jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2104420 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 31 décembre 2021, 23 mars et 1er juin 2023, Mme D demande au tribunal d'annuler la décision du 8 septembre 2021 par laquelle la directrice des ressources humaines du centre hospitalier de Montfavet lui a infligé un blâme.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée de plusieurs vice de forme dès lors que :
* elle comporte une erreur dans l'adresse postale du tribunal administratif de Nîmes ;
* elle est entachée d'un défaut et d'une insuffisance de motivation dès lors qu'il y a une contradiction de motifs entre la motivation rejetant son recours gracieux et le motif de la décision attaquée ;
- elle est entachée de plusieurs vices de procédure dès lors que :
* sa convocation à l'entretien disciplinaire ne respecte pas le délai de 15 jours ;
* elle n'a pas disposé d'un délai suffisant pour préparer sa défense dès lors que l'administration ne lui a pas indiqué qu'elle pouvait consulter son dossier pendant son temps de travail, si bien qu'elle a consulté son dossier seulement deux jours avant l'entretien ;
* elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations suite au témoignage de M. B ;
* la communication du compte rendu d'audition de M. B n'est intervenue que le 6 décembre 2021 et non spontanément en violation de l'article 6.1 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* le dossier administratif qui lui a été communiqué le 5 juillet 2021 est incomplet ; il en est de même celui communiqué le 2 décembre 2021 sans sommaire de pièces datées et numérotées en violation de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 ;
* elle n'a pas eu de réponse motivée à la demande de communication des motifs du 1er octobre 2021 et au recours gracieux du 9 octobre 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dès lors que les faits qui lui sont reprochés sont entachés d'inexactitude matérielle.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 15 décembre 2022 et le 29 mars 2023, le centre hospitalier de Montfavet, représenté par Me Maillot, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- la clôture de l'instruction fixée au 16 décembre 2022 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 juin 2023 à 9 heures :
- le rapport de Mme Corneloup, présidente,
- le rapport de Mme Chamot, rapporteure publique,
- Mme D n'étant ni présente ni représentée.
- Me Castagnino, représentant le centre hospitalier de Montfavet, qui s'en rapporte à ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D est infirmière au centre hospitalier de Montfavet, elle a fait l'objet d'un blâme pour " un comportement inadapté et des propos injurieux envers un commandant du centre de détention " prononcé par un arrêté du 8 septembre 2021. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation :
2. En premier lieu, si la requérante soutient que l'arrêté contesté comporte en son article 3 une erreur dans l'adresse postale du tribunal administratif de Nîmes, ce vice de forme est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen, inopérant, doit être écarté.
3. En second lieu, si la requérante soutient que l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation, il vise les dispositions législatives et règlementaires applicables et mentionne notamment " qu'il est reproché à Mme D A d'avoir eu un comportement inadapté et des propos injurieux envers un commandant du centre de détention " et que Mme D a eu " une démarche personnelle pour présenter ses excuses ". Dès lors, l'arrêté comporte les considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement. De plus, si elle invoque également une contradiction de motifs entre la motivation de la décision attaquée et la motivation de la décision du 29 octobre 2021 rejetant son recours gracieux, une telle contradiction n'est pas établie, et n'affecte pas en tout état cause la forme de l'arrêté attaqué.
4. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'insuffisance de motivation doivent être écartés.
En ce qui concerne les vices de procédure :
5. En premier lieu, Mme D soutient que l'arrêté attaqué méconnaît le principe du contradictoire dès lors qu'elle ne disposait que d'un délai de huit jours, au lieu de quinze jours, avant son entretien disciplinaire. Le délai de huit jours entre cette convocation et l'entretien du 7 juillet 2021 était suffisant au cas d'espèce pour lui permettre de préparer utilement sa défense et faire valoir ses éventuelles observations. Par ailleurs, si elle invoque ne pas avoir disposé d'un délai suffisant pour préparer sa défense dès lors que l'administration ne lui a pas indiqué qu'elle pouvait consulter son dossier pendant son temps de travail, si bien qu'elle a consulté son dossier seulement 2 jours avant l'entretien. Toutefois, le courrier de convocation du 23 juin 2021 mentionnait bien les griefs reprochés à Mme D ainsi que les raisons justifiant l'engagement d'une procédure disciplinaire, et l'informait de la possibilité de prendre connaissance de son dossier individuel, sans avoir à préciser que cela pouvait être fait sur le temps de travail.
