mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103720 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2021 et un mémoire enregistré le 20 décembre 2021, la société Safpel, représentée par la SELARL Blanc-Tardivel-Bocognano, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le maire de Nîmes a retiré le permis d'aménager tacite qui lui avait été délivré ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il appartiendra à la commune de démontrer que le signataire de la décision attaquée bénéficiait d'une délégation de signature régulière et publiée ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles R. 111-4 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- à défaut de notification de cet arrêté avant l'expiration du délai d'instruction, elle était titulaire d'un permis d'aménager tacite que la décision attaquée a eu pour effet de retirer ; il convenait donc de faire précéder ce retrait d'une procédure contradictoire ;
La commune de Nîmes a produit des pièces le 11 février 2022.
Par un mémoire en intervention enregistré le 5 avril 2022, Mme C et M. A E et Mme B et M. D F, représentés par Me Audouin, concluent au rejet de la requête ou, en tout état de cause, à l'annulation du permis d'aménager délivré à la société Safpel.
Ils soutiennent que :
- en tant que voisins immédiats du projet, M. et Mme F ont sollicité l'annulation du permis d'aménager tacite délivré à la société Safpel dans une requête n° 2103461 et M. et Mme E dans une requête n° 2103468 ;
- l'arrêté du maire de Nîmes du 10 septembre 2021 procédant au retrait du permis d'aménager délivré à la société Safpel sera annulé dans la présente instance, ce qui implique que le permis d'aménager va de nouveau entrer en vigueur, ils ont donc intérêt à intervenir pour demander que ce permis soit annulé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar, rapporteure,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault, représentant la société Safpel, celles de Me Coelo, représentant la commune de Nîmes, et celles de Me Audouin, représentant les consorts E et F.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 mai 2021, la société Safpel a déposé une demande de permis d'aménager auprès de la commune de Nîmes pour la création de cinq lots sur un terrain situé 61, rue Ménard. En l'absence de notification d'une décision de rejet pendant le délai d'instruction de cette demande, un permis d'aménager tacite a été délivré à la société Safpel, puis retiré par un arrêté du 10 septembre 2021 du maire de Nîmes. La société Sapfel demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'intervention des consorts F et E :
2. La commune de Nîmes, défendeur à qui la requête a été communiquée, n'a pas présenté de mémoire tendant à son rejet. Par suite, l'intervention de M. et Mme F et de M. et Mme E, tendant au rejet de la requête, n'est pas recevable
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme, " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () b) b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite. () ". En application de l'article R. 423-23 de ce code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / () c) Trois mois () pour les demandes de permis d'aménager ". L'article R. 423-24 du code de l'urbanisme dispose que : " Le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois : () c) Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques () ". Enfin, l'article R. 424-3 de ce code dispose que : " Par exception au b de l'article R*424-1, le défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet lorsque la décision est soumise à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France et que celui-ci a notifié, dans les délais mentionnés aux articles R. * 423-59 et R. * 423-67, un avis défavorable ou un avis favorable assorti de prescriptions. () ".
4. La société SAFPEL a déposé, le 11 mai 2021, une demande de permis d'aménager. La commune de Nîmes lui a indiqué, par courrier du 4 juin 2021, que le délai d'instruction de cette demande serait de quatre mois en application du c) de l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme, et que ce délai d'instruction expirerait au 11 septembre 2021. Par ailleurs, il est constant que l'architecte des bâtiments de France qui a été consulté par la commune de Nîmes a rendu un avis du 5 juillet 2021, duquel il résulte que cet avis était seulement facultatif compte tenu de ce que le projet n'était pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique. Il s'ensuit que ce projet n'avait pas à être soumis à l'accord de l'architecte des bâtiments de France et n'entrait donc pas dans le champ de l'exception de l'article R. 424-3 précité du code de l'urbanisme. Un permis tacite est ainsi né le 11 septembre 2021, à l'issue de l'expiration du délai d'instruction mentionné dans le courrier du 4 juin 2021. Si le refus de permis d'aménager litigieux est daté du 10 septembre 2021, il est constant qu'il n'a été notifié à la société requérante que le 13 septembre 2021, après l'expiration du délai réglementaire d'instruction de son dossier. L'arrêté du 10 septembre 2021 refusant de délivrer le permis d'aménager doit ainsi être regardé comme retirant le permis tacite dont la société requérante était bénéficiaire.
5. Aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ".
6. Une décision portant retrait d'un permis d'aménager tacite est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de ce code. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative compétente pour adopter une décision individuelle entrant dans leur champ de mettre la personne intéressée en mesure de présenter ses observations préalables. Dans l'hypothèse où un maire envisage de retirer un permis d'aménager tacite, il doit le faire dans le respect de la procédure prévue par les dispositions précitées.
7. Par ailleurs, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, constitue une garantie pour le bénéficiaire d'un permis d'aménager que le maire envisage de retirer. La décision de retrait prise par le maire est ainsi illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le bénéficiaire du permis a été effectivement privé de cette garantie.
8. La décision en litige est soumise à une obligation de motivation. Or, la société requérante soutient sans être contredite que cette décision n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire puisqu'elle n'a pas préalablement été invitée à présenter ses observations. Elle est dès lors fondée à soutenir que cette irrégularité dans la procédure d'instruction, qui l'a effectivement privée d'une garantie, a constitué un vice de nature à entacher d'illégalité l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable doit être accueilli.
9. En application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens de la requête, qui ne sont pas dirigés contre le retrait du permis d'aménager tacite dont disposait la société requérante, mais contre la décision par laquelle le maire de Nîmes entendait rejeter la demande de permis d'aménager de la société Safpel, ne sont pas susceptibles de fonder l'annulation de la décision attaquée.
10. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le maire de Nîmes a retiré le permis d'aménager tacite dont bénéficiait la société Safpel doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Nîmes une somme de 1 200 euros à verser à la société Safpel au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : L'intervention de M. et Mme F et M. et Mme E n'est pas admise.
Article 2 : L'arrêté du 10 septembre 2021 du maire de Nîmes est annulé.
Article 3 : La commune de Nîmes versera à la société Safpel une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Safpel, à la commune de Nîmes, à Mme B et M. D F et à Mme C et M. A E.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
La rapporteure,
L. Lahmar
Le président,
J. AntoliniLa greffière,
A. Olszewski
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026