mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200254 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CAGNON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 janvier 2022 et 5 octobre 2023, M. B A, représenté par la SELARL Maillot Avocats et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le maire de Caissargues s'est opposé à sa déclaration préalable qu'il a déposée en vue de l'installation d'un dispositif photovoltaïque, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Caissargues de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa déclaration dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Caissargues le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'article UC10 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) n'est pas applicable au projet qui, en tout état de cause, ne porte pas atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants ; le motif tiré de la méconnaissance de ces dispositions est contraire à celles de l'article L. 111-16 du code de l'urbanisme ;
- la substitution de motif invoquée en défense doit être écartée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 21 mars 2022 et 8 novembre 2023, la commune de Caissargues, représentée par Me Cagnon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- la décision litigieuse aurait pu être fondée sur le motif tiré de la méconnaissance de l'article UC5 du règlement du PLU.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Coelo pour le requérant et celles de Me Cagnon pour la commune de Caissargues.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 octobre 2021, M. A a déposé auprès des services de la commune de Caissargues une déclaration préalable portant sur l'installation d'un dispositif photovoltaïque sur pied sur un terrain situé 2, avenue de la Méditerranée, classé en zone UC du PLU. Il demande l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le maire de Caissargues s'y est opposé, ensemble la décision du 25 novembre 2021 de rejet de son recours gracieux formé le 15 novembre précédent.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, au titre de l'article UC10 du règlement du PLU : " En application de l'article R. 111-21 du code de l'urbanisme, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites et paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales () Toiture : () Les panneaux solaires et photovoltaïques sont autorisés en toiture à condition : - s'agissant de toits en pentes, d'être intégrés à la couverture ; - s'agissant de toitures terrasses, d'être masqués en vue rapprochée depuis l'espace public, par un acrotère de hauteur suffisante () ". L'article L. 111-16 du code de l'urbanisme dispose que : " Nonobstant les règles relatives à l'aspect extérieur des constructions des plans locaux d'urbanisme, des plans d'occupation des sols, des plans d'aménagement de zone et des règlements des lotissements, le permis de construire ou d'aménager ou la décision prise sur une déclaration préalable ne peut s'opposer à l'utilisation de matériaux renouvelables ou de matériaux ou procédés de construction permettant d'éviter l'émission de gaz à effet de serre, à l'installation de dispositifs favorisant la retenue des eaux pluviales ou la production d'énergie renouvelable, y compris lorsque ces dispositifs sont installés sur les ombrières des aires de stationnement. Le permis de construire ou d'aménager ou la décision prise sur une déclaration préalable peut néanmoins comporter des prescriptions destinées à assurer la bonne intégration architecturale du projet dans le bâti existant et dans le milieu environnant. La liste des dispositifs, procédés de construction et matériaux concernés est fixée par décret. ". En application de l'article R. 111-23 du même code : " Pour l'application de l'article L. 111-16, les dispositifs, matériaux ou procédés sont : () 2° Les systèmes de production d'énergie à partir de sources renouvelables, lorsqu'ils correspondent aux besoins de la consommation domestique des occupants de l'immeuble ou de la partie d'immeuble concernée. Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme précise les critères d'appréciation des besoins de consommation précités () ".
3. D'une part, comme le fait valoir le requérant, l'installation d'un dispositif de fixation de panneaux photovoltaïques au sol n'entrait pas dans le champ des dispositions de l'article UC10 applicables aux panneaux solaires et photovoltaïques installés en toiture, lesquelles n'interdisent au demeurant pas une configuration différente. D'autre part, le dispositif projeté entrait dans le champ du 2° de l'article R. 111-23 du code de l'urbanisme. Par suite, conformément aux dispositions de l'article L. 111-16 précitées, l'application des dispositions de l'article UC10 relatives à l'aspect extérieur des constructions pouvait seulement, le cas échéant, donner lieu à l'édiction de prescriptions assortissant une décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée par M. A, mais ne pouvait légalement fonder la décision d'opposition en litige. Il s'ensuit que le requérant est fondé à soutenir que le motif tiré de la méconnaissance de l'article UC10 du règlement du PLU est illégal.
4. En deuxième lieu, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen de la requête n'est pas susceptible de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.
En ce qui concerne la demande de substitution de motif :
5. En troisième lieu, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. Aux termes de l'article UC5 du règlement du PLU : " Hors agglomération, les constructions doivent être implantées en recul minimum de 35,00m par rapport à l'axe de la RD 135 et de la RD 42. En agglomération, les constructions doivent être implantées : () - en recul minimum de 8,00 mètres par rapport à l'axe et de 3,00 mètres par rapport à l'alignement actuel ou futur des autres voies ouvertes à la circulation publique () " En l'absence de toute autre précision de ce règlement sur ce point, le respect de la règle d'implantation fixée par ces dispositions doit être apprécié en tous points des constructions.
7. Il ressort des pièces du dossier de déclaration préalable que le dispositif projeté, qui ne saurait être regardé comme une installation d'intérêt collectif, est composé de panneaux photovoltaïques d'une envergure totale de 4,40 mètres surplombant le mât qui les supporte, que ce mât sera implanté à une distance de 3 mètres de l'alignement de l'avenue de la Méditerranée et que ces panneaux seront quant à eux situés à une distance de cet alignement inférieure à 3 mètres, en méconnaissance de l'article UC5. Ce motif est ainsi, à lui seul, de nature à fonder l'opposition à déclaration préalable attaquée. La substitution sollicitée en défense, qui ne prive le requérant d'aucune garantie procédurale, doit donc être accueillie.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Caissargues, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge du requérant la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Caissargues à ce titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 1 500 euros à la commune de Caissargues sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la M. B A et à la commune de Caissargues.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024 où siégeaient :
- M. Roux, président,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
G. ROUXLa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026