vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201406 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP CABEE-BIVER-SPANGHERO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mai 2022, M. A D, représenté par Me Cabée, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Nîmes a délivré à la société civile de construction-vente (SCCV) " Cardinal de Cabrières " un permis de construire 17 logements sur un terrain situé 5, rue Cardinal de Cabrières, ensemble la décision du 14 mars 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes et de la SCCV " Cardinal de Cabrières " le versement de la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas démontré que le signataire de l'arrêté litigieux et de la décision rejetant son recours gracieux étaient compétents pour ce faire ;
- la décision est entachée d'incompétence en l'absence de délégation suffisamment précise et régulière ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et insuffisant au regard des dispositions des articles R. 431-7, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- la société pétitionnaire ne bénéficiait pas d'un permis de démolir alors que la réalisation du projet implique des démolitions ;
- la réalisation du projet va lui causer un préjudice financier et un préjudice de jouissance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête de M. D.
Elle fait valoir que :
- le requérant n'a pas intérêt à agir contre l'arrêté dont il demande l'annulation ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, la SCCV " Cardinal de Cabrières ", représentée par la SCP CGCB et associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant n'a pas intérêt à agir contre l'arrêté dont il demande l'annulation ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Nîmes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de M. E, pour la commune de Nîmes, et celles de Me Barnier pour la SCCV " Cardinal de Cabrières ".
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 janvier 2022, le maire de la commune de Nîmes a délivré à la SCCV " Cardinal de Cabrières " un permis de construire un immeuble collectif de dix-sept logements sur un terrain situé 5, rue Cardinal de Cabrières, cadastré section HA numéro 822, en zone IIIUB du plan local d'urbanisme de la commune. M. D demande l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté du 5 janvier 2022 a été signé, pour le maire de Nîmes, par son premier adjoint délégué à l'urbanisme M. B F. Par un arrêté du 8 juillet 2020 affiché en mairie, publié au recueil des actes administratifs de la commune du 3ème trimestre 2020 et transmis au représentant de l'Etat le jour même de son édiction, le maire de la commune de Nîmes lui a donné délégation de fonctions et de signature en matière d'urbanisme " Dont notamment tous courriers et documents administratifs relatifs à () l'urbanisme, () aux actes de construction () ". Par ailleurs, M. D ne peut utilement invoquer l'incompétence du signataire de la décision rejetant son recours gracieux, les vices propres d'une décision rejetant un recours gracieux ne pouvant être utilement contestés. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses doit, par suite, être écarté en toutes ses branches.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 () ". L'article R. 431-7 du même code prévoit que : " Sont joints à la demande de permis de construire : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Aux termes de l'article R. 431-8 de ce code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages () ". Enfin, l'article R. 431-10 du même code dispose que : " Le projet architectural comprend également : / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que celui-ci est notamment composé d'une notice détaillant les matériaux qui seront utilisés pour la réalisation du projet, les différents espaces qui seront végétalisés ainsi que la nature de cette végétation. Des documents modélisant l'aspect du projet une fois accompli sont également joints au dossier de demande de permis de construire. Par suite, les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement sont bien détaillés dans le dossier de demande. Par ailleurs, si ces documents de modélisation ne font pas apparaître les constructions environnantes en ce qui concerne la façade du bâtiment projeté donnant sur la rue du Cardinal de Cabrières, les autres pièces composant le dossier de demande, et notamment la pièce PCMI5, les photographies faisant apparaître l'état initial des lieux et le plan de masse permettent d'apprécier l'insertion du projet vis-à-vis de ces constructions. Les dispositions précitées n'imposent d'ailleurs pas de faire apparaître toutes les constructions avoisinantes dans les plans du dossier de demande. Enfin, le simple fait que le bordereau des pièces prévues à l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme précité et joint au dossier de demande de permis de construire déposé par la SCCV ne soit pas rempli n'est pas suffisant à lui seul à entraîner la méconnaissance des dispositions précitées, alors qu'il résulte de ce dossier qu'il est bien constitué des pièces correspondant aux cases du bordereau qui ne sont pas cochées. Au regard de ces éléments, le moyen tiré de l'insuffisance et de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
6. En troisième lieu, l'article L. 421-3 du code de l'urbanisme dispose que : " Les démolitions de constructions existantes doivent être précédées de la délivrance d'un permis de démolir lorsque la construction relève d'une protection particulière définie par décret en Conseil d'Etat ou est située dans une commune ou partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instaurer le permis de démolir ". Aux termes de l'article L. 451-1 du même code: " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition ". Selon l'article R. 421-27 de ce code : " Doivent être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction située dans une commune ou une partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instituer le permis de démolir ". Enfin, l'article R. 431-21 du même code prévoit que : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : / a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ".
7. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que lorsqu'un permis de construire autorise un projet qui implique la démolition totale ou partielle d'un bâtiment soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire doit, soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir, soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction. D'autre part, si le permis de construire et le permis de démolir peuvent être accordés par une même décision, au terme d'une instruction commune, ils constituent des actes distincts ayant des effets propres. Eu égard à l'objet et à la portée du permis de démolir, la décision statuant sur la demande de permis de construire ne peut valoir autorisation de démolir que si le dossier de demande mentionne explicitement que le pétitionnaire entend solliciter cette autorisation.
8. Il ressort du cadre 6 de l'imprimé Cerfa de la demande déposée par la SCCV " Cardinal de Cabrières " que celle-ci a sollicité un permis de construire un immeuble collectif de 17 logements individuels valant autorisation de démolition totale du bâti existant sur le terrain d'assiette de son projet. Elle a d'ailleurs joint à son dossier un plan de masse et des photographies des ouvrages à démolir. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté de permis de construire du 5 janvier 2022 est illégal en l'absence de permis de démolition délivré à la société pétitionnaire.
9. Enfin, un arrêté de permis de construire a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec les dispositions législatives et réglementaires d'urbanisme en vigueur. Ainsi, les atteintes qui peuvent être portées par le projet à l'occupation, l'utilisation, la jouissance et la valeur du bien de M. D ne peuvent être utilement invoquées pour contester la légalité du permis de construire contesté, qui a été délivré sous réserve des droits des tiers. Par suite, les moyens tirés de la perte de jouissance de son bien, des vues induites par le projet, de la perte d'ensoleillement de sa propriété ainsi que de la diminution de sa valeur vénale doivent être écartés comme inopérants.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. D doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Nîmes et de la SCCV " Cardinal de Cabrières ", qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SCCV " Cardinal de Cabrières " présentées sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la SCCV " Cardinal de Cabrières " présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à la société civile de construction-vente " Cardinal de Cabrières " et à la commune de Nîmes.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Ciréfice, président,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Lagarde, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 mai 2023.
La rapporteure,
L. C
Le président,
C. CIRÉFICE
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026