mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201595 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2022 Mme A B, représenté par Me Perrien, demande au tribunal :
- l'annulation de l'arrêté 22-1060 du 26 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes met à exécution un arrêté portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, prolonge son interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an et la place en rétention administrative,
- d'enjoindre la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard,
- de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Cette décision est insuffisamment motivée en droit et en fait et leur auteur ne justifie pas d'une délégation de signature l'autorisant à l'édicter.
-l'OQTF est entachée d'une erreur de droit ou à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la gravité de ses effets sur ma situation personnelle
- l'ensemble des moyens de faits et de droit sera plus amplement développé dans le cadre d'un mémoire complémentaire qui suivra cette requête ainsi qu'à l'audience à venir, à l'appui de pièces justificatives.
Le préfet des Alpes-Maritimes a conclu au rejet de la requête par un mémoire reçu le 6 juillet 2022. Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juillet 2022 :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Perrien, pour Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante tunisienne née le 9 septembre 1979 à Tunis, demande l'annulation de de l'arrêté 22-1060 du 26 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes met à exécution son arrêté du 23 octobre 2021 portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, prolonge son interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an et la place en rétention administrative.
2. Par une ordonnance en date du 29 mai 2022 le juge des libertés et de la détention a ordonné la remise en liberté de la requérante, au motif que la rétention de la requérante pour une durée prolongée priverait les deux enfants mineurs qui vivent avec elle de la protection et des soins dispensés par la mère. Le litige devant le tribunal administratif ne porte plus dès lors que sur la prolongation pour un an de l'interdiction de quitter le territoire.
3. Par arrêté n° 2022-428 du 17 mai 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs spéciaux n°212-2022 de la préfecture des Alpes-Maritimes, M. E D, directeur de la règlementation, de l'intégration et des migrations, a reçu délégation à l'effet de signer au nom du préfet des Alpes-Maritimes les actes et documents relevant de la compétence de cette direction, dont la décision d'interdiction de retour contenue dans l'arrêté attaqué.
4. Aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants :1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; ". Mme B, qui s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français alors qu'elle état obligée de le quitter en application d'un arrêté du 23 octobre 2021 du préfet des Alpes-Maritimes, pouvait voir prolonger son interdiction de retour prononcée par ce même arrêté.
5. Aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./ Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant à une année la durée de la prolongation, en tenant compte des éléments personnels précisés dans l'arrêté attaqué, le préfet aurait commis une erreur d'appréciation, ou pris une mesure disproportionnée.
6. La requérante ne justifie d'aucun empêchement à retourner en Tunisie avec ses enfants. Elle n'est dès lors pas fondée à soutenir que la prolongation de l'interdiction de retour porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants -lequel est de suivre leur mère - a été violé en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention. Pour le même motif, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir d'une violation de son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2022 du préfet des Alpes-Maritimes. Sa requête doit par suite être rejetée, y compris ses conclusions à fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet des Alpes-Maritimes et à Me Perrien.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
F. C La greffière,
A. NOGUERO
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026