mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2104018 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FOGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 novembre 2021 et 25 juillet 2023,
Mme A D, représentée par Me Golovanow, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Langogne a accordé un permis de construire un garage à Mme C B, ensemble la décision du 22 septembre 2021 ayant rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Langogne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- elle a intérêt pour agir contre le permis délivré le 2 juin 2021 indépendamment des autres autorisations accordées précédemment à la pétitionnaire et sa requête n'est pas tardive ;
- l'arrêté attaqué, qui ne vise pas les précédentes autorisations délivrées sur le même terrain, est entaché d'un vice de forme ;
- le projet indique de manière mensongère tendre à la réalisation d'un garage en lieu et place de la construction à usage d'habitation qui serait en cours de réalisation dès lors qu'un permis modificatif en date du 23 septembre 2019 l'autorisait déjà à réaliser ce garage ;
- la hauteur du projet de 7,59 mètres excède la hauteur maximale de 6 mètres autorisée par les dispositions de l'article N 10 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone Nh où se situe le terrain d'assiette et cette illégalité a été constatée par un procès-verbal dressé le 26 février 2020.
Par des mémoires en défense enregistrés les 4 juillet 2022 et 27 mars 2023, Mme C B, représentée par Me Gousseau, conclut, en l'état de ses dernières écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- la requérante n'a pas intérêt pour agir ;
- les moyens invoqués par Mme D ne sont pas fondés ;
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 juillet 2022 et 14 septembre 2023, la commune de Langogne, représentée par Me Foglia, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requérante n'a pas intérêt pour agir contre l'arrêté attaqué qui n'a qu'une incidence minime sur les hauteurs autorisées du bâtiment à édifier, dont la réalisation a déjà été définitivement permise ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roux,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Golovanow, représentant Mme D, et de Me Foglia, représentant la commune de Langogne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a déposé, le 14 avril 2021, une demande de permis de construire pour la réalisation d'un garage en lieu et place de la construction à usage d'habitation en cours d'édification sur une parcelle cadastrée section 2D, dans le secteur dénommé " Le Nirgoult ", classé en secteur Nh de la zone naturelle N du plan local d'urbanisme de Langogne. Par arrêté du 2 juin 2021, le maire de cette commune lui a accordé le permis sollicité. Mme D, en sa qualité de voisine immédiate du projet, a exercé un recours gracieux contre cet arrêté que le maire de Langogne a rejeté par décision du 22 septembre 2021. Elle demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 2 juin 2021, ensemble la décision ayant rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du second alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La délivrance antérieure d'une autorisation d'urbanisme sur un terrain donné ne fait pas obstacle au dépôt par le même bénéficiaire de ladite autorisation d'une nouvelle demande visant le même terrain. Le dépôt de cette nouvelle demande d'autorisation ne nécessite pas d'obtenir le retrait de l'autorisation précédemment délivrée et n'emporte pas retrait implicite de cette dernière ".
3. Le projet autorisé par le permis de construire en litige tend à la réalisation de travaux de surélévation et de changement de destination d'un bâtiment dont la construction a donné lieu à la délivrance d'un premier permis de construire, le 18 janvier 2019, de deux permis modificatifs accordés les 23 septembre et 28 octobre 2019 ainsi que d'une décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux en date du 25 octobre 2019.
4. En premier lieu, aucune disposition légale ou réglementaire n'imposait au maire de Langogne de viser, dans l'arrêté en litige portant sur une nouvelle demande de permis de construire, les précédentes autorisations accordées à la même pétitionnaire sur le même terrain d'assiette. Le vice de forme invoqué sur ce point doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, l'article N 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Langogne, applicable au terrain d'assiette du projet autorisé par le permis de construire en litige, dispose que : " La hauteur totale des constructions (au nu des façades pour les bâtiments) ne doit pas excéder : () - en Nh et Nhl : 6 m - ou la hauteur du bâtiment existant en cas d'aménagement ou de reconstruction de bâtiments existants ".
6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de façades PCMI5joints au dossier de demande de permis, que les travaux projetés auront pour effet de porter la hauteur totale, au nu des façades du bâtiment, calculée depuis le point le plus bas du niveau du terrain naturel, à 5,38 mètres, dans le respect de la hauteur maximale de 6 mètres fixée par les dispositions précitées de l'article N 10.
7. En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire qu'il ne comporte pas de déclaration mensongère visant à tromper intentionnellement l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la nature du projet. A le supposer invoqué, le moyen tiré de ce que le permis de construire en litige aurait été obtenu par fraude doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 juin 2021 et que les conclusions qu'elle a présentées à cette fin doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, de même que celles dirigées contre la décision ayant rejeté son recours gracieux.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la commune de Langogne qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, sur leur fondement et dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D deux sommes de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Langogne et Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera les sommes de 1 000 euros à la commune de Langogne et 1 000 euros à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Langogne et de Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à la commune de Langogne et à Mme C B.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.
Le président-rapporteur,
G. ROUX L'assesseur le plus ancien,
R. MOURET
Le greffier,
B. GALLIOT
La République mande et ordonne au préfet de la Lozère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026