LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2200736

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2200736

vendredi 5 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2200736
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP BREUILLOT - VARO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 mars 2022, M. C D, représenté par la SELARL Breuillot et Avocats, demande au tribunal d'annuler la décision de refus implicite du directeur général de l'Agence Régionale de Santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d'Azur, confirmé sur recours gracieux par lettre datée reçue le 17 janvier 2022, de l'inscrire sur le registre national des psychothérapeutes mentionné à l'article 52 de la loi du 9 août 2004.

Il soutient que :

- les décisions litigieuses ont été rendues par une autorité incompétente ;

- le refus qui lui est opposé est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une part, et d'une violation de la loi, d'autre part ; en effet, il pouvait revendiquer le titre de psychanalyste et justifiait du respect des conditions requises en matière de diplôme, de formation obligatoire et de stage par l'article 52 de la loi du 9 août 2004 ; il aurait donc dû bénéficier de la dispense prévue par l'article 52 al. 5 de cette loi ;

- il remplit également les conditions principales justifiant son inscription au registre national des psychothérapeutes.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2022, le directeur général de l'Agence Régionale de Santé Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2004-806 du 9 août 2004,

- le décret n° 2006-672 du 8 juin 2006,

- le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010,

- l'arrêté du 9 juin 2010 du ministre de la santé et des sports, relatif aux demandes d'inscription au registre national des psychothérapeutes,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F Parisien ;

- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D a adressé à l'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur, par courrier du 20 août 2021, une demande d'autorisation à faire usage du titre de psychothérapeute. En l'absence de réponse de l'Agence Régionale de Santé (ARS) dans un délai de deux mois à compter de sa demande, une décision implicite de rejet est née le 23 octobre 2021. M. D a alors sollicité par courrier du 17 décembre 2021, les motifs du rejet implicite de sa demande. Par deux courriers distincts, datés respectivement des 4 et 12 janvier 2022, l'ARS lui a communiqué les motifs du rejet de sa demande. M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions de rejet.

Sur les conclusions à fin d'annulation

En ce qui concerne la légalité externe :

2. Il ressort des pièces du dossier que la réponse datée du 4 janvier 2022 a été signée par M. A E, directeur départemental de Vaucluse, sur délégation du directeur général de l'ARS. En effet, ce dernier disposait d'une délégation de signature publiée, en bonne et due forme, le 03 mai 2021 n°SJ-0521-9533-D au recueil des actes administratifs de la préfecture de région. La réponse du 12 janvier 2022 a été prise par Mme B G, directrice adjointe de la délégation départementale de Vaucluse, sur délégation du directeur général de l'ARS. En effet, cette dernière disposait, en cas d'absence ou d'empêchement de M. A E, d'une délégation de signature publiée, en bonne et due forme, le 03 mai 2021 n°SJ-0521-9533-D au recueil des actes administratifs de la préfecture de région. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en tout état de cause en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

3. D'une part, aux termes de l'article 52 de la loi du 9 août 2004 : " L'usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes. / L'inscription est enregistrée sur une liste dressée par le directeur général de l'agence régionale de santé de leur résidence professionnelle (). / Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités d'application du présent article et les conditions de formation théorique et pratique en psychopathologie clinique que doivent remplir les professionnels souhaitant s'inscrire au registre national des psychothérapeutes. Il définit les conditions dans lesquelles les ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieur agréent les établissements autorisés à délivrer cette formation. / L'accès à cette formation est réservé aux titulaires d'un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d'exercer la médecine en France ou d'un diplôme de niveau master dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse. Le décret en Conseil d'Etat définit les conditions dans lesquelles les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l'article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations peuvent bénéficier d'une dispense totale ou partielle pour la formation en psychopathologie clinique. / Le décret en Conseil d'Etat précise également les dispositions transitoires dont peuvent bénéficier les professionnels justifiant d'au moins cinq ans de pratique de la psychothérapie à la date de publication du décret. ".

4. D'autre part, l'article 1er du décret du 20 mai 2010 prévoit que : " L'inscription sur le registre national des psychothérapeutes mentionné à l'article 52 de la loi du 9 août 2004 susvisée est subordonnée à la validation d'une formation en psychopathologie clinique de 400 heures minimum et d'un stage pratique d'une durée minimale correspondant à cinq mois effectué dans les conditions prévues à l'article 4 (). ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Par dérogation aux dispositions de l'article précédent, les professionnels mentionnés au cinquième alinéa de l'article 52 de la loi précitée sont dispensés en tout ou partie de la formation et du stage dans les conditions prévues par l'annexe 1 du présent décret. ". L'article 3 de ce décret dispose que : " La formation mentionnée à l'article 1er vise à permettre aux professionnels souhaitant user du titre de psychothérapeute d'acquérir et de valider des connaissances relatives : " / 1° Aux développement, fonctionnement et processus psychiques ; / 2° Aux critères de discernement des grandes pathologies psychiatriques ; / 3° Aux différentes théories se rapportant à la psychopathologie ; / 4° Aux principales approches utilisées en psychothérapie. ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " Le stage pratique mentionné à l'article 1er () est accompli dans un établissement public ou privé détenant l'autorisation mentionnée à l'article L. 6122-1 du code de la santé publique ou à l'article L. 313-1-1 du code de l'action sociale et des familles. () ". L'article 16 de ce décret prévoit que : " I. ' Les professionnels justifiant d'au moins cinq ans de pratique de la psychothérapie à la date de publication du présent décret peuvent être inscrits sur la liste mentionnée à l'article 7 alors même qu'ils ne remplissent pas les conditions de formation et de diplôme prévues aux articles 1er et 6 du présent décret. Cette dérogation est accordée par le directeur général de l'agence régionale de santé de la résidence professionnelle du demandeur après avis de la commission régionale d'inscription. () II. ( )/ La commission s'assure que les formations précédemment validées par le professionnel et son expérience professionnelle peuvent être admises en équivalence de la formation minimale prévue à l'article 1er et, le cas échéant, du diplôme prévu à l'article 6. Elle définit, si nécessaire, la nature et la durée de la formation complémentaire nécessaire à l'inscription sur le registre des psychothérapeutes. () " ;

