jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201052 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL FAVRE DE THIERRENS BARNOUIN VRIGNAUD MAZARS DRIMARACCI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 6 avril 2022, 11 et 15 février 2023 et 19 août 2024, Mme D A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2022 par lequel le maire de Villeneuve-lez-Avignon a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail postérieurs au 4 février 2022 ;
2°) d'annuler les courriers de la directrice des ressources humaines des 21 mars, 4 et 12 avril 2022 ;
3°) d'enjoindre à la commune de Villeneuve-lez-Avignon de reconnaître comme imputable au service ses arrêts de travail pour la période allant du 4 février au 30 juin 2022 ;
4°) de condamner la commune de Villeneuve-lez-Avignon à lui verser la somme de 74 euros au titre des dépens.
Elle soutient que :
- les courriers, dont elle demande l'annulation, ont été signés par une autorité incompétente ;
- l'arrêté du 10 février 2022 attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un vice de procédure car la commune ne l'a pas informée de la possibilité de saisir la commission de réforme ;
- la commune a commis une erreur d'appréciation en estimant que son état de santé antérieur permettait d'écarter l'imputabilité au service de son accident ;
- le docteur C ne pouvait pas se fonder sur des éléments médicaux antérieurs couverts par le secret médical.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 janvier 2023 et 24 juillet 2024, la commune de Villeneuve-lez-Avignon, représentée par Maître Vrignaud, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable et que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Béréhouc, rapporteure,
- les conclusions de M. Chaussard, rapporteur public,
- et les observations de Me Vrignaud, représentant la commune de Villeneuve-lez-Avignon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjoint administratif principal de 1ère classe, est agent du service " Etat civil " de la commune de Villeneuve-lez-Avignon. Le 28 décembre 2021, elle a manipulé une boîte d'archives et a ressenti une douleur à l'épaule. Par arrêté du 11 janvier 2022, le maire de la commune de Villeneuve-lez-Avignon a reconnu l'imputabilité au service de cet accident. Mme A a été arrêtée du 19 janvier au 6 février 2022. A la suite d'une expertise médicale réalisée le 3 février 2022, le maire de la commune de Villeneuve-lez-Avignon a, par arrêté du 10 février 2022, refusé de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail pris par Mme A à compter du 4 février 2022.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
3. Les courriers reçus par Mme A de la part de la directrice des ressources humaines des 21 mars, 4 et 12 avril 2022 se bornant à rappeler les termes et le dispositif de l'arrêté en litige du 10 février 2022 ne modifient pas l'ordonnancement juridique et ne sauraient donc être regardés comme des décisions administratives faisant grief susceptibles de recours devant le juge de l'excès de pouvoir. Dès lors, les conclusions de Mme A tendant à leur annulation sont irrecevables, tel que l'oppose la commune en défense, et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 10 février 2022 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué du 10 février 2022 qu'il vise les textes sur le fondement desquels il a été pris, mentionne l'expertise du médecin agréé du 3 février 2022 et les certificats médicaux fournis par l'agent. Par ailleurs, il cite les conclusions de l'expertise dont il a ainsi entendu s'approprier les termes. Il énonce donc les considérations de fait et de droit qui le fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 37-10 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, alors en vigueur : " Lorsqu'un fonctionnaire est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service, l'autorité territoriale peut faire procéder à tout moment à une visite de contrôle par un médecin agréé. Elle procède à cette visite de contrôle au moins une fois par an au-delà de six mois de prolongation du congé initialement accordé. / La commission de réforme compétente peut être saisie pour avis, soit par l'autorité territoriale, soit par l'intéressé, des conclusions du médecin agréé. ". Aux termes de l'article 37-17 dudit décret : " Lorsqu'il est guéri ou que les lésions résultant de l'accident de service, de l'accident de trajet ou de la maladie professionnelle sont stabilisées, le fonctionnaire transmet à l'autorité territoriale un certificat médical final de guérison ou de consolidation. / Toute modification de l'état de santé du fonctionnaire constatée médicalement postérieurement à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure qui nécessite un traitement médical peut donner lieu à un nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. / La rechute est déclarée dans le délai d'un mois à compter de sa constatation médicale. La déclaration est transmise dans les formes prévues à l'article 37-2 à l'autorité territoriale dont relève le fonctionnaire à la date de cette déclaration. / L'autorité territoriale apprécie la demande de l'agent dans les conditions prévues au présent titre. ".
7. Il ne résulte ni des dispositions précitées, ni d'aucune disposition légale ou règlementaire ni d'aucun principe général que l'autorité administrative serait tenue d'informer l'agent de la faculté dont il dispose de saisir la commission de réforme pour avis. Le vice de procédure invoqué sur ce point doit donc être écarté.
8. En troisième lieu, la circonstance que le docteur C, en charge de l'expertise médicale de Mme A, auquel il appartenait à ce titre d'émettre un avis technique sur la base de l'ensemble des éléments médicaux à sa disposition, notamment relatifs à l'état antérieur de l'intéressée, ait tenu compte d'une précédente consultation effectuée par cette dernière, ne saurait être regardée comme une violation du secret médical ayant une incidence sur la légalité de l'arrêté en litige. Le moyen invoqué sur ce point sera écarté comme inopérant.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur, : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. () ".
10. Lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice de ces dispositions est subordonné à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain, mais non nécessairement exclusif, avec l'accident de service. En outre, l'existence d'un état antérieur, soit-il évolutif, ne permet d'écarter l'imputabilité au service de l'état d'un agent que lorsqu'il apparaît que cet état a déterminé, à lui seul, l'incapacité professionnelle de l'intéressé.
11. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'expertise médicale réalisée par le docteur C que Mme A présente une tendinite chronique évolutive de la coiffe de l'épaule gauche depuis 2019, traitée par une rééducation de longue durée et que, dans ces conditions, l'accident dont elle a été victime le 28 décembre 2021 a entraîné une décompensation de cette tendinite chronique dont la guérison, c'est-à-dire le retour à l'état antérieur, a pu être fixée au 3 février 2022. Si la requérante fait état d'une capsulite et conteste la préexistence d'une tendinite de l'épaule, elle n'apporte aucun élément de nature à établir que les troubles et souffrances qui ont fait l'objet d'arrêts de travail postérieurs au 4 février 2022 auraient présenté un lien direct et certain avec son accident de travail, la lettre du docteur B se contentant de récapituler les faits et d'énoncer les suites médicales de la prise en charge des douleurs de Mme A. Au regard de ces éléments, c'est sans erreur d'appréciation que le maire de la commune de Villeneuve-lez-Avignon a refusé, par l'arrêté en litige, de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail de Mme A postérieurs au 4 février 2022.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 février 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressée doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce soit mise à la charge de la commune de Villeneuve-lez-Avignon la somme de 74 euros que demande Mme A, correspondant au coût de la contre-expertise médicale qu'elle a décidé de faire réaliser au soutien de ses conclusions et qui constituent des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et la commune de Villeneuve-lez-Avignon.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
F. BEREHOUC
Le président,
G. ROUX
La greffière,
B. ROUSSELET-ARRIGONI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°220105
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026