mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2103836 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP BROQUERE-DANTHEZ -DE CLERCQ BROQUERE-COMTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2021 et des mémoires enregistrés les 2 décembre 2021, 6 décembre 2021, 5 avril 2022, 11 avril 2022, 27 mai 2022, 30 mai 2022, 12 juillet 2022, 8 octobre 2022 et un mémoire récapitulatif enregistré le 16 mars 2023, Mme D et M. C B demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er juin 2021 par lequel le maire de Nîmes a délivré à la société Odyssée Promotion un permis de construire un ensemble collectif de 13 logements sur un terrain situé 157, rue Paul Nicolas, cadastré section AC, parcelle n° 42.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et insuffisant ;
- les articles VUB 9 et VUB 10 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) sont incompatibles avec l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Intensification urbaine ", et les articles VUB 11 et VUB 13 sont incompatibles avec l'OAP " Nature en ville " ; le projet est incompatible avec ces deux OAP ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles VUB 13, VUB 12, VUB 4, VUB 3, VUB 11, VUB 10 et VUB 7 du règlement du PLU ;
- le réseau public d'eau potable sera insuffisant pour desservir les logements projetés ;
- le projet va porter atteinte à la préservation de l'écureuil roux, espèce protégée ;
- l'accès au chantier ne pourra se faire sans empiéter sur le domaine public, et la grue qui y est installée n'est plus utilisée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 novembre 2021, 13 avril 2022, 27 septembre 2022 et un mémoire récapitulatif enregistré le 17 mars 2023, la société Odyssée Promotion, représentée par AKCIO B.D.C.C avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 200 euros soit mise à la charge solidaire des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la requête est tardive et, par suite, irrecevable ;
- la requête est dépourvue de motivation au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, et donc irrecevable ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2022, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 15 janvier 2007 portant application du décret n° 2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l'accessibilité de la voirie et des espaces publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de M. E pour la commune de Nîmes, et celles de Me Demougin pour la société Odyssée Promotion.
Une note en délibéré présentée pour la société Odyssée promotion a été enregistrée le 31 mai 2023.
Une note en délibéré présentée pour la commune de Nîmes a été enregistrée le 2 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er juin 2021, le maire de Nîmes a délivré à la société Odyssée Promotion un permis de construire un ensemble collectif de 13 logements sur un terrain situé 157, rue Paul Nicolas, cadastré section AC, parcelle n° 42, en zone VUB du PLU. M. et Mme B, voisins immédiats du projet, ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté le 16 juillet 2021, lequel a été rejeté implicitement. Ils demandent l'annulation de l'arrêté du 1er juin 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la tardiveté de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont formé, par courrier réceptionné le 16 juillet 2021, un recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 1er juin 2021, qui a donc eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux ouvert contre celui-ci. La commune de Nîmes n'a accusé réception de ce recours gracieux que le 20 septembre 2021, et a indiqué qu'en l'absence de réponse dans un délai de deux mois suivant cette date, le recours gracieux devait être regardé comme implicitement rejeté. Par conséquent, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 4 novembre 2021 a été formée dans le délai de recours contentieux, et n'est pas tardive. La fin de non-recevoir opposée sur ce point doit être écartée.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut de motivation de la requête :
4. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. () ".