5. Il résulte de ces dispositions que les personnes qui entendent figurer sur le registre national des psychothérapeutes sont tenus de valider une formation spécifique comportant une formation théorique en psychopathologie clinique de quatre cents heures minimum et un stage pratique d'une durée minimale de cinq mois, dont l'accès est réservé aux titulaires d'un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d'exercer la médecine en France ou d'un diplôme de niveau master dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse. Peuvent être inscrits à titre dérogatoire les professionnels qui établiraient pratiquer la psychothérapie depuis au moins cinq ans, à la date de publication du décret relatif à l'usage du titre de psychothérapeute, soit au 22 mai 2010, et justifieraient de formations précédemment validées et d'une expérience professionnelle pouvant être admises en équivalence de la formation spécifique et, le cas échéant, des diplômes aux titulaires desquels elle est réservée.

6. M. D soutient, en premier lieu, être fondé à se prévaloir du titre de psychanalyste, estimant qu'il justifie du respect des conditions requises en matière de diplôme, de formation obligatoire et de stage. Toutefois, les attestations de participation à des enseignements, mentionnées au point 7, ainsi que la copie de l'insertion au JORF de la déclaration de l'association du Collège clinique du champ Lacanien Sud-Est, au sein de laquelle il a suivi des formations, qu'il produit ne peuvent pas être regardées comme étant équivalentes et par suite se substituer à une attestation de son enregistrement régulier dans un annuaire d'association de psychanalystes.

7. M. D soutient en second lieu qu'il a suivi, au sein du Collège de Clinique Psychanalytique du Sud-Est des modules de formations correspondants aux formations exigées par le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 modifié, ainsi que la formation théorique et pratique obligatoire en psychopathologie clinique de 400 heures minimum complétée d'un stage pratique d'une durée minimale correspondant à cinq mois qui doivent comporter les enseignements suivant prévus en annexe de ce décret. Il allègue avoir suivi une formation de psychanalyse à l'école de psychanalyse d'Avignon jusqu'en 2003 puis à l'école de formation en psychothérapie et en psychanalyse à Aix-en-Provence où il aurait effectué sa 5ème année de niveau master en 2017. Le requérant produit une attestation confirmant son inscription au sein de l'école de formation en psychothérapie et en psychanalyse de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, en 5ème année de formation de psychanalyse. Il fait valoir que les formations qu'il a effectuées incluaient des travaux de psychopathologie clinique, des travaux théoriques et la présentation de patients. M. D précise que ces formations incluaient les présentations cliniques de Montfavet et des séminaires théoriques. Il expose que ces formations concernaient précisément les champs exigés, à savoir le développement et le fonctionnement des processus psychiques, les critères de discernement des grandes pathologies psychiatriques, la théorie se rapportant à la psychopathologie et les principales approches qui ont été spécifiquement étudiées depuis plus de 10 ans. M. D ajoute qu'elles incluaient une mise en situation et un stage pratique tous les ans à l'hôpital de Montfavet, et qu'elles ont chacune représenté bien plus que les 100 heures ou 50 heures exigées pour chacune d'entre-elles.

8. Toutefois, les attestations produites, faute d'être suffisamment détaillées, ne permettent pas d'établir de manière probante que les programmes des enseignements reçus puissent être considérés comme équivalents à la formation minimale prévue à l'article 1er du décret du 20 mai 2010, tant sur le plan théorique que pratique, tandis que les supervisions et les psychanalyses suivies ne peuvent être considérées comme des stages pratiques en milieu institutionnel permettant d'atteindre les objectifs détaillés par l'arrêté du 8 juin 2010 relatif à la formation en psychopathologie clinique conduisant au titre de psychothérapeute.

9. Il suit de là que le directeur général de l'agence régionale de santé de Provence-Alpes-Côte d'Azur n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que M. D ne remplissait pas les conditions requises pour être autorisé à faire usage du titre de psychothérapeute et, par conséquent, a refusé, sans commettre d'erreur de droit, de l'inscrire sur le registre national des psychothérapeutes mentionné à l'article 52 de la loi du 9 août 2004. C'est également à bon droit que le directeur de l'ARS lui a refusé cette inscription, alors même qu'il n'aurait pas demandé à bénéficier des dispositions transitoires du décret, une telle circonstance étant sans incidence sur le bien-fondé de la décision en litige.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. D ainsi que, par voie de conséquences, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. D demande au titre des frais liés à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au directeur général de l'Agence Régionale de Santé Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Délibéré après l'audience du 22 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Baccati, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.

Le rapporteur,

P. PARISIEN

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ez ici]

N°2200736

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions