud Alliance Promotion ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Carpentras et de la SAS Sud Alliance Promotion le versement de la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable dès lors qu'ils ont intérêt à agir en leur qualité de voisins immédiats du projet qui va affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur habitation ;
- la décision est entachée d'incompétence en l'absence de délégation suffisamment précise et régulièrement publiée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas de plan de division ;
- elle viole les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme en l'absence d'indication des modalités selon lesquelles les constructions seront raccordées aux réseaux ;
- le dossier de demande de permis de construire ne contient pas l'étude d'impact ou n'a pas été soumis à la procédure d'examen au cas par cas de l'autorité environnementale, en méconnaissance de l'article R. 423-55 du code de l'environnement ;
- il n'a pas été soumis à enquête publique ou à une participation du public par voie électronique en violation des dispositions de l'article R. 423-57 du code de l'urbanisme ;
- la décision méconnait l'article 7 de la charte de l'environnement, en l'absence de participation ou de consultation du public ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- elle viole les dispositions de l'article UD 4 du règlement du PLU ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article UD 5 du règlement du PLU ;
- elle viole les dispositions de l'article UD 12 du règlement du PLU.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2022, la SAS Sud Alliance Promotion, représentée par la SCP Penard, Oosterlynck, Beveraggi, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de MM. B et H en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérants ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par MM. B et H ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la commune de Carpentras qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte de l'environnement ;
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Carpentras ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Bahaj, rapporteure publique,
- et les observations de Me Plunian, représentant MM. B et H.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 3 août 2021, le maire de la commune de Carpentras a délivré à la SAS Sud Alliance Promotion un permis de construire valant division et démolition d'un abri existant pour réaliser six maisons individuelles avec garage attenant pour une surface de plancher de 705,30 m², sur un terrain situé rue de l'aqueduc, cadastré section BV numéros de parcelle 607, 663 et 665, en zone UD du plan local d'urbanisme de la commune. MM. B et H demandent l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, l'arrêté du 3 août 2021 a été signé, pour le maire de la commune de Carpentras, par M. A D, adjoint au maire, qui disposait, selon un arrêté n° 2020-DCA-A-948 du 23 juillet 2020, d'une délégation à l'effet de signer les autorisations d'urbanisme et en particulier les permis de construire. Cet arrêté a été reçu au service du contrôle de légalité le même jour. Par une attestation du 7 septembre 2022 faisant foi jusqu'à preuve du contraire, le maire de la commune a certifié que les formalités de publicité avaient été accomplies. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; () ". L'article R. 431-7 du même code prévoit que " Sont joints à la demande de permis de construire : () b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Aux termes de l'article R. 431-9 du code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. () Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics () ". L'article R. 431-24 du code dispose : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés. ".
4. La circonstance que le dossier d'une demande de permis de construire serait incomplet ou que des pièces seraient insuffisantes, imprécises ou inexactes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire accordé que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation.
5. Il ressort du plan de masse joint à la demande de permis de construire déposée par la SAS Sud Alliance Promotion qu'un boîtier de branchement sera installé pour l'assainissement en limite du domaine public. Si ce plan ne matérialise pas les modalités de raccordement des constructions en litige au réseau d'eau potable, il ressort des pièces du dossier que le point 2. c. " Aménagements extérieurs " de la notice descriptive précise que " Les réseaux (eau potable, électricité, télécom et eaux usées) sont situées au Sud, sur le chemin de l'Aqueduc " et qu'était notamment annexé au dossier de la demande l'avis favorable avec réserves du 2 juillet 2021 du service Voirie et Travaux neufs de la commune. Ces documents permettaient au service instructeur d'apprécier l'état des dessertes par les réseaux ainsi que la possibilité de s'y raccorder. Dans ces conditions, la circonstance que le plan de masse ne précise pas le tracé des réseaux publics devant desservir la construction n'a pas été de nature à empêcher l'autorité administrative d'apprécier en toute connaissance de cause la situation des constructions projetées au regard des équipements publics devant la desservir, étant précisé que le maire a assorti l'arrêté attaqué d'une prescription figurant à son article 2 relative à l'eau potable et à l'assainissement indiquant que " La construction devra obligatoirement être raccordée aux réseaux publics d'eau potable et d'assainissement selon les normes données par les services gestionnaires. / Les réseaux publics d'eau potable et d'assainissement ne sont pas existants au droit de l'accès au projet d'aménagement. Une extension devra être réalisée en terrain privé, après compteur et aux frais du particulier pour desservir la parcelle sous réserve de l'obtention de l'ensemble des autorisations de passage sur le chemin d'accès. Les compteurs d'eau seront positionnés en limite du chemin de l'Aqueduc. Les eaux usées devront s'évacuer par des canalisations souterraines raccordées au réseau public d'assainissement. / Ces autorisations devront impérativement être fournies lors de la demande de raccordement. ". Il suit de là que, contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, le service instructeur s'est prononcé en ayant connaissance de l'ensemble des éléments relatifs à la desserte par les réseaux d'eau potable et d'assainissement.