5. Contrairement à ce que fait valoir la société Odyssée promotion en défense, les écritures des consorts B font état d'arguments juridiques tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er juin 2021. Elle contient donc bien l'exposé des moyens requis par les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, et la fin de non-recevoir opposée sur ce point doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 () ". Selon l'article R. 431-7 de ce code : " Sont joints à la demande de permis de construire : () b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. " L'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer () " L'article R. 431-9 du même code dispose que : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () " Enfin, en application de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur () "
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. Il ressort des pièces du dossier que la notice jointe à la demande de permis de construire déposée par la société Odyssée Promotion indique, s'agissant de la végétation, que le terrain d'assiette du projet dans son état existant comporte 3 arbres et des arbustes, et que la réalisation du projet impliquera d'abattre un de ces arbres et d'en planter deux nouveaux, de telle sorte qu'il comptera 4 arbres, des arbustes, et la haie existante qui est maintenue, cette configuration étant modélisée dans la pièce PC6P-2. La haie est donc bien visée, sans qu'il soit nécessaire de détailler les espèces la composant. De la même manière, si les requérants font valoir que plusieurs arbres de haute taille n'ont pas été mentionnés dans la notice, ils ne précisent pas de quels arbres ils s'agiraient et ils n'établissent pas davantage qu'une telle omission aurait été de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur sur la demande. La notice comporte plus globalement les informations relatives à l'état initial du terrain, à savoir la végétation et la construction existante qui sera démolie, et celles relatives aux partis retenus pour assurer l'insertion du projet, à savoir les indications relatives à la modification des accès et de l'implantation du bâtiment, et relatives au traitement des espaces libres. Par ailleurs, M. et Mme B font valoir que le plan de masse joint à la demande est insuffisant en ce qu'il ne mentionne ni la surface et l'emprise du rez-de-chaussée, ni les plantations maintenues, supprimées ou créées. Toutefois, les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme n'imposent pas que le plan de masse énonce la surface et l'emprise des constructions. De la même manière, si le plan de masse du rez-de-chaussée, soit la pièce PC5P-2, ne fait pas apparaître l'ensemble des éléments de végétation prévus par le projet, cette insuffisance est compensée par la pièce PC6P-2 qui les modélise bien. Enfin, les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que n'ont pas été joints de plans des coupes Nord-Sud et Est-Ouest faisant apparaître le rez-de-chaussée, ni de plans des façades Nord, Ouest et Est. Cependant, dès lors que figurent au dossier la pièce PC3 qui est un plan de coupe faisant apparaître le rez-de-chaussée, la pièce PC5 qui est un plan de la façade Sud et la pièce PC6P qui modélise les façades Est et Ouest du bâtiment projeté, le service instructeur disposait de suffisamment d'informations pour apprécier le projet. Le moyen tiré de l'incomplétude et de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire doit donc être écarté en toutes ses branches.
9. En deuxième lieu, les requérants font valoir que, d'une part, les dispositions des articles VUB 9 et VUB 10 du règlement du PLU sont incompatibles avec l'orientation d'aménagement de programmation " Intensification urbaine " et que les dispositions des articles VUB 11 et VUB13 sont incompatibles avec l'OAP " Nature en ville " et d'autre part que le projet est incompatible avec ces deux orientations.
10. Cependant, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose un rapport de compatibilité entre les dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme et les orientations d'aménagement et de programmation définies par ce plan. Les branches du moyen tirées de l'incompatibilité des articles VUB 9, VUB 10, VUB 11 et VUB 13 du règlement du PLU avec les OAP sont donc inopérantes. Par ailleurs, l'OAP " Intensification urbaine " du PLU vise à favoriser une intensification urbaine de qualité, essentiellement sous forme de renouvellement urbain. A ce titre, elle identifie des secteurs, parmi lesquels figure celui dans lequel sera implanté le projet, présentant un fort potentiel de renouvellement urbain dans le cadre de la création d'une continuité urbaine homogène. Les requérants se bornent à faire valoir que les dispositions du règlement du PLU applicables à la zone VUB, dès lors qu'elles sont différentes de celles du règlement du PLU applicables à d'autres zones identifiées comme faisant partie des secteurs présentant un fort potentiel de renouvellement urbain, ne permettent pas une continuité urbaine homogène. Dans ces conditions, ils n'établissent pas en quoi le projet lui-même serait incompatible avec l'OAP " Intensification urbaine ", alors même qu'il conduit précisément à remplir un objectif de densification et de renouvellement urbain en construisant un ensemble collectif de 13 logements en lieu et place d'une unique maison d'habitation. Enfin, l'OAP " Nature en ville " fixe des objectifs tendant à conserver et renforcer la présence du végétal dans les espaces publics et privés, en particulier au sein de trois axes directeurs prioritaires. Sur ce point, les requérants soutiennent que le projet ne permet pas d'amélioration de l'état existant dès lors que le terrain d'assiette du projet comptait déjà 4 arbres, dont un qui n'a pas été mentionné dans les plans. Cependant, ainsi qu'il l'a été dit précédemment, ils n'apportent pas de précision sur cet arbre et ne permettent pas de l'identifier. De la même manière, les arguments tenant à ce que trois arbres ont été abattus et non un seul comme l'indiquait la demande de permis de construire, et à ce que deux nouveaux arbres ne pourront être plantés compte tenu de la faible surface qui demeurera libre de toute construction sont relatifs à l'exécution du permis et ne peuvent être utilement invoqués. Le moyen doit donc être écarté.
