jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200594 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GOUTILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er mars 2022 et le 29 mai 2024, M. B A, représenté par l'AARPI Publica Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux a rejeté sa demande tendant à l'attribution de terres à vocation agricole sur la section de commune de A ainsi que la décision implicite de rejet de sa demande ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, de lui attribuer les parcelles sectionales sollicitées et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 2411-10 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2023, la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux et la section de A, représentés par le maire de Saint-Sauveur-de-Ginestoux, ayant pour avocat Me Goutille, concluent au rejet de la requête, à la mise hors de cause de la commune et à ce qu'une somme de 2 000 euros chacune soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que la requête est irrecevable et que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mazars,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un avis de la mairie aux exploitants agricoles concernant l'attribution d'un lot sur la section de A, M. A a demandé l'attribution d'un lot de terre sectionale à vocation agricole par un courrier du 3 décembre 2020. Par une délibération du 1er avril 2021, le conseil municipal de la commune a refusé sa demande. Par un courrier du 2 novembre 2021 reçu le 12 novembre 2021, M. A a sollicité l'attribution de parcelles sectionales sur le fondement de l'article L. 2411-10 du code général des collectivités territoriales. Par une décision du 6 janvier 2022, le maire de la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux a rejeté sa demande tendant à l'attribution de terres à vocation agricole sur la section de A.
Sur la demande de mise hors de la cause de la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux :
2. Il résulte de l'instruction que la section de commune de A est dépourvue de commission syndicale et que la gestion de ses biens et droits est intégralement assurée par le conseil municipal et le maire de Saint-Sauveur-de-Ginestoux. Dans la présente instance, la commune de Saint Sauveur-de-Ginestoux représente donc la section de commune de A au nom de laquelle le maire a pris la décision faisant l'objet de conclusions à fin d'annulation. Les conclusions de la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux tendant à être mise hors de cause étant sans objet, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur l'étendue du litige :
3. Par un courrier du 2 novembre 2021 reçu le 12 novembre 2021, M. A a demandé l'attribution de parcelles appartenant à la section de commune de A. En l'absence de réponse, une décision implicite de rejet aurait dû naître le 12 janvier 2022. Toutefois, le maire s'est prononcé par une décision explicite de rejet du 6 janvier 2022 qui se substitue à la décision implicite. Dès lors, les conclusions de la requête dirigées contre la décision implicite de rejet doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la décision expresse du 6 janvier 2022.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut de caractère décisoire de la décision du 6 janvier 2022 :
4. Il ressort des pièces du dossier que par le courrier du 6 janvier 2022 en litige, le maire de la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux a rappelé à M. A que, par une délibération du 1er avril 2021, le conseil municipal de la commune a rejeté sa première demande tendant à l'attribution de parcelles sectionales et l'a informé que sa demande serait étudiée ultérieurement dès lors que tous les lots ont été attribués jusqu'au 30 juin 2024. Ce faisant, le maire doit être regardé comme ayant refusé à M. A l'attribution des parcelles sollicitées à ce stade. Un tel courrier, qui constitue une décision qui fait grief, est par suite susceptible de recours. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur la fin de non-recevoir tirée du caractère confirmatif de la décision du 6 janvier 2022 :
5. Si la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux et la section de commune de A font valoir que la décision du 6 janvier 2022 se borne à réitérer le refus déjà opposé à M. A par la délibération du 1er avril 2021 à sa demande d'attribution de parcelles sectionales, il ressort des pièces du dossier que M. A se prévaut d'un changement de circonstances de fait quant à la condition de possession d'un bâtiment d'exploitation. Dans ces conditions, la décision du 6 janvier 2022 ne saurait être considérée comme purement confirmative de la délibération du 1er avril 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 2411-2 du code général des collectivités territoriales : " La gestion des biens et droits de la section est assurée par le conseil municipal et par le maire. / Lorsqu'elle est constituée en application de l'article L. 2411-3, la commission syndicale et son président exercent les fonctions de gestion prévues au I de l'article L. 2411-6, aux articles L. 2411-8 et L. 2411-10, au II de l'article L. 2411-14, ainsi qu'aux articles L. 2411-18 et L. 2412-1 et sont consultés dans les cas prévus au II de l'article L. 2411-6 et aux articles L. 2411-7, L. 2411-11, L. 2411-12-2, L. 2411-15 et L. 2411-18. ". Aux termes de l'article L. 2411-6 du même code : " I. - Sous réserve des dispositions de l'article L. 2411-15, la commission syndicale délibère sur les objets suivants : 1° Contrats passés avec la commune de rattachement ou une autre section de cette commune ; 2° Vente, échange et location pour neuf ans ou plus de biens de la section autres que la vente prévue au 1° du II ; 3° Changement d'usage de ces biens ; 4° Transaction et actions judiciaires ; 5° Acceptation de libéralités ; 6° Partage de biens en indivision ; 7° Constitution d'une union de sections ; 8° Désignation de délégués représentant la section de commune. / Les actes nécessaires à l'exécution de ces délibérations sont passés par le président de la commission syndicale. () ".
7. Il résulte de ces dispositions que le conseil municipal assure la gestion des biens et droits de la section sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 2411-6 du code général des collectivités territoriales. Ainsi, alors qu'il n'appartient qu'au conseil municipal de la commune de rattachement de la section de commune d'assurer la gestion des biens et droits de la section en l'absence de commission syndicale, le maire de Saint-Sauveur-de-Ginestoux était incompétent pour se prononcer sur la demande de M. A tendant à l'attribution de terres sectionales à vocation agricole.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, la décision du 6 janvier 2022 doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. Eu égard au moyen d'annulation retenu au point 7, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au maire, agissant pour le compte de la section de A, d'inscrire à l'ordre du jour du conseil municipal de la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux, agissant également pour le compte de la section de A, le réexamen de la demande de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la section de A la somme de 1 200 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 6 janvier 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux agissant pour le compte de section de A d'inscrire à l'ordre du jour du conseil municipal le réexamen de la demande de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La section de A versera à M. A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la section de A.
Copie en sera adressée à la commune de Saint-Sauveur-de-Ginestoux.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,
Mme Mazars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
M. MAZARS
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026