jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200661 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mars 2022 et 11 janvier 2024, M. A B, Mme D B et Mme C B, représentés par Me Bocognano, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Nîmes du 3 janvier 2022 portant alignement individuel au droit de la parcelle cadastrée CI n° 1018, située chemin de Russan ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un détournement de procédure en ce que l'article 2 de l'arrêté méconnaît les règles applicables en matière d'alignement et les détourne pour définir une propriété foncière ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation en tant qu'il considère que les points 1 à 7 marquent la limite foncière de la cession intervenue en 1989 ; il n'est pas démontré que la parcelle acquise par la commune auprès des époux B en 1989 ferait partie de son domaine public par acte de classement ou que cette parcelle serait indissociable du domaine public routier qui la borde, voire même que cette parcelle serait affectée au domaine public routier.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 31 janvier 2023, 11 février 2023, 23 janvier 2024 et 30 janvier 2024, la commune de Nîmes, représentée par Me Maillot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarac-Deleigne,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- les observations de Me Soulier, représentant les consorts B, et celles de Me Bard, représentant la commune de Nîmes.
Considérant ce qui suit :
1. L'indivision B est propriétaire d'une parcelle cadastrée CI n° 1018 située sur le territoire de la commune de Nîmes, riveraine de la voie communale Chemin de Russan. Les consorts B demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Nîmes du 3 janvier 2022 portant alignement individuel de la voie communale au droit de leur parcelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière : " L'alignement est la détermination par l'autorité administrative de la limite du domaine public routier au droit des propriétés riveraines. Il est fixé soit par un plan d'alignement, soit par un alignement individuel. / Le plan d'alignement, auquel est joint un plan parcellaire, détermine après enquête publique ouverte par l'autorité exécutive de la collectivité territoriale ou de l'établissement public de coopération intercommunale, propriétaire de la voie, et organisée conformément aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration la limite entre voie publique et propriétés riveraines. / L'alignement individuel est délivré au propriétaire conformément au plan d'alignement s'il en existe un. En l'absence d'un tel plan, il constate la limite de la voie publique au droit de la propriété riveraine ". Selon l'article L. 112-3 du même code : " L'alignement individuel est délivré par le représentant de l'Etat dans le département, le président du conseil général ou le maire, selon qu'il s'agit d'une route nationale, d'une route départementale ou d'une voie communale ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'un arrêté d'alignement, qui, en l'absence de plan d'alignement, se borne à constater les limites d'une voie publique en bordure des propriétés riveraines et constitue ainsi un acte purement déclaratif sans effet sur les droits des propriétaires riverains, ne peut être fixé qu'en fonction des limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines, éventuels empiétements inclus. Il appartient au juge administratif, saisi de conclusions tendant à l'annulation pour excès de pouvoir d'un arrêté d'alignement, de vérifier si l'arrêter d'alignement attaqué se borne ou non à constater les limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines.
4. Aux termes de l'article L. 2111-14 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées. "
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier, en particulier du tableau de classement des voies communales, que le chemin de Russan figure bien au rang des voies communales. D'autre part, en l'absence de plan d'alignement opposable aux riverains de cette voie communale, l'alignement individuel ne peut être fixé qu'en fonction des limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines et ces limites sont celles existant à la date de l'arrêté d'alignement. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en retenant, par l'arrêté d'alignement litigieux, une limite de la voie communale au droit de la propriété des appelants, identifiée par une ligne verte marquée des points 8 à 22 telle qu'établie par le géomètre expert en suivant le mur en pierre, le maire de Nîmes se serait mépris sur les limites de fait actuelles de cette voie publique située en bordure de la propriété de l'indivision B.
6. Toutefois, les requérants soutiennent que la commune, qui a affiché sa volonté d'élargir la voie communale depuis plusieurs années sans parvenir à faire établir un bornage entre les parcelles cadastrées section CI n° 1017 et CI n° 1018, a entendu par l'arrêté en litige fixer une limite foncière entre ces deux parcelles. L'article 2 de l'arrêté contesté intitulé " Définition de la limite de la propriété foncière " dispose en effet que : " La limite de propriété foncière est définie à l'article 4 du procès-verbal ci-annexé ". Et à cet égard l'article 4 du procès-verbal dressé par le géomètre-expert précise : " Définition de la limite de propriété foncière : Concernant la limite séparative entre les parcelles 1017 et 1018 correspondants à l'acquisition initiale de la Ville de Nîmes, mon travail a consisté à définir la limite au plus juste qu'il a été possible de le faire à partir de la définition issue du document dressé par M. E dans le DMPC dressé par ses soins et le plan d'alignement projeté à partir duquel il a dressé ce DMPC, à savoir un rayon de 160 m avec un point de tangence pour alignement au point 6. () la limite de propriété et de la domanialité publique objet du présent procès-verbal est fixée suivant la ligne 1-2-3-4-5-6-7 / Entre les points 1 - 2 - 3 - 4 - 5 et 6, la limite fait un arc de cercle de rayon r=160.00M. ". Dans ces conditions, l'arrêté en litige qui ne s'est pas borné à constater les limites actuelles de la voie publique mais a entendu fixer la limite séparative entre les deux parcelles cadastrées section CI n° 1017 et CI n° 1018, matérialisée sur le plan de délimitation par la ligne rouge marquée des points 1 à 7, est entachée d'excès de pouvoir.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 3 janvier 2022.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 1 200 euros à verser aux consorts B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Nîmes du 3 janvier 2022 est annulé.
Article 2 : La commune de Nîmes versera aux consorts B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Nîmes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme D B, à Mme C B et à la commune de Nîmes.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,
M. Cambrezy, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure
B. SARAC-DELEIGNE
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026