11. En troisième lieu, l'article VUB 13 du règlement du PLU de Nîmes dispose que : " 1. ESPACES LIBRES () Les espaces libres doivent être traités en espaces verts de pleine terre. () Tout arbre de haute tige abattu doit être remplacé par la plantation d'arbres d'essence équivalente. () 3. BASSINS DE RETENTION () Les abords seront plantés d'arbres de haute tige, d'essence méditerranéenne, à raison d'un arbre pour 100 m² (cent mètres carrés) d'espaces aménagés y compris la surface du bassin, en privilégiant des essences non allergènes ".
12. D'une part, les requérants font valoir que les deux arbres déjà plantés sur le terrain d'assiette du projet ne pourront être maintenus, compte tenu du faible espace libre qui demeurera, et de ce que l'arrêté attaqué prévoyait la conservation de la haie côté rue alors qu'une partie de celle-ci a déjà été supprimée. Cependant, ces arguments sont relatifs à l'exécution du permis de construire litigieux et ne peuvent être utilement invoqués pour contester sa légalité. Par ailleurs, les requérants soutiennent que certains des arbres existants sur le terrain d'assiette n'ont pas été mentionnés dans le dossier de demande en se prévalant sur ce point de deux constats d'huissier, l'un établi le 30 novembre 2021 à la demande du pétitionnaire, et l'autre établi à leur demande le 15 juillet 2021. Toutefois les photographies jointes au premier de ces procès-verbaux ne permettent pas d'identifier clairement les arbres qui n'auraient pas été mentionnés et le second procès-verbal constate quant à lui qu'un amandier est planté dans la continuité de la haie existante côté Nord du terrain d'assiette du projet. Il n'est en revanche pas démontré que cet arbre ne ferait pas partie de ceux identifiés dans les plans du dossier de la demande de permis de construire, lesquels font bien apparaître un arbre planté du côté de la haie existante côté Nord. De la même manière, il a été dit au point 8 que le fait que les quatre arbres que doit comptabiliser le terrain d'assiette suite à la réalisation du projet n'apparaissent pas sur certains plans du dossier de la demande est compensé par leur modélisation dans la pièce PC6P-2. En outre, si les requérants soutiennent que les espaces libres ne seront pas plantés en espace de pleine terre mais revêtus pour partie de dalles, ce n'est pas établi par les pièces du dossier qui font seulement apparaître que des dalles seront installées sur les terrasses des appartements projetés et qui représentent au contraire les espaces libres comme plantés de pelouse et d'arbres. De plus, dès lors que le projet prévoit d'abattre un des arbres existants et d'en planter deux nouveaux, l'obligation définie par les dispositions précitées de l'article VUB 13 de remplacer tout arbre abattu par la plantation d'arbres d'essence équivalente n'est pas méconnue. Enfin, s'il apparaît que la haie côté Nord du terrain d'assiette du projet sera maintenue, mais pas les arbustes qui étaient implantés dans sa continuité, cette circonstance n'entraîne pas la méconnaissance des prescriptions du permis de construire litigieux, qui imposent seulement sur ce point de " conserver un maximum de végétation arbustive et arborée côté Nord ". Le moyen tiré de la violation de l'article VUB 13 du règlement du PLU en ce qui concerne les espaces libres doit donc être écarté.
13. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'aménagement de deux bassins de rétention d'une capacité totale de 24,60 m3, ainsi que d'un dispositif de rétention implanté sur la toiture du bâtiment projeté, d'une capacité de 12,80 m3. Si les requérants soutiennent que les dimensions de ces dispositifs n'apparaissent pas sur les plans du dossier de la demande de permis de construire, ce qui aurait faussé l'appréciation du service instructeur, la pièce PC4-PPRI indique leur surface, indication qui se suffisait en elle-même sans qu'il soit nécessaire de préciser leur largeur et leur longueur. Il résulte également de cette pièce que la toiture du rez-de-chaussée n'a pas été comptabilisée comme une surface libre mais comme une surface imperméabilisée, contrairement à ce que soutiennent les requérants. Enfin, si il est soutenu que la dimension des bassins de rétention ne permettra pas l'implantation d'arbres de haute tige à leurs abords, cette affirmation n'est corroborée par aucune pièce du dossier. Le moyen tiré de la violation de l'article VUB 13 du règlement du PLU en ce qui concerne les bassins de rétention doit donc être écarté.
14. En quatrième lieu, si les requérants, sur qui repose la charge de la preuve, font valoir que la capacité du réseau public d'eau potable sera insuffisante pour desservir les nouveaux logements projetés, ils ne produisent aucun élément à l'appui de ces allégations. En tout état de cause, n'est invoquée la violation d'aucune disposition textuelle et cette circonstance n'est pas, par elle-même, de nature à révéler l'illégalité de l'arrêté attaqué.
15. En cinquième lieu, l'article VUB 12 du règlement du PLU relatif au stationnement des véhicules dispose, en ce qui concerne l'habitat collectif, que : " Pour les autres catégories de logements situés à moins de 500 m d'une gare ou d'une station de TCSP, il ne sera exigé qu'une place de stationnement par logement () ". Aux termes de l'article L. 151-36 du code de l'urbanisme : " Pour les constructions destinées à l'habitation, autres que celles mentionnées aux 1° à 3° de l'article L. 151-34, situées à moins de cinq cents mètres d'une gare ou d'une station de transport public guidé ou de transport collectif en site propre et dès lors que la qualité de la desserte le permet, il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement ".
16. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création de 14 places de stationnement pour 13 logements, compte tenu de son implantation à moins de 500 mètres d'une station de transport public. Les requérants soutiennent toutefois que le projet ne pouvait bénéficier des dispositions précitées de l'article VUB 12 dès lors que les voies reliant le terrain d'assiette du projet à la station de transport public la plus proche ne répondent pas aux exigences du premier article de l'arrêté du 15 janvier 2007 portant application du décret du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l'accessibilité de la voirie et des espaces publics, et donc que cette station ne pouvait être atteinte par les personnes à mobilité réduite en parcourant une distance inférieure à 500 mètres. Cependant, ces dispositions fixent seulement les caractéristiques techniques destinées à faciliter l'accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite des équipements et aménagements relatifs à la voirie et aux espaces publics et n'ont donc pas vocation à déterminer quelles voies sont strictement accessibles par les personnes à mobilité réduite, ni quelle distance ces dernières doivent parcourir pour se rendre à un endroit. Elles n'ont pas davantage vocation à s'appliquer aux dispositions dérogatoires des réglementation nationales ou locales d'urbanisme lorsqu'elles instaurent des règles particulières de stationnement pour les logements situés à moins de 500 mètres d'une station de transport. Par suite, à supposer même que les voies reliant le terrain d'assiette du projet à la station de transport public la plus proche ne répondraient pas aux caractéristiques définies par ces dispositions, cette circonstance est sans incidence sur l'application de la dérogation sus rappelée et n'est pas même de nature à démontrer que les personnes à mobilité réduite devraient parcourir plus de 500 mètres pour accéder à cette station. Les requérants ne sont dès lors pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'article VUB 12 du règlement du PLU.
