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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2104371

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2104371

mardi 7 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2104371
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDESCRIAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par un déféré enregistré le 22 décembre 2021 et des mémoires enregistrés le 25 janvier 2022 et le 31 janvier 2023, le préfet de la Lozère demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler le certificat d'obtention d'un permis de construire tacite délivré à la SCI le grand lac par le maire de la commune de Langogne, ainsi que le permis de construire tacite n° PC 048 080 20 A0003 M01 dont se prévaut la SCI le grand lac.

Le préfet soutient que :

- la SCI le grand lac ne dispose pas de permis de construire tacite, dès lors qu'en édictant l'arrêté du 17 février 2021, le maire de Langogne doit être regardé comme ayant entendu refuser de lui délivrer les permis de construire demandés les 24 septembre et 28 décembre 2020 ;

- le 28 décembre 2020, la SCI le grand lac avait déposé un dossier en vue de l'obtention d'un permis de construire modificatif et non d'un nouveau permis de construire ;

- si la SCI le grand lac disposait d'un permis tacite, celui-ci serait illégal dès lors que :

* le règlement de la zone Nt du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes du Haut Allier autorise uniquement dans ce secteur les installations et constructions légères liées aux activités de plein air, touristiques et de loisir ;

* la hauteur de la construction projetée est de 6,61 au nu des façades alors que l'article N10 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal prévoit que la hauteur des bâtiments ne doit pas être supérieure à 3,50 mètres.

Par des mémoires en défense enregistrés les 11 janvier 2022, 15 février 2022, 8 février 2023 et 15 février 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la SCI Grand Lac, représentée par Me Descriaux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- l'objet de l'arrêté du 17 février 2021 est uniquement de refuser de délivrer le permis de construire demandé le 24 septembre 2020 sous le n° PC 048 080 20 A0003 ; le maire de Langogne ne s'étant pas prononcé dans un délai de trois mois sur sa demande de permis de construire déposée le 28 décembre 2020 sous le n° PC 048 080 20 A0003 M01, elle est titulaire d'un permis de construire tacite depuis le 29 mars 2021 ;

- la demande de permis de construire déposée le 28 décembre 2020 ne peut pas être regardée comme venant compléter la demande déposée le 24 septembre 2020, dès lors notamment que la surface du projet envisagé, ainsi que les plans, ont fait l'objet de modifications ;

- les moyens dirigés contre le permis de construire tacite sont inopérants dès lors que la construction en litige constitue une extension de construction existante située en zone AU du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes du Haut-Allier.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 février 2023, et un mémoire enregistré le 14 février 2023, enregistré postérieurement à la clôture de l'instruction et qui n'a pas été communiqué, la commune de Langogne, représentée par Me Foglia, conclut au rejet des conclusions dirigées contre le certificat d'obtention d'un permis de construire tacite et s'en remet à la sagesse du tribunal concernant les conclusions dirigées contre le permis de construire tacite.

Elle fait valoir que :

- la délivrance d'un certificat d'obtention d'un permis de construire tacite était justifiée dès lors que la SCI Grand Lac dispose d'un permis de construire tacite en date du 29 mars 2021 ;

- il appartiendra au tribunal d'apprécier le caractère fondé des moyens invoqués par la préfète de la Lozère au soutien de ses conclusions dirigées contre le permis de construire tacite.

II°) Par une requête enregistrée le 17 mai 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés le 19 août 2022 et le 9 février 2023, la SARL " Les terrasses du Lac ", la SCI Zedes et M. B C, représentés par Me Paturel, demandent au tribunal d'annuler le certificat d'obtention d'un permis de construire tacite délivré à la SCI le Grand Lac par le maire de la commune de Langogne, ainsi que le permis de construire tacite n° PC 048 080 20 A0003 M01 et de mettre à la charge de la SCI le grand lac une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- le projet en litige affecte directement les conditions d'occupation, de jouissance ou d'utilisation de biens qu'ils détiennent ;

- leur requête n'est pas tardive dès lors que l'affichage du permis de construire tacite a été irrégulier et que l'introduction de leur recours gracieux avait pour effet de préserver les délais de recours ;

- le maire de Langogne ne pouvait valablement délivrer un permis de construire modificatif à la SCI le grand lac, dans la mesure où, par arrêté du 17 février 2021, il avait refusé de lui délivrer le permis de construire initialement demandé sous le numéro PC 048 080 20 A0003 ;

- le certificat de non-opposition est insuffisamment motivé ;

- le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas la notice prévue au h) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire tacite a été délivré en méconnaissance des articles L. 121-16 et suivants du code de l'urbanisme ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles N2, N4, N10, AUo10, N11, AUo12 et N12 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes du Haut Allier ;

- il a été délivré en méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense enregistrés les 22 juillet 2022, les 2 et 13 février 2023, la SCI grand lac, représentée par Me Descriaux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 013 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que :

