jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201352 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP GOUTAL ALIBERT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2022, M. C A, représenté par Me Soulier de la SELARL Eve Soulier - Jérôme Privat - Thomas Autric, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le directeur général de l'office public de l'habitat - Habitat du Gard (OPH - Habitat du Gard) a prononcé à son encontre la sanction de révocation à compter du 1er avril 2022, et l'a radié des cadres à compter de cette date ;
2°) d'enjoindre à l'OPH - Habitat du Gard de le rétablir en conséquence dans ses droits ;
3°) de mettre à la charge de l'OPH - Habitat du Gard la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la sanction est insuffisamment motivée en fait ;
- la sanction est entachée de vices de procédures :
* le rapport disciplinaire de saisine du conseil de discipline n'a pas été produit ;
* il n'a pas été régulièrement convoqué pour consulter son dossier et comparaître devant le conseil de discipline ;
* le conseil de discipline a statué en dehors du délai de deux mois requis par le décret du 18 septembre 1989 ;
- l'ensemble des faits qui lui sont reprochés sont prescrits ;
- la sanction de révocation méconnaît le principe de non bis in idem dès lors qu'il a déjà fait l'objet de sanctions disciplinaires pour les mêmes faits, dont le dernier remonte au 21 juin 2021 ;
- la matérialité des faits reprochés, qui repose sans précision sur la pétition de 28 locataires, n'est pas suffisamment établie et contredite par les témoignages qu'il produit au soutien de sa requête ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2023, l'office public de l'habitat (OPH) - Habitat du Gard, représenté par Me Kaczmarczyk de la SCP Goutal Alibert et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galtier,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- et les observations de Me Degirmenci, représentant l'OPH - Habitat du Gard.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique de l'OPH - habitat du Gard affecté au gardiennage d'immeuble, a fait l'objet, par un arrêté du directeur général en date du 14 mars 2022, d'une sanction disciplinaire de révocation à compter du 1er avril 2022, emportant radiation des cadres à compter de cette date. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, la circonstance, à la supposer établie, que l'arrêté litigieux ne caractérise pas suffisamment les manquements reprochés à M. A pour justifier la sanction n'est pas de nature à faire regarder l'arrêté litigieux comme insuffisamment motivé alors que celui-ci mentionne les dispositions applicables et les considérations de fait qui le fondent, et notamment la non-exécution ou mauvaise exécution de ses tâches par M. A. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 90 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " () Le conseil de discipline est saisi par un rapport de l'autorité territoriale. Ce rapport précise les faits reprochés et les circonstances dans lesquelles ils ont été commis () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix. / L'intéressé doit disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de ce dossier et organiser sa défense ". Aux termes de l'article 5 de ce décret : " Lorsqu'il y a lieu de saisir le conseil de discipline, le fonctionnaire poursuivi est invité à prendre connaissance, dans les mêmes conditions, du rapport mentionné au septième alinéa de l'article 90 de la loi du 26 janvier 1984 précitée et des pièces annexées à ce rapport ". Et aux termes de l'article 6 de ce même décret : " Le fonctionnaire poursuivi est convoqué par le président du conseil de discipline, quinze jours au moins avant la date de la réunion, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception () ". Enfin aux termes de l'article 13 de ce décret : " Le conseil de discipline doit se prononcer dans le délai de deux mois à compter du jour où il a été saisi par l'autorité territoriale. Ce délai n'est pas prorogé lorsqu'il est procédé à une enquête () ".
4. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été informé, par un courrier recommandé du 26 octobre 2021, de l'engagement d'une procédure disciplinaire à son encontre et de ses droits procéduraux, notamment de son droit à consulter son dossier individuel et de la possibilité d'être assisté par la personne de son choix à l'occasion de cette consultation. Pareillement, l'intéressé a été convoqué devant le conseil de discipline par un courrier recommandé du 21 janvier 2022, lequel a examiné la proposition de sanction dans sa séance du 24 février 2022. Dans ces conditions, M. A, qui n'a pas réclamé ces deux plis postaux, présentés à son logement de fonctions respectivement les 2 novembre 2021 et 26 janvier 2022, n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas bénéficié d'une convocation régulière en l'application des dispositions précitées.
5. Ensuite, si le requérant soutient, sans plus de précisions, que le rapport disciplinaire de saisine du conseil de discipline n'a pas été produit, il ressort toutefois des pièces du dossier que le courrier du 26 octobre 2021 l'informant de l'ouverture de la procédure disciplinaire et l'invitant à prendre consultation de son dossier mentionnait expressément que cette consultation concernait le rapport de saisine adressé au conseil de discipline. Or, M. A, qui se trouvait ainsi mis à même de demander la communication intégrale de son dossier mais qui n'a toutefois pas usé de cette faculté, n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé de cette garantie de communication du rapport de saisine.
6. Enfin, le délai prévu par l'article 13 du décret du 18 septembre 1989 précité n'a pas été édicté à peine de nullité. Par suite, la circonstance que le conseil de discipline, saisi par l'autorité disciplinaire le 26 octobre 2021, n'a statué que lors d'une séance qui s'est tenue le 24 février 2022, est sans incidence sur la régularité de la procédure disciplinaire suivie à l'encontre de M. A.
7. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure disciplinaire ne peuvent qu'être écartés.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 532-2 du code de la fonction publique : " Aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles de sanction () ".
9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la lecture de la sanction litigieuse, que pour décider de révoquer M. A de ses fonctions, le directeur général de l'OPH - Habitat du Gard s'est fondé sur le comportement de l'intéressé durant les trois années précédant la saisine du conseil de discipline, comportement qui a par ailleurs fait l'objet de plusieurs avertissements et rappels à l'ordre, et qui caractérisait une non-exécution ou mauvaise exécution de ses tâches pour les années 2019 à 2021. Par ailleurs, la circonstance que la sanction litigeuse rappelle dans ses motifs les précédentes sanctions infligées à l'intéressé en décembre 2009 et août 2011, qui constituent des éléments de contexte quant à la manière de servir de l'agent, est sans incidence sur la période prise en considération par l'autorité pour infliger la sanction de révocation, dont le début est fixé par un nouveau rappel à l'ordre le 14 juin 2019. Par suite, les faits reprochés n'étaient pas atteints par la prescription lorsque l'administration a informé son agent de l'engagement d'une procédure disciplinaire à son encontre le 27 octobre 2021. Par suite, le moyen tiré de la prescription de l'action disciplinaire doit être écarté.
10. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et ainsi qu'il vient d'être dit, que la sanction de révocation en litige est fondée sur des griefs courant à compter du 14 juin 2019. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'administration le sanctionnerait à nouveau pour des griefs l'ayant exposé à une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de deux jours le 4 décembre 2009, et à une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'un an le 16 août 2011. Par ailleurs, les neuf rappels à l'ordre ou avertissements dont il a fait l'objet durant ses trois dernières années de service, effectués par son supérieur direct M. B, responsable d'agence, ne constituent pas des sanctions disciplinaires au sens des dispositions de l'article L. 532-1 du code de la fonction publique qui réservent le pouvoir disciplinaire à l'autorité investie du pouvoir de nomination. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait déjà fait l'objet de sanctions disciplinaires pour les mêmes faits doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire, sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () / Quatrième groupe : / la mise à la retraite d'office ; / la révocation. () ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
12. Pour décider la révocation de M. A, le directeur général de l'OPH - habitat du Gard s'est fondé sur les circonstances que celui-ci avait fait l'objet de neuf rappels à l'ordre ou avertissements au cours de ses trois dernières années de service, caractérisant une non-exécution ou une mauvaise exécution de ses tâches d'entretien, ainsi que des absences injustifiées répétées, des retards à la prise de poste, et l'absence de respect des heures de sortie des containers de déchets. La sanction de révocation a également été prise aux motifs que ces faits constituent des manquements à ses obligations professionnelles et à son devoir d'obéissance hiérarchique, qui ont porté une atteinte à l'hygiène, à la salubrité et à la sécurité des personnes logées, ainsi qu'une atteinte significative à l'image de l'OPH - Habitat du Gard, caractérisée notamment par une pétition de 28 locataires le 3 août 2021. Il ressort des pièces du dossier que pour caractériser ces manquements, l'administration produit neuf courriers adressés par M. B, responsable d'agence, à M. A, son subordonné direct, lui enjoignant d'entretenir correctement les locaux et notamment la colonne sèche de secours (14 juin 2019), de respecter les horaires de sortie des containers afin d'éviter les nuisances sonores nocturnes ainsi que des dégradations, vols ou incendie (3 décembre 2019), de ne pas s'absenter de son service sans autorisation (20 février et 20 mai 2020), de la nécessité de pallier à ses carences par un prestataire extérieur (10 septembre 2020), ces reproches ayant été à nouveau formulés à plusieurs reprises en mars, juin et août 2021. Or la matérialité de ces griefs, constatés sur place ou sur rapport du supérieur hiérarchique direct de l'intéressé, n'est pas sérieusement contestée par le requérant qui, n'ayant ni consulté son dossier ni ne s'étant présenté devant le conseil de discipline, se borne à produire une dizaine de témoignages de locataires en sa faveur lesquels, rédigés de manière stéréotypée et par une personne identique, n'ont pas pour effet de remette en cause la réalité et la matérialité des faits reprochés. Par suite, les manquements de M. A à ses obligations de service, lesquels mettent en péril la salubrité mais aussi la sécurité des locataires de l'OPH-Habitat du Gard, sont constitutifs d'une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire.
13. En dernier lieu, eu égard aux faits reprochés et à leur fréquence depuis sa titularisation au grade d'adjoint technique le 1er juin 2006, aux deux précédentes sanctions disciplinaires infligées pour des faits similaires, qui n'ont pas eu pour effet de modifier sa manière de servir, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en lui infligeant une sanction de révocation, le directeur général de l'OPH-Habitat a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête, ainsi que celles présentées à fin d'injonction, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de l'OPH - Habitat du Gard, qui n'a pas la qualité de partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'OPH - Habitat du Gard au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'OPH - Habitat du Gard au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à l'office public de l'habitat - Habitat du Gard, et à Me Soulier.
Copie en sera adressée pour information au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
F. GALTIER
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026