6. Par ailleurs, le dossier de demande de permis de construire comporte un plan de division, PC32, ainsi que le projet de statuts de l'association syndicale libre. Par ailleurs, la notice de présentation indique que " Chaque lot sera divisé avant l'achèvement des travaux ". Les requérants ne sont dès lors pas fondés à soutenir que le plan de division ne figurait pas au dossier.
7. D'autre part, aux termes de l'article R. 423-55 du code de l'environnement : " Lorsque le projet est soumis à étude d'impact, l'autorité compétente recueille l'avis de l'autorité environnementale en vertu de l'article L. 122-1 du code de l'environnement si cet avis n'a pas été émis dans le cadre d'une autre procédure portant sur le même projet. ". Le II de l'article L. 122-1 de ce code dispose : " II.-Les projets qui, par leur nature, leur dimension ou leur localisation, sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine font l'objet d'une évaluation environnementale en fonction de critères et de seuils définis par voie réglementaire et, pour certains d'entre eux, après un examen au cas par cas. / Pour la fixation de ces critères et seuils et pour la détermination des projets relevant d'un examen au cas par cas, il est tenu compte des données mentionnées à l'annexe III de la directive 2011/92/ UE modifiée du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement. () ". Aux termes de l'article R. 122-2 du même code : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. () ".
8. Le projet en litige qui prévoit la démolition d'un abri et la construction de 6 villas avec garage ne rentre dans aucune des rubriques énumérées au tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement. Par suite, à supposer même que le terrain d'assiette du projet constitue une zone de chasse de deux espèces spécifiques de chauves-souris inscrites à l'annexe II de la directive Habitats-Faune-Flore, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la demande de permis de construire devait comporter une étude d'impact.
9. Le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de la demande de permis de construire doit donc être écarté dans toutes ses branches.
10. En troisième lieu, et, d'une part, l'article R. 423-57 du code de l'urbanisme dispose : " Sous réserve des dispositions prévues aux quatrième et cinquième alinéas de l'article L. 300-2 et au 1° du I de l'article L. 123-2 du code de l'environnement, lorsque le projet est soumis à enquête publique en application de l'article R. 123-1 du code de l'environnement, ou lorsque le projet est soumis à participation du public par voie électronique au titre de l'article L. 123-19 du code de l'environnement, celle-ci est organisée par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale lorsque le permis est délivré au nom de la commune () / () Lorsque le projet relève de l'article L. 123-19 du code de l'environnement, l'autorité compétente rend sa décision dans un délai permettant la prise en considération des observations et propositions du public. Ce délai ne peut être inférieur à quatre jours à compter de la clôture de la procédure de participation du public. () ". D'autre part, aux termes de l'article 7 de la charte de l'environnement : " Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement. ".
11. Lorsque des dispositions législatives ont été prises pour assurer la mise en œuvre du principe de participation énoncé à l'article 7 de la Charte de l'environnement, la légalité d'une décision administrative s'apprécie par rapport aux dispositions législatives prises pour l'application de ce principe. Par suite, un requérant n'est pas fondé à se prévaloir, pour soutenir que le principe de participation aurait été méconnu à l'occasion de l'enquête publique, d'un moyen fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article 7 de la Charte de l'environnement.
12. S'agissant de la procédure d'enquête publique, la mise en œuvre du principe de participation énoncé par l'article 7 de la Charte de l'environnement est assurée par les dispositions de l'article L. 123-2 du code de l'environnement : " I. - Font l'objet d'une enquête publique soumise aux prescriptions du présent chapitre préalablement à leur autorisation, leur approbation ou leur adoption : / 1° Les projets de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements exécutés par des personnes publiques ou privées devant comporter une évaluation environnementale en application de l'article L. 122-1 à l'exception : () - des demandes de permis de construire et de permis d'aménager portant sur des projets de travaux, de construction ou d'aménagement donnant lieu à la réalisation d'une évaluation environnementale après un examen au cas par cas effectué par l'autorité environnementale. Les dossiers de demande pour ces permis font l'objet d'une procédure de participation du public par voie électronique selon les modalités prévues à l'article L. 123-19 ; () ". En application de ces articles, la composition du dossier d'enquête publique est régie par les dispositions de l'article R. 123-8 du code de l'environnement. Par suite, et eu égard au principe rappelé au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 de la Charte de l'environnement doit être écarté comme inopérant.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article UD 3 du règlement du PLU relatif aux accès et voirie : " Accès / pour être constructible, un terrain doit être desservi par un accès adapté à l'importance des opérations d'aménagement ou des constructions envisagées et aménagés de façon à ne pas présenter de risques pour la sécurité des usagers et à apporter la moindre gêne à la circulation publique. / Voirie / Les voiries doivent avoir des caractéristiques adaptées à l'approche du matériel de lutte contre l'incendie. / Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent et aux opérations qu'elles doivent desservir. / En particulier, l'obtention du permis de construire est subordonnée à une desserte d'une emprise minimum de : / - 7,50 m pour les immeubles destinés à l'habitation collective, pour les lotissements, ainsi que pour les bâtiments dédiés au commerce ou à l'activité dépassant 300 m² de SHON, / - 5,00 m pour les autres constructions. () ".
