jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2200883 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 22 mars et 17 juillet 2022 et le 8 janvier 2023, Mme A B, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le compte rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne lui a pas été notifiée dans le délai de quinze jours prévu à l'article 5 du décret n° 2014-1526 ;
- elle n'a pas été signée par le supérieur hiérarchique direct qui a mené l'entretien ;
- elle ne lui est pas opposable en l'absence de mention des voies et délais de recours ;
- les évaluations portées sur les critères " esprit d'équipe ", " qualités relationnelles avec les collègues " et " qualités relationnelles avec la hiérarchie " sont erronées et incohérentes avec les précédentes évaluations ; l'appréciation finale générale est quasiment manquante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, le syndicat mixte pour la création et la gestion d'aires d'accueil des gens du voyage (SIAGV), représenté par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante le paiement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par lettre du 17 janvier 2024, le syndicat mixte pour la création et la gestion d'aires d'accueil des gens du voyage (SIAGV), représenté par Me Jean-Pierre informe le tribunal de ce que le syndicat a été dissout le 21 décembre 2022 et repris par la communauté d'agglomération du Grand Avignon.
Vu :
- la clôture de l'instruction fixée au 30 mars 2023 à 12 heures en application de l'article R.613-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°2014-1526 du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 janvier 2024 à 14 heures :
- le rapport de Mme Boyer, présidente ;
- et les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est adjointe technique territoriale de 1ère classe au sein du syndicat mixte pour la création et la gestion d'aires d'accueil des gens du voyage. Elle a été reçue le 16 novembre 2021 en entretien professionnel au titre de l'année 2021. Son compte rendu annuel d'entretien professionnel lui a été notifié le 27 janvier 2022. Une demande de révision de son évaluation a été transmise au syndicat mixte qui l'a réceptionnée le 5 février 2022 en application de l'article 7 du décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014. En l'absence de réponse, elle a saisi en application du II du même article la commission administrative paritaire par pli recommandé du 18 mars 2022 qui a émis un avis favorable à la révision mais aucun compte rendu définitif ne lui a été notifié. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler son compte-rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 16 décembre 2014 : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. / Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. () ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Le compte rendu de l'entretien, établi et signé par le supérieur hiérarchique direct, comporte une appréciation générale littérale exprimant la valeur professionnelle du fonctionnaire au regard des critères fixés à l'article 4 ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'entretien d'évaluation de Mme B a été conduit par le président du syndicat mixte pour la création et la gestion d'aires d'accueil des gens du voyage. Si Mme B soutient que le compte rendu ne pouvait être signé par le président du syndicat, il ressort de sa fiche de poste, qu'elle occupe un poste de comptable et gestionnaire du personnel, de la carrière et de la paie, service qui est directement rattaché au président de la structure. Dans ces conditions, le président en sa qualité de supérieur hiérarchique direct de Mme B était compétent pour réaliser et signer l'évaluation de cette dernière. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le délai de quinze jours, mentionné au 4° de l'article 6 du décret du 16 décembre 2014, au terme duquel le compte rendu d'entretien professionnel doit être notifié au fonctionnaire n'est pas prescrit à peine d'irrégularité de la procédure d'évaluation. Par suite, la circonstance que le compte-rendu d'entretien professionnel de Mme B lui a été notifié au-delà de l'expiration de ce délai est sans incidence sur la légalité des décisions en litige.