6. En deuxième lieu, la requérante soutient qu'elle n'a pas eu notification de son compte rendu, qu'elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations suite au témoignage de M. B et que le compte rendu d'audition de ce dernier ne lui a pas été spontanément communiqué en violation de l'article 6.1 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, d'une part, aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait au centre hospitalier de Montfavet de formaliser et notifier à la requérante le compte rendu de son propre entretien du 7 juillet 2021. D'autre part, l'arrêté en litige est intervenu le 8 septembre 2021 soit 63 jours après la consultation de son dossier individuel sans que Mme D n'ait au cours de cette période formulé de réserves sur ce dernier ni d'observations à la suite de son entretien disciplinaire. Dans ce contexte, la circonstance que l'enquête administrative se soit poursuivie après l'entretien disciplinaire, par l'audition le 6 août 2021 du témoin de l'altercation, dont le compte rendu ne lui pas été spontanément communiqué, n'est contraire à aucune disposition législative ou réglementaire ni à aucun prnicipe général du droit.
7. En troisième lieu, Mme D soutient que le dossier administratif qui lui a été communiqué le 5 juillet 2021 est incomplet, et qu'il en est de même pour celui communiqué le 2 décembre 2021 sans sommaire de pièces datées et numérotées en violation de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905. Toutefois, la circonstance au demeurant non établie que les pièces n'auraient pas été numérotées n'établit pas que le dossier aurait été incomplet. Mme D a lors d'un rendez-vous sur place le 5 juillet 2021 pu prendre connaissance son dossier et notamment du mail du 21 juin de M. C relatant notamment les propos qui lui sont imputés et du rapport du 22 juin 2021 du cadre de santé établi le lendemain relatant la chronologie précise des faits et les mesures prises. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude de son dossier sera écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés des vices de procédure doivent être écartés.
En ce qui concerne la légalité interne :
9. Aux termes de l'article L533-1 du code général de la fonction publique : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : 1° Premier groupe : a) L'avertissement ; b) Le blâme ; () ".
10. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. En l'absence de disposition législative contraire, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen.
11. Le centre hospitalier de Montfavet a prononcé la sanction de blâme à l'encontre de Mme D au motif qu'elle a eu " un comportement inadapté et des propos injurieux envers un commandant du centre de détention ". Si la requérante soutient que la matérialité des faits n'est pas établie, il ressort des pièces du dossier et notamment du courriel du 21 juin 2021 du commandant du centre de détention consignant les propos et l'attitude de l'intéressée, du rapport du cadre de santé établi le lendemain ainsi que du courriel du 14 juillet 2021 dans lequel elle admet une réaction impulsive, que la matérialité des faits qui lui sont reprochés est établie. En outre, lors de son audition du 6 août 2021 le témoin indique ne pas de rappeler des propos de Mme D et l'attestation du 27 septembre 2021 qu'il produit mentionne seulement en des termes imprécis " une tension verbale entre les deux, Mme D faisant une description détaillée des fonctions du chef ". Ces éléments ne permettent pas de contredire sérieusement la réalité des propos commandant du centre de détention. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait sera écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que les faits reprochés relatifs au comportement de Mme D à l'égard d'un supérieur hiérarchique sont établis et sont constitutifs d'une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire. Compte tenu de la prise en compte des excuses formulées par Mme D et de la nature et de la gravité de la faute, la sanction de blâme est adaptée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du centre hospitalier de Montfavet du 8 septembre 2021.
Sur les frais liés au litige :
14. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de Mme D la somme demandée par le centre hospitalier de Montfavet au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Montfavet sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au centre hospitalier de Montfavet.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La magistrate désignée,
F. CORNELOUPLa greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026