LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2201197

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2201197

vendredi 1 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2201197
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantLAURENT-NEYRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

D une requête et un mémoire enregistrés les 19 avril et 5 juin 2022, M. C, représenté D Me Laurent-Neyrat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2022 D lequel la préfète de la Lozère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Lozère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou à défaut de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros D jour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. B soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- méconnaît l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de procédure en l'absence de contradictoire ;

- est entachée d'incompétence ;

- méconnaît l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de destination :

- est dépourvue de base légale car fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire, elle-même illégale.

D un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2022, la préfète de la Lozère conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés D M. B ne sont pas fondés.

D ordonnance du 20 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mai 2022.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale D une décision du 15 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code civil,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. A.

Considérant ce qui suit :

1.M. B, ressortissant malien indiquant être né le 31 décembre 2002, est entré en France selon ses déclarations le 17 juillet 2017. D ordonnance datée du même jour, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Privas l'a placé à titre provisoire auprès des services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Lozère. Le 20 août 2021, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D arrêté du 24 janvier 2022, la préfète de la Lozère a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de l'arrêté du 24 janvier 2022 :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans la rédaction applicable au présent litige : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française. "

4.D'autre part, l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies D l'article 47 du code civil ". Et selon l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

5.Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue D tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation D l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits D les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production D l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée D principe à de tels documents.

6.Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée se fonde uniquement sur le fait que M. B ne remplirait pas les conditions de délivrance du titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne justifie pas de son état civil ni, D conséquent, de sa minorité lors de sa prise en charge, compte tenu de l'existence d'un doute sur l'authenticité des documents d'état civil qu'il a fournis.

7.Pour renverser la présomption d'authenticité attachée aux actes d'état civil étranger établis selon les formes usitées, la préfère de la Lozère produit deux rapports d'analyse réalisés le 2 mars 2021 D les services spécialisés de la police aux frontières de Montpellier, relatifs à un jugement supplétif d'acte de naissance du 28 avril 2017 et un extrait d'acte de naissance établi à partir de ce jugement le 3 mai 2017. Si les rapports concluent que ces documents sont dépourvus de force probante en raison de leur irrégularité formelle au regard de l'article 126 de la loi du 30 décembre 2011 portant code des personnes et de la famille du Mali, puisque la date d'établissement est inscrite en chiffres et non en toutes lettres, l'article 126 précité n'a pas vocation à s'appliquer aux jugements supplétifs, qui ne sont pas des actes d'état civil mais des décisions judiciaires relatives à l'état civil. Dès lors, en l'absence d'autres irrégularités relevées D le rapport d'analyse, il n'est pas établi que les actes d'état civil susmentionnés soient dépourvus de force probante.

8.D ailleurs, si la préfète de la Lozère invoque le non-respect du délai d'appel entre la date du jugement supplétif et celle de sa transcription aux registres de l'état civil, il n'est pas démontré que la transcription réalisée avant l'expiration du délai d'appel fixé D l'article 554 du code de procédure civile du Mali serait constitutive d'une fraude ni même d'une irrégularité. Dans ces conditions, la préfète de la Lozère, qui ne conteste pas l'authenticité du passeport biométrique délivré à M. B D le consul général du Mali à Paris le 18 juin 2021, n'apporte pas d'éléments suffisamment probants pour renverser la présomption d'authenticité attachée aux actes d'état civil étranger.

9. Dès lors que la préfète de la Lozère ne conteste pas que M. B remplissait D ailleurs les conditions de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

10.D suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, la décision du 24 janvier 2022 D laquelle la préfète a refusé à M. B la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être annulée. D voie de conséquence, les décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, doivent également être annulées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Eu égard au motif sur lequel il se fonde, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète de la Lozère de réexaminer la demande de M. B. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

12. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. D suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Laurent-Neyrat, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Laurent-Neyrat de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 24 janvier 2022 D lequel la préfète de la Lozère a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Lozère de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à Me Barbara Laurent-Neyrat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Barbara Laurent-Neyrat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à la préfète de la Lozère et à Me Laurent-Neyrat.

Délibéré après l'audience du 17 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public D mise à disposition au greffe le

Le rapporteur,

P. A

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

P. PARISIEN

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne à la préfète de la Lozère en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions