mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201129 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HOUDART & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2022, M. B A, représentée par Me Bonnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Ponteils a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 20 juin 2019 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Ponteils de reconnaître l'accident du 20 juin 2019 comme imputable au service et de régulariser sa situation administrative en conséquence depuis cette date ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Ponteils la somme de 2 000 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aucun médecin du travail n'a été consulté par le comité médical du 14 mai 2020 ni par celui du 29 juillet 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'accident qu'il a subi le 20 juin 2019 a eu lieu sur le lieu et dans le temps du travail de sorte qu'il aurait dû bénéficier de la présomption d'imputabilité prévue par les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'incompétence négative dès lors que l'administration s'est crue à tort liée par l'avis de la commission de réforme du 30 juin 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2022, le centre hospitalier de Ponteils, représenté par la SELAS Houdart et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 800 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mazars,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. A, titularisé le 1er juin 2015 au grade d'animateur principal de 1ère classe, occupe les fonctions d'enseignant en activité physique adaptée au sein du service de réadaptation et de rééducation du centre hospitalier Les Châtaigniers de Ponteils-et-Brésis (Gard). Il aurait fait l'objet, le 20 juin 2019, d'un fait accidentel marqué par l'apparition d'une vive douleur à l'arrière du cou, soudaine et inattendue, révélant une pathologie dépressive réactionnelle à sa souffrance professionnelle. Par une décision du 27 janvier 2022 dont il demande l'annulation, le directeur du centre hospitalier de Ponteils a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 20 juin 2019.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes de l'article R. 421-2 de ce code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. () ".
3. Une décision dont l'objet est le même qu'une précédente décision revêt un caractère confirmatif dès lors que ne s'est produit entre temps aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 3 juin 2021 reçu le 7 juin 2021, M. A a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 20 juin 2019. Le silence gardé par l'administration sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 7 août 2021. Or, la décision attaquée du 27 janvier 2022 présente le même objet et est fondée sur les mêmes causes juridiques que la décision implicite du 7 août 2021. Par suite, en l'absence d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, la décision du 27 janvier 2022 est purement confirmative de la décision implicite du 7 août 2021, devenue définitive, et ne peut donc faire l'objet d'aucun recours contentieux. La fin de non-recevoir soulevée par le centre hospitalier de Ponteils doit ainsi être accueillie et la requête de M. A rejetée comme étant irrecevable dans l'ensemble de ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 800 euros à verser au centre hospitalier de Ponteils au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Ponteils sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de Ponteils.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,
Mme Mazars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
La rapporteure,
M. MAZARS
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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