14. Il ressort de la notice descriptive du projet figurant au dossier de demande de permis de construire que : " Chaque lot sera divisé avant l'achèvement des travaux et se verra attribué un nouveau numéro de section ". Le projet est litige concerne ainsi, non un lotissement comme le soutiennent les requérants, mais un permis de construire valant division. Il suit de là que la voie de desserte du projet de création de 6 logements doit présenter une largeur minimale de 5 mètres. Il ressort par ailleurs de la notice descriptive que " L'accès au terrain se fait depuis un chemin privé, de 5 m de large. " cadastré section BV parcelles n° 38 et 39 à partir du chemin de l'aqueduc. Il ressort de l'avis favorable émis par le service départemental d'incendie et de secours de Vaucluse le 10 mai 2021 que la desserte du projet est suffisante dès lors que " Le lotissement est accessible par le chemin de l'aqueduc, voie de desserte de 5 m de large d'emprise puis un chemin privé qui dessert chaque lot. ". Le procès-verbal de constat du 15 septembre 2021 établi par un huissier de justice produit par les requérants n'est pas de nature à remettre en cause les indications déclarées sur la largeur de la voie figurant dans cet avis dès lors que le procès-verbal ne précise pas les endroits des relevés des mesures, et notamment si les mesures ont été effectuées sur le chemin privé entre les parcelles cadastrées section BV n° 36 et 58, l'entrée du projet étant situé après cette dernière parcelle. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
15. En cinquième lieu, l'article UD 4 du règlement du PLU relatif à la desserte par les réseaux dispose que " Eau / a/ Eau potable (Toute construction à usage d'habitations ou d'activités doit être raccordée au réseau public d'eau potable () Eaux usées / Pour être constructible, tout terrain doit être raccordé au réseau collectif d'assainissement. / Toutefois, dans les secteurs Uda et Udb, à défaut de réseau public : / L'évacuation des eaux usées par un dispositif de traitement non collectif des rejets pourra être autorisée () ".
16. Il résulte de ce qui a été indiqué au point 5 que le projet est raccordable aux réseaux de distribution d'eau potable et d'assainissement, étant précisé que le permis de construire est assorti d'une prescription reprenant une préconisation contenue dans l'avis favorable émis par le service départemental d'incendie et de secours relative au raccordement aux réseaux. Compte tenu de ces éléments, le permis de construire ne méconnaît pas les dispositions de l'article UD 4 du règlement du PLU.
17. En sixième lieu, aux termes de l'article UD 5 du règlement du PLU relatif aux espaces libres et plantations : " () Les plantations de haute tige existantes seront maintenues ou remplacées en nombre équivalent et d'essence traditionnelle locale. () ".
18. La notice descriptive complémentaire jointe à la demande de permis de construire indique : " * Plantations / Actuellement, le terrain du projet est recouvert de chênes non entretenus (42 arbres). / Certains sont secs. Les arbres restants qui ne sont pas dans l'emprise des villas seront conservés. Les arbres situés dans l'emprise des maisons seront replantés dans les lots. / Des arbres, type micocouliers et tilleuls, seront plantés (ht : 1,50m) au droit des stationnements et dans le bassin d'infiltration. / La végétation aux abords de l'Aqueduc ne sera pas modifiée. Une bande verte et clôturée créée au Sud des lots 5 et 6, le long du mur de l'Aqueduc. ". Il ressort par ailleurs du plan de masse des constructions à démolir que le terrain d'assiette est planté de 42 arbres de haute tige. Il ressort enfin du plan de masse de l'état futur que l'ensemble des arbres coupés seront replantés. Si les requérants prétendent que 115 arbres seront abattus et 94 seront plantés, ils ne l'établissent par aucune des pièces qu'ils produisent. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 5 du règlement du PLU.
19. En dernier lieu, aux termes de l'article UD 12 du règlement du PLU relatif au stationnement des véhicules : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques ou privées. () Les besoins a minima à prendre en compte sont : 1. Pour toute opération de construction neuve : / Logement : / 1 place de stationnement par logement, plus 1 place supplémentaire par tranche de 50m² de surface de plancher y compris la tranche de 0 à 50 m². () ".
20. Le projet qui a pour objet la réalisation de 6 logements d'une surface de plancher comprise entre 115 et 120 m² nécessite ainsi la réalisation de 18 places de stationnement. Il ressort du formulaire Cerfa de demande de permis de construire valant division que 18 places de parking sont prévues. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, ces places de stationnement ne sont pas " virtuelles " et sont matérialisées sur le plan de masse de l'état futur. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article UD 12 du règlement du PLU doit être écarté.
21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que MM. B et H ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 3 août 2021. Il y a lieu en conséquence, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, de rejeter leur requête.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Carpentras, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par MM. B et H au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SAS SUD Alliance Promotion présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de MM. B et H est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la SAS Sud Alliance Promotion présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et M. G H, à la commune de Carpentras et à la SAS Sud Alliance Promotion.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- M. C, magistrat honoraire,
- Mme Bourjade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
A. E
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026