5. En troisième lieu, la mention des voies et délais de recours prévue à l'article R. 421-5 du code de justice administrative n'a d'incidence que sur la computation des délais de recours pour contester la décision individuelle en cause et est sans incidence sur son opposabilité à son destinataire qui n'est conditionnée, en application des dispositions de l'article L.221-8 du code des relations entre le public et l'administration, qu'à sa notification régulière. Ainsi, le moyen tiré de ce qu'à défaut de contenir la mention des voies et délais de recours, la décision contestée ne serait pas opposable à la requérante doit être écarté. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 16 décembre 2014 : " L'entretien professionnel porte principalement sur : 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des évolutions prévisibles en matière d'organisation et de fonctionnement du service ; 3° La manière de servir du fonctionnaire ; 4° Les acquis de son expérience professionnelle ; 5° Le cas échéant, ses capacités d'encadrement ; 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ainsi que l'accomplissement de ses formations obligatoires ; 7° Les perspectives d'évolution professionnelle du fonctionnaire en termes de carrière et de mobilité. " Aux termes de l'article 4 du même décret : " Les critères à partir desquels la valeur professionnelle du fonctionnaire est appréciée, au terme de cet entretien, sont fonction de la nature des tâches qui lui sont confiées et du niveau de responsabilité assumé. Ces critères, fixés après avis du comité technique, portent notamment sur :1° Les résultats professionnels obtenus par l'agent et la réalisation des objectifs ; 2° Les compétences professionnelles et techniques ; 3° Les qualités relationnelles ; 4° La capacité d'encadrement ou d'expertise ou, le cas échéant, à exercer des fonctions d'un niveau supérieur. ".
7. Il résulte des dispositions précitées du décret du 16 décembre 2014 que l'entretien porte notamment sur la manière de servir de l'intéressée et donc que le supérieur hiérarchique de la requérante pouvait porter une appréciation sur les relations qu'elle entretenait avec ses collègues de travail.
8. Mme B soutient que sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation d'une part, l'appréciation " insuffisante " pour les critères " esprit d'esprit et sens du travail en commun " ainsi que " qualités relationnelles avec les collègues " en raison de " propos inacceptables dans le cadre professionnel notamment avec certains de ses collègues ", et, d'autre part, l'appréciation " moyen " pour le critère " qualités relationnelles avec la hiérarchie ". Elle fait valoir par référence à sa demande de révision du 2 février 2022 qu'elle produit que s'agissant du point " esprit d'équipe et sens du travail en commun ", elle a formé un nouvel agent et a toujours répondu à ses collègues y compris par téléphone et pendant ses temps de repos, que s'agissant du point relatif aux qualités relationnelles avec ses collègues, les termes propos inacceptables n'ont pas été utilisés lors de l'entretien, que les difficultés sont dues à un climat dégradé dans l'ensemble du service et à des difficultés relationnelles entre tous les agents du service, qu'elle reconnaît des difficultés de positionnement dues à un encadrement défaillant et que les appréciations rapportées en appréciation générale ne sont pas étayées. Toutefois il ressort du compte rendu d'évaluation que sa disponibilité a été prise en considération et évaluée très satisfaisante et que ses qualités professionnelles sont reconnues. Si elle conteste avoir tenu des propos inacceptables envers ses collègues, le syndicat fait valoir en défense que d'une part la fiche de poste de la requérante suppose des qualités relationnelles et d'autre part que la référence à des propos inacceptables concernent les échanges de Mme B avec un autre agent, Mme C dont le compte rendu d'évaluation produit à l'instance démontre la réalité du grief qui est opposé à la requérante. Le syndicat justifie ainsi que le critère qualité relationnelles envers ses collègues ait été jugé insuffisant. Il ressort en outre des courriels produits par le syndicat que Mme B éprouve des difficultés de positionnement avec sa hiérarchie et reconnaît l'emploi de termes vifs à son égard. Enfin les circonstances que les griefs qui lui sont reprochés seraient dus à la désorganisation du service et qu'ils n'auraient pas figuré dans les comptes rendus d'évaluation des années précédentes ne sont pas de nature à démontrer que le compte rendu de l'évaluation faite au titre de l'année 2021 serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Pour l'ensemble de ces motifs, le compte rendu d'entretien professionnel qui contient des appréciations globalement positives sur les compétences professionnelles de Mme B et fait apparaître des lacunes sur ses qualités relationnelles n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
9. En cinquième et dernier lieu, si Mme B soutient que la mention ajoutée dans les besoins de formation concernant les techniques de communication non violente doit être retirée dès lors que cette question n'a pas été abordée lors de son entretien, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation du compte-rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SIAGV, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le SIAGV au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le syndicat mixte pour la création et la gestion d'aires d'accueil des gens du voyage au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au syndicat mixte pour la création et la gestion d'aires d'accueil des gens du voyage.
Copie du jugement sera adressée à la communauté d'agglomération du Grand Avignon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
La magistrate désignée,
C. BOYERLa greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026