17. En sixième lieu, l'article VUB 4 du règlement du PLU dispose que : " () Pour permettre la gestion de proximité des bios déchets, les nouvelles constructions doivent pouvoir accueillir : () En habitat collectif : tout immeuble doit être en capacité de recevoir à proximité du (ou des) bâtiment(s) un composteur collectif à l'usage des habitants. () ".
18. Pour démontrer que l'arrêté attaqué serait contraire aux dispositions de l'article VUB 4 du règlement du PLU, les requérants se bornent à soutenir qu'il ne mentionne pas l'existence d'un composteur collectif tel que mentionné par cet article. Cependant, il résulte des dispositions précitées qu'elles imposent seulement que tout immeuble soit en capacité de recevoir à proximité un composteur collectif à l'usage des habitants, et non que l'existence d'un tel composteur soit obligatoirement prévue, ni qu'elle soit mentionnée dans l'arrêté de permis de construire correspondant. Par suite, les requérants, qui ne démontrent pas qu'en l'espèce l'immeuble projeté ne serait pas en capacité de recevoir à proximité un composteur collectif à l'usage des habitants, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article VUB 4 du règlement du PLU.
19. En septième lieu, selon l'article VUB 3 du règlement du PLU : " Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité de ses utilisateurs ainsi que celle des usagers des voies. Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position de l'accès, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. () Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, l'accès doit être établi sur la voie où la gêne pour la circulation est moindre. Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir () ".
20. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la suppression de l'accès existant qui était constitué d'une rampe d'accès depuis le 189, rue Paul Nicolas, pour le remplacer par un accès véhicules et un accès piétons et cyclistes se faisant directement depuis la voie, permettant ainsi une meilleure visibilité. Les pièces PC 5P-2a et PC 5P-2b recensent les calculs effectués pour déterminer le dégagement latéral des accès à partir de la voie afin de permettre une visibilité optimale. Si les requérants contestent la validité de ces calculs et font valoir qu'ils ne sont pas clairs et erronés, ils ne le démontrent pas et ne justifient pas davantage de leurs propres calculs ou des conséquences que cela induirait sur le choix des accès. Par voie de conséquence, ils ne démontrent pas en quoi la réalisation d'un accès direct sur la voie serait plus gênante pour la circulation que l'accès existant par la rampe s'ouvrant depuis le 189 de la rue Paul Nicolas.
21. D'autre part, les requérants soutiennent que les caractéristiques des voies situées aux abords du projet ne sont pas adaptées à la desserte des constructions existantes et projetées, notamment en ce qu'elles ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite. Cependant, ainsi qu'il l'a été dit au point précédent, la voie d'accès au projet est la rue Paul Nicolas, de telle sorte que seules les caractéristiques de cette voie aux abords du projet peuvent être utilement critiquées. Les éléments mis en avant par les requérants, qui sont relatifs aux difficultés d'accès que rencontrent les personnes à mobilité réduite aux arrêts de transports en commun situés dans un rayon de 500 mètres autour du projet, difficultés propres aux caractéristiques des voies dans ce périmètre, ne peuvent utilement être invoquées. De la même manière, le simple fait que des problèmes de stationnement existent aux abords du projet ne permet pas de démontrer que les caractéristiques de la rue Paul Nicolas seraient inadaptées aux usages qu'elle supporte, et notamment à la desserte du projet. Le moyen tiré de la violation de l'article VUB 3 du règlement du PLU doit donc être écarté en toutes ses branches.
22. En huitième lieu, aux termes de l'article VUB 11 du règlement du PLU : " () 2. CLOTURES. Les clôtures devront être en harmonie avec l'environnement. Les clôtures, tant sur voie qu'en limites séparatives, pourront être constituées : - soit par des murets surmontés de barreaudage métallique de conception simple ou de lisses / panneaux en bois ou de grillage fort accompagné de haies vives, - soit par des murs pleins () ".
