mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | IMBERT-GARGIULO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juin 2022, M. et Mme C demandent, dans le dernier état de ses écritures, au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel la commune des Taillades les a mis en demeure d'effectuer des travaux de mise en conformité suite au rapport d'insalubrité établi par l'agence régionale de santé, sur leur bien situé au 480 Route de Cavaillon ;
2°) de mettre à la charge de la commune des Taillades une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-en l'absence de justification de la réalité de cette délégation, de son étendue et de sa publication régulière, l'auteur des constatations ayant fondé l'arrêté litigieux, le garde champêtre, n'a pas bénéficié d'un acte de délégation régulier ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le maire demande la mise en conformité d'un lieu qui ne sert plus de logement, il ne peut prendre un arrêté de péril si aucun locataire n'habite le bien litigieux ;
- les procédures relatives à la constatation de la situation de salubrité et de péril imminent n'ont pas été respectées dès lors que :
o il n'y a pas eu de concertation entre les parties et qu'ils n'ont pas été invités à donner leur avis sur la plainte de M. B et Mme A ;
o le rapport n'a pas été établi contradictoirement ;
o l'agence régionale de santé n'a pas produit de rapport ;
o qu'ont été méconnues les dispositions de l'article L. 2211-1 et suivants du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 1421 du code de la santé publique qui imposent la sollicitation de l'avis du Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques ;
-M. B a méconnu ses obligations découlant du bail commercial qui lui imposaient l'entretien des lieux ;
-il est porté atteinte au principe de sécurité juridique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2023, la commune des Taillades, représentée par Me Imbert-Gargiulo, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. et Mme C à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de la santé publique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de Mme Lellig, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pavia, représentant la commune des Taillades, qui reprend ses écritures.
- M. et Mme C ne sont ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 avril 2022, pris sur le fondement des dispositions du code de la santé publique, la commune des Taillades met en demeure M. et Mme C d'effectuer des travaux de mise en conformité au titre d'un logement insalubre.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des trois premiers alinéas de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique : " Lorsqu'un immeuble, bâti ou non, vacant ou non, attenant ou non à la voie publique, un groupe d'immeubles, un îlot ou un groupe d'îlots constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la santé des occupants ou des voisins, le représentant de l'Etat dans le département, saisi d'un rapport motivé du directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article L. 1422-1, du directeur du service communal d'hygiène et de santé concluant à l'insalubrité de l'immeuble concerné, invite la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à donner son avis dans le délai de deux mois : / 1° Sur la réalité et les causes de l'insalubrité ; / 2° Sur les mesures propres à y remédier ". Le quatrième alinéa du même article, issu de l'ordonnance n° 2005-1566 du 15 décembre 2005, précise que : " L'insalubrité d'un bâtiment doit être qualifiée d'irrémédiable lorsqu'il n'existe aucun moyen technique d'y mettre fin, ou lorsque les travaux nécessaires à sa résorption seraient plus coûteux que la reconstruction ". Aux termes de l'article L. 1331-28 du même code : " I. - Lorsque la commission ou le haut conseil conclut à l'impossibilité de remédier à l'insalubrité, le représentant de l'Etat dans le département déclare l'immeuble insalubre à titre irrémédiable, prononce l'interdiction définitive d'habiter et, le cas échéant, d'utiliser les lieux et précise, sur avis de la commission, la date d'effet de cette interdiction, qui ne peut être fixée au-delà d'un an. Il peut également ordonner la démolition de l'immeuble. / () / II. - Lorsque la commission ou le haut conseil conclut à la possibilité de remédier à l'insalubrité, le représentant de l'Etat dans le département prescrit par arrêté les mesures adéquates ainsi que le délai imparti pour leur réalisation sur avis de la commission ou du haut conseil et prononce, s'il y a lieu, l'interdiction temporaire d'habiter et, le cas échéant, d'utiliser les lieux. / () ".
3. Il résulte des dispositions des articles L. 1331-26 et L. 1331-28 du code de la santé publique, n'ont ni pour objet, ni pour effet de permettre à l'autorité administrative de prescrire la réalisation de travaux par le propriétaire de locaux à la fois inoccupés et libres de location et dont l'état ne constitue pas un danger pour la santé des voisins. Le juge administratif, saisi d'un recours de plein contentieux contre un arrêté d'insalubrité, doit tenir compte de la situation existant à la date à laquelle il se prononce et peut, au besoin, modifier les mesures ordonnées par l'autorité administrative. Lorsqu'il constate que, postérieurement à l'intervention de l'arrêté qui lui est déféré, le bail a été résilié et que les locaux, qui ne menacent pas la santé des voisins, se trouvent désormais à la fois inoccupés et libres de location, il lui appartient d'annuler l'arrêté en tant qu'il ordonne la réalisation de travaux par le propriétaire et de ne le laisser subsister qu'en tant qu'il interdit l'habitation et, le cas échéant, l'utilisation des lieux.
4. Il résulte de l'instruction qu'un congé avec refus de renouvellement du bail commercial conclu entre M. et Mme C et M. B contre paiement d'une indemnité d'éviction en date du 29 septembre 2021 a été signifié par un huissier de justice au locataire. En tout état de cause, il n'est pas utilement contesté par la commune qui avait les moyens de le faire, qu'à la date du jugement, le logement est vacant.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel la commune Les Taillades les a mis en demeure d'effectuer des travaux de mise en conformité pour un logement inoccupé doit être annulé.
Sur les frais de l'instance :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
7. Il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune des Taillades la somme de 1 500 euros que demandent les requérants. Ces mêmes dispositions s'opposent à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement par la commune des Taillades, partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune des Taillades en date du 21 avril 2022 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et à la commune des Taillades.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026