- les requérants ne démontrent pas en quoi son projet affecterait directement les conditions d'occupation, de jouissance ou d'utilisation de biens qu'ils détiennent ;

- l'affichage du permis de construire étant régulier, le recours gracieux a été introduit après l'expiration des délais de recours qui est intervenue le 7 mars 2022 ;

- les requérants ne leur ont pas adressé copie de leur recours gracieux, de sorte que celui-ci n'a pu avoir pour effet de conserver les délais de recours contentieux.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 février 2023, et un mémoire enregistré le 14 février 2023, enregistré postérieurement à la clôture de l'instruction et qui n'a pas été communiqué, la commune de Langogne, représentée par Me Foglia, conclut au rejet des conclusions dirigées contre le certificat de non-opposition à permis de construire tacite et s'en remet à la sagesse du tribunal concernant les conclusions dirigées contre le permis de construire tacite.

Elle fait valoir que :

- la délivrance d'un certificat d'obtention d'un permis de construire tacite était justifiée dès lors que la SCI Grand Lac dispose d'un permis de construire tacite né le 29 mars 2021 ;

- il appartiendra au tribunal d'apprécier le caractère fondé des moyens invoqués au soutien de ses conclusions dirigées contre le permis de construire tacite.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,

- les observations de Me Paturel, pour la SARL " Les terrasses de Naussac ", celles de la SCI Zedes et M. C, et celles de Me Vidal, pour la commune de Langogne.

Considérant ce qui suit :

1. Le 24 septembre 2020, la SCI le grand lac a déposé auprès des services de la commune de Langogne une demande de permis de construire n° PC 048 080 20 A0003, portant sur une extension du centre nautique de Naussac. Par courrier du 19 octobre 2020, le maire de Langogne a informé la société pétitionnaire qu'en application des dispositions précitées du b) de l'article R. 423-28 du code de l'urbanisme, le délai d'instruction de la demande de permis de construire déposée le 24 septembre 2020 était porté à cinq mois. Le 15 décembre 2020, la sous-commission départementale contre les risques d'incendie et de panique a émis un avis défavorable au projet. Le 28 décembre 2020, la SCI le grand lac a déposé une demande de permis de construire modificatif sous le n° PC 048 080 20 A0003 M01, destinée notamment à répondre aux observations de la sous-commission départementale. Par arrêté du 17 février 2021, le maire de Langogne a refusé de délivrer le permis de construire n° PC 048 080 20 A0003. Le 9 novembre 2021, cette autorité a cependant délivré à la SCI le grand lac un certificat attestant de l'obtention d'une autorisation tacite sur le permis modificatif n° PC 048 080 20 A0003 M01. Par déféré enregistré sous le numéro 2104731, le préfet de la Lozère demande au tribunal l'annulation de ce certificat, ainsi que l'annulation du permis tacite n° PC 048 080 20 A0003 M01. Par la requête enregistrée sous le numéro 2201616, la SARL " Les terrasses de Naussac ", la SCI Zedes et M. C demandent également l'annulation de ce certificat et du permis tacite.

Sur la jonction :

2. Le déféré n° 2104731, présenté par le préfet de la Lozère, et la requête n° 2201616 présentée par la SARL " Les terrasses de Naussac " et autres sont dirigées contre les mêmes actes et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

En ce qui concerne le déféré préfectoral enregistré sous le n° 2104731 :

3. Aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables ; / b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager ". Aux termes de l'article R. 423-28 du même code : " Le délai d'instruction prévu par le b et le c de l'article R. * 423-23 est porté à : () b) Cinq mois lorsqu'un permis de construire porte sur des travaux relatifs à un établissement recevant du public et soumis à l'autorisation prévue à l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation. ". Aux termes de l'article A. 431-7 du même code : " La demande de modification d'un permis de construire en cours de validité est établie conformément au formulaire enregistré par le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique sous le numéro Cerfa 13411 ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 19 octobre 2020, le maire de la commune de Langogne avait informé la SCI le grand lac qu'en application des dispositions précitées du b) de l'article R. 423-28 du code de l'urbanisme, le délai d'instruction de la demande de permis de construire déposée le 24 septembre 2020 était porté à cinq mois, de sorte qu'aucune autorisation tacite n'était susceptible de naitre avant le 24 février 2021. Dans ces conditions, à la date du 28 décembre 2020, les pièces déposées par la société pétitionnaire pour répondre aux observations de la sous-commission départementale ayant rendu un avis défavorable au projet doivent s'analyser comme venant compléter sa demande initiale et non comme la demande de permis visée à l'article A. 431-7 du code de l'urbanisme qui permet de modifier une autorisation déjà accordée, ce alors même que le service instructeur a enregistré cette demande en rajoutant l'additif M1 au numéro de permis de construire initial. Il suit de là que l'arrêté du 17 février 2021 a pour seul effet de refuser le permis de construire sollicité le 24 septembre 2020, tel que rectifié en cours d'instruction par les pièces produites le 28 décembre 2020. Dans ces conditions, aucune autorisation tacite n'a pu naître des pièces rectificatives enregistrées sous la référence PC 048 080 20 A0003 M01 et le préfet de la Lozère est fondé à soutenir que l'attestation de reconnaissance d'un permis tacite est entachée d'une erreur de droit et à en demander l'annulation.

