mardi 2 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103646 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DUCROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2021, M. B A, représenté par la SCP Lemoine Clabeaut, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2021 par lequel le maire d'Aigues-Mortes a délivré un permis de construire à la SCI Franclau ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aigues-Mortes la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des exigences de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article Ub7 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).
Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2023, la commune d'Aigues-Mortes, représentée par Me Ducroux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 6 décembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête au regard des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 6 décembre 2023, M. A a présenté des observations en réponse à cette communication.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Lorion pour le requérant et celles de Me Ducroux pour la commune d'Aigues-Mortes.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 26 août 2021 dont M. A demande l'annulation, le maire d'Aigues-Mortes a délivré à la SCI Franclau un permis de construire portant sur le remplacement d'une piscine, la création d'un abri-piscine avec pose d'une pergola et aménagements extérieurs sur un terrain situé 12, rue du Vistre, parcelle cadastrée section AN n° 68, classée en zone Ub1 du PLU.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme dispose que : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 () " En application de l'article R. 431-7 de ce code : " Sont joints à la demande de permis de construire : () b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. " Enfin, l'article R. 431-10 du même code dispose que : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".
3. Contrairement à ce qui est soutenu, figure au sein du dossier de demande de permis de construire un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme.
4. En second lieu, l'article Ub7 du règlement du PLU dispose que : " Toute construction doit être édifiée, pour tous ses niveaux en façade sur rue, d'une limite latérale à l'autre sur une profondeur maximale de 13 mètres. Au-delà de cette profondeur, une construction peut être édifiée : - soit en limite séparative, sous réserve qu'elle ne dépasse pas un rez-de-chaussée et que la couverture de cette construction ne puisse servir de terrasse ; - soit de telle manière que la distance horizontale de tout point du bâtiment à édifier au point le plus proche de la limite séparative soit au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 4 mètres. () "
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'abri-piscine projeté sera implanté en recul de 6,66 mètres par rapport à la limite séparant la propriété de la voie publique constituée par la rue du Vistre et ne comportera ainsi aucune façade sur rue au sens des dispositions de l'article Ub7. Il n'était donc pas tenu d'être édifié d'une limite latérale à l'autre. D'autre part, si une partie de cet abri sera implantée au-delà de la profondeur de 13 mètres, cette construction en rez-de-chaussée, recouverte d'une toiture en tuiles ne pouvant servir de terrasse, sera implantée en limite séparative nord, conformément aux conditions fixées par l'article Ub7. Le moyen tiré de la violation des dispositions précitées de l'article Ub7 doit, par voie de conséquence, être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune d'Aigues-Mortes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme que ce soit au titre des frais non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du requérant la somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Aigues-Mortes sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera la somme de 1 500 euros à la commune d'Aigues-Mortes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune d'Aigues-Mortes et à la SCI Franclau.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023 où siégeaient :
- M. Roux, président,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 janvier 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
G. ROUXLa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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