mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201297 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 22 avril, 30 août et 19 décembre 2022 et 3 et 15 janvier 2024, M. B C, représenté par la SELARL Blanc, Tardivel, Bocognano, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel le maire de Vauvert a refusé de lui délivrer un permis de construire un hangar agricole ;
2°) d'enjoindre au maire de Vauvert de lui délivrer le permis de construire demandé dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vauvert la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- l'avis défavorable émis par la préfète du Gard est insuffisamment motivé et est fondé sur un motif erroné ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit au regard des articles L. 121-8 et L. 121-10 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- les substitutions de motifs sollicitées en défense doivent être écartées.
Par des mémoires en défense enregistrés les 6 juillet et 5 octobre 2022, 21 décembre 2023 et 5 janvier 2024, la commune de Vauvert, représentée par la SELARL Gil-Gros-Crespy, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le maire était lié par l'avis conforme défavorable émis par la préfète du Gard pour refuser de délivrer le permis de construire ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;
- le projet méconnaît l'article A2 du règlement du PLU en ce que, d'une part, il porte en réalité sur une construction à usage d'habitation non conforme à ces dispositions et, d'autre part, l'exploitation agricole à laquelle il est lié ne présente pas un caractère significatif ;
- les motifs tirés de la méconnaissance des articles A6 et A7 du règlement du PLU auraient pu fonder le refus de permis de construire en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault pour le requérant, celles de Me Cros pour la commune de Vauvert et celles de Mme A pour le préfet du Gard.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 septembre 2021, M. C a déposé auprès des services de la commune de Vauvert une demande de permis de construire portant sur la régularisation, l'extension et le changement de destination en hangar agricole d'une construction à usage d'habitation implantée sur un terrain situé Chemin vieux de Saint-Gilles, lieu-dit Cheval Blanc, parcelle cadastrée section BR n° 57, classée en zone Ak du PLU. La préfète du Gard a été saisie d'une demande d'accord au titre des dispositions de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme et a émis un avis défavorable au projet le 4 janvier 2022. M. C demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel le maire de Vauvert a refusé de faire droit à sa demande de permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. () " En application de l'article L. 121-10 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 121-8, les constructions ou installations nécessaires aux activités agricoles ou forestières ou aux cultures marines peuvent être autorisées avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers. Ces opérations ne peuvent être autorisées qu'en dehors des espaces proches du rivage, à l'exception des constructions ou installations nécessaires aux cultures marines. () "
3. Il est constant que le territoire de la commune de Vauvert est soumis à l'application de la loi littoral et que le terrain d'assiette du projet n'est pas situé en continuité de l'agglomération existante, de sorte que l'accord de la préfète du Gard était requis en application des dispositions de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme. Ainsi qu'évoqué au point 1, cette autorité a émis, le 4 janvier 2022, un avis défavorable au projet au motif qu'il n'était pas établi que le hangar projeté présentait un caractère nécessaire à une activité agricole ou forestière. L'arrêté de refus de permis de construire litigieux est uniquement fondé sur cet avis défavorable conforme.
4. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. C, agriculteur à titre principal, exploite des terres viticoles et cultive des herbes aromatiques. Le hangar projeté vise au stockage des matériels agricoles et récoltes issues de cette seconde activité et à la préparation des commandes correspondantes et porte, d'une part, sur la régularisation du bâtiment d'une surface d'environ 67 mètres-carrés édifié sur la parcelle sans autorisation et, d'autre part, sur l'extension de ce bâtiment qui présentera dans son état final une surface de 138,41 mètres-carrés. Le requérant produit, pour les années 2020 à 2022, plus de 100 factures d'un montant variant entre 800 et 1 700 euros environ correspondant aux ventes réalisées dans le cadre de son activité de culture d'herbes aromatiques. Il fait, en outre, valoir sans être contredit que les matériels utilisés dans le cadre de cette activité sont actuellement entreposés au siège de son exploitation, sur un terrain classé par le plan de prévention des risques d'inondation de Vauvert en zone inondable d'aléa fort, et qu'ils ont, de ce fait, été exposés à différents sinistres causés par des inondations. M. C démontre ainsi, par ces éléments, la réalité de son activité de culture d'herbes aromatiques et la nécessité de disposer d'un lieu de stockage pour son exercice. Le requérant est donc fondé à soutenir que l'avis de la préfète du Gard, sur lequel est exclusivement fondé le refus de permis de construire contesté, est entaché d'erreur d'appréciation.
5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens de la requête ne sont pas susceptibles de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.
6. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
7. Aux termes de l'article A6 du règlement du PLU : " Sauf indications contraires mentionnées aux documents graphiques, les constructions doivent être implantées à au moins 8 mètres de l'axe des voies et chemins ouverts à la circulation générale. Ces dispositions ne s'appliquent pas en cas d'extension d'un bâtiment existant situé au-delà de ces limites ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet longe, à l'est, un chemin ouvert à la circulation publique. La commune de Vauvert produit en défense une vue aérienne issue du site Géoportail dont les mesures révèlent que le bâtiment existant est en plusieurs points située à moins de 8 mètres de l'axe dudit chemin. Le requérant, en se bornant à faire valoir, d'une part, que les informations reportées sur ce site ne sont pas entièrement fiables sans produire de pièces plus précises, aucun plan de masse ne figurant d'ailleurs au dossier de demande de permis de construire, et, d'autre part, que les débords de toiture doivent être exclus de la distance entre la construction et l'axe de la voie alors que ce mode de calcul n'est pas expressément prévu par le règlement du PLU, ne conteste pas utilement la véracité des éléments dont fait état la commune. Il s'ensuit que cette dernière est fondée à soutenir que le projet méconnaît l'article A6 du règlement du PLU et que le refus de permis de construire en litige aurait pu être fondé sur ce motif. Il y a donc lieu d'accueillir la substitution de motif sollicitée sur ce point, qui ne prive le requérant d'aucune garantie procédurale.
9. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres substitutions de motif invoquées en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Vauvert, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Vauvert au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Vauvert.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026