5. Il résulte de ce qui vient d'être dit que si le préfet de la Lozère est fondé à demander l'annulation de l'arrêté par lequel le maire de Langogne a délivré un certificat d'obtention d'un permis de construire tacite à la SCI le grand lac, les conclusions dirigées contre ce permis de construire tacite inexistant ne peuvent en revanche être accueillies.

En ce qui concerne la requête enregistrée sous le n° 2201616 :

Sur les fins de non-recevoir opposées par la SCI le grand lac :

6. Aux termes du L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de

nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

7. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.

8. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige implique l'extension d'un ensemble hôtelier situé à moins de 200 mètres de l'hôtel exploité par la SARL " Les terrasses de Naussac ". Les constructions projetées auront un impact visuel conséquent et leur desserte entraînera une augmentation significative des flux de circulation, affectant ainsi les conditions d'exploitation de l'établissement géré par la SARL requérante. Dans ces conditions, celle-ci justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir au sens des dispositions précitées de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme. À la supposer établie, la circonstance que les autres requérants seraient dépourvus d'intérêt ou de qualité pour agir est sans incidence sur la recevabilité de cette requête collective.

9. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis () tacite () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite () est acquis et pendant toute la durée du chantier. ". Enfin l'article A. 424-18 du même code dispose que : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier ".

10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de trois constats d'huissier, qu'un panneau a été affiché à compter du 6 janvier 2022 au fond du parking de la base nautique appartenant à la SCI grand lac. Les constats d'huissier précisent que le panneau " est visible et parfaitement lisible depuis le parking public de la base nautique ". Les requérants produisent la photographie d'un panneau situé à l'entrée du site, indiquant que ledit parking est privé et réservé à la clientèle de la table du lac, de sorte que cet espace ne saurait être regardé comme étant ouvert au public sans restriction. Par suite, la société pétitionnaire, qui n'établit pas, ni même n'allègue, qu'il était impossible d'apposer ce panneau à proximité d'une portion de la voie publique desservant la base nautique, n'est pas fondée à se prévaloir d'un affichage régulier du permis tacite qui aurait fait courir les délais de recours. Le recours gracieux adressé le 8 mars à la société pétitionnaire n'est dès lors pas tardif.

11. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. () ".

12. La société pétitionnaire allègue que les requérants n'avaient pas joint de copie de leur recours gracieux à leur courrier du 8 mars dernier, adressé au titre de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Or, il est n'est pas contesté que ce courrier a été retourné à l'expéditeur avec la mention " pli avisé et non réclamé ", après que la société La Poste a laissé un avis de passage le 10 mars 2022 et que le délai de quinze jours de mise à disposition au bureau de poste a été respecté. La SCI grand Lac ne dispose dès lors d'aucun élément qui lui permettrait d'étayer ses allégations aux termes desquelles la notification prévue par les dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme aurait été irrégulière et n'aurait ainsi pas eu pour effet de prolonger le délai de recours contentieux. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire tirée de la tardiveté de la requête ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

13. Ainsi qu'il a été dit aux points 4 à 5, si les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté par lequel le maire de Langogne a délivré un certificat d'obtention d'un permis de construire tacite à la SCI le grand lac, les conclusions dirigées contre ce permis de construire tacite inexistant ne peuvent en revanche être accueillies.

Sur les frais liés aux litiges :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, et de la SARL les terrasses de Naussac, de la SCI Zedes et de M. C, la somme demandée par la SCI le grand lac, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la SCI le grand lac une somme globale de 1 200 euros à verser à SARL les terrasses de Naussac, à la SCI Zedes et à M. C.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 9 novembre 2021 par lequel le maire de Langogne a délivré un certificat d'obtention d'un permis de construire tacite est annulé.

Article 2 : La SCI le grand lac versera une somme de 1 200 euros à la SARL Les terrasses de Naussac, la SCI Zedes et M. C.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Lozère, à la SARL Les terrasses de Naussac, à la SCI Zedes, à M. B C, la commune de Langogne et à la SCI le grand lac.

Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Antolini, président,

M. Lagarde, premier conseiller,

Mme Lahmar, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.

Le rapporteur

F. A Le président,

J. Antolini

La greffière,

A. Olszewski

La République mande et ordonne au préfet de Lozère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2 - N°2201616

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