23. M. et Mme B font valoir que dès lors qu'une partie de la végétation plantée aux abords de la clôture Nord de la parcelle d'assiette du projet va être supprimée, cette clôture ne sera plus en harmonie avec l'environnement. Cependant, s'il ressort effectivement du dossier de la demande de permis de construire qu'une partie de la végétation plantée aux abords de la clôture Nord de la parcelle d'assiette sera éliminée, la haie de cyprès se trouvant en continuité de cette végétation sera en revanche maintenue. Une partie de la clôture Nord demeurera donc entourée de végétation. Dans ces conditions, il n'apparaît pas qu'elle ne s'intégrera pas, suite à la réalisation du projet, dans son environnement et les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué contrevient aux dispositions de l'article VUB 11 du règlement du PLU.
24. En neuvième lieu, les requérants font valoir que la parcelle d'assiette du projet abrite des écureuils roux, espèce protégée, et que la suppression de la végétation qui y est implantée va porter atteinte à leur préservation. Cependant, ils invoquent sur ce point les dispositions des articles L. 151-23 et L. 121-21 du code de l'urbanisme, pour ce dernier dans sa version abrogée, lesquelles ne sont pas opposables à l'arrêté attaqué dès lors qu'elles concernent les documents d'urbanisme. En tout état de cause, à supposer même que des écureuils roux soient bien présents sur la parcelle d'assiette du projet, il a été dit précédemment que celui-ci n'avait pas vocation à diminuer la végétation existante puisqu'il implique d'abattre un arbre existant et d'en planter deux nouveaux. Si les requérants font de nouveau valoir que ce ne sera pas possible compte tenu de l'emprise au sol du bâtiment projeté et du faible espace libre qui demeurera, il s'agit de simples allégations qui ne sont pas vérifiées par les pièces du dossier. Dans ces conditions, il n'est pas établi que le projet en cause, qui n'est pas inclus dans une zone Natura 2000 ni dans une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, serait susceptible d'affecter la conservation de l'écureuil roux ou de son habitat.
25. En dixième lieu, si les requérants soutiennent que l'accès au chantier du projet ne pourra pas être réalisé sans empiéter sur le domaine public, ce qui impliquerait une gêne pour la circulation, et que la grue qui y est installée ne serait plus utilisée, ces circonstances ne sont pas relatives à la légalité du permis de construire et ne peuvent être utilement invoquées à son encontre.
26. En onzième lieu, l'article VUB 10 du règlement du PLU dispose que : " La hauteur maximale des constructions doit être égale, à l'égout des couvertures, à : - 12 m (douze mètres) soit R + 3 maximum avec obligation du dernier niveau en retrait de 3 m (trois mètres) sur les façades des parcelles situées en bordure des voies de largeur supérieure à 6 m (six mètres) () ".
27. Les requérants font valoir que le calcul des hauteurs du bâtiment projeté est erroné dès lors qu'il a été effectué en fonction des côtes du nivellement général de France (NGF). Cependant, le nivellement général de France est précisément l'unité de mesure utilisée afin de connaître l'altitude du sol naturel et des constructions, et donc la hauteur de ces dernières. Les calculs réalisés dans le dossier de demande de permis de construire ne sont donc nullement erronés en raison de l'utilisation de cette unité de mesure. En outre, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'une partie du bâtiment comporterait une hauteur supérieure à 12 mètres à l'égout du toit par rapport au terrain naturel, les requérants invoquant sur ce point l'altitude d'un point du terrain d'assiette du projet qui n'est pas compris dans l'emprise du bâtiment projeté et par rapport auquel aucune hauteur ne peut donc être calculée. Il s'ensuit que le moyen tiré de la violation de l'article VUB 10 du règlement du PLU doit être écarté.
28. En dernier lieu, aux termes de l'article VUB7 du règlement du PLU : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite séparative qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 3 m (trois mètres) () ".
29. Il ressort des pièces du dossier que les terrasses du 2e étage du bâtiment projeté seront surmontées par des garde-corps d'une hauteur de 1,25 m, ainsi que l'indique le plan de coupe PC3. Il résulte du plan du 3e étage que les terrasses du 2e étage seront situées à une altitude de +75,92 NGF, sans qu'il ne ressorte des pièces du dossier que cette altitude aurait été calculée en incluant la hauteur des garde-corps susvisés. L'altitude retenue, en ajoutant la hauteur des garde-corps, doit donc être de +77,17 NGF. Or, il ressort des pièces du dossier que ces terrasses sont situées à une distance de 3 mètres du mur de clôture Nord du terrain d'assiette du projet, et que ce mur comporte un point d'altitude +70,90 NGF. La règle définie par l'article VUB 7 du règlement du PLU n'est donc pas respectée sur ce point puisque la différence d'altitude entre les deux points précités est de 6,27, de telle sorte qu'ils devaient être éloignés d'une distance minimale de 3,135 m. A dans sa note en délibéré enregistrée au greffe du tribunal le 31 mai 2023, la société pétitionnaire produit un plan de coupe faisant apparaître clairement la hauteur de l'immeuble mesurée à la côte 77,20 en haut du garde-corps du premier balcon, ce plan ne comporte aucun timbre du service instructeur et ne peut être regardé comme fixant la hauteur réelle du bâtiment au droit du garde-corps qui n'aurait désormais qu'une hauteur de 105 cm. Les requérants apparaissent dès lors fondés à soutenir que l'article 7 du règlement de la zone VUB du PLU a été méconnu sur ce point.
30. En revanche, s'agissant des terrasses du 3e étage du bâtiment projeté, celles-ci sont rehaussées par un mur dont la hauteur n'est pas indiquée dans les pièces du dossier. L'altitude de ces terrasses, telle que reportée sur le plan du 3e étage, est de +78,77 NGF, de telle sorte qu'à supposer que la hauteur du mur qui les rehausse soit de 1,25 m comme le soutiennent les requérants, l'altitude totale à retenir est de +80,02 NGF. Il ne ressort donc d'aucune des pièces du dossier que ces terrasses, qui sont situées à une distance de 4,52 m du mur de clôture Nord du terrain d'assiette du projet, ainsi que l'indique le plan du 2e étage, comporteraient un point dont la différence d'altitude vis-à-vis de ce mur de clôture serait supérieure à 9,04, entraînant ainsi la méconnaissance des dispositions précitées de l'article VUB7. Les requérants sont donc seulement fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'article VUB7 du règlement du PLU de Nîmes en ce qui concerne les terrasses du 2e étage du bâtiment projeté.
31. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. et Mme B sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 1er juin 2021 en tant seulement qu'il méconnaît les dispositions de l'article VUB 7 du règlement du PLU de Nîmes.
Sur la régularisation possible :
32. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".
33. Ces dispositions permettent au juge de l'excès de pouvoir de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme non divisible dans le cas où l'illégalité affectant une partie identifiable d'un projet de construction ou d'aménagement est susceptible d'être régularisée par un permis modificatif. Eu égard à la nature du vice relevé, une régularisation est possible par la délivrance d'une autorisation modificative. Il y a lieu, en l'espèce, de fixer à trois mois le délai dans lequel la société Odyssée promotion devra obtenir une autorisation de régularisation.
Sur les frais liés au litige :
34. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont dû engager sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er juin 2021 du maire de Nîmes est annulé en tant qu'il méconnaît les dispositions de l'article VUB 7 du règlement du PLU. Ce vice pourra être régularisé par une autorisation modificative dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et M. C B, à la commune de Nîmes et à la société Odyssée promotion.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- M. Lagarde, premier conseiller,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 27 juin 2023.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026