mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2201965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GEOFFRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2022, M. F E, Mme D E et M. A B, représentés par Me Doux, demandent au juge des référés :
1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2022 par laquelle le maire de la commune de Crestet ne s'est pas opposé aux travaux déclarés par Mme C en vue de la reconstruction à l'identique d'une habitation de 20 m² ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Crestet la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est présumée et que les travaux de démolition ont commencé ;
- sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige les moyens tirés de :
* la nécessité de déposer un permis de construire dès lors que le projet a une surface de plancher de 20 m² et est situé dans le périmètre d'un site inscrit ;
* la méconnaissance de l'avis émis par le préfet de Vaucluse le 20 mai 2022 dès lors que l'existence légale d'une construction n'est pas démontrée et que la reconstruction ne se fera pas à l'identique puisque le bâtiment faisait à l'origine 15 m² ;
* l'insuffisance du dossier de la déclaration préalable qui ne comporte pas de plan de coupe ni de document graphique alors que le projet a généré des travaux de décaissement d'environ deux mètres de hauteur et modifié le profil du terrain ;
* l'irrégularité de la consultation de l'architecte des bâtiments de France qui n'a été saisi que d'un dossier incomplet ;
* le défaut de motivation en droit ;
* l'erreur de droit dès lors que l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme ne permet pas la reconstruction de bâtiments qui n'ont pas fait l'objet d'une autorisation d'urbanisme ; les autorisations d'urbanisme obtenues antérieurement sont en tout état de cause devenues caduques ;
* la violation de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme dès lors que le projet est en dehors des parties urbanisées de la commune et ne relève pas des exclusions prévues à l'article L. 111-4 du même code.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, la commune de Crestet, représentée par Me Clauzade, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir suffisant dans leur requête au fond alors qu'ils résident entre 129 et 198 mètres du projet, masqué au surplus par la végétation, qu'ils ne justifient pas même de leur qualité de propriétaire riverain et que le projet consiste en la réhabilitation d'un bâtiment de très faible ampleur ;
- l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige n'est pas démontrée alors que l'instabilité du bâtiment rend urgent les travaux ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, Mme C, représentée par Me Geoffret, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
- la requête est irrecevable, dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir suffisant dans leur requête au fond alors qu'ils résident à 135 et 200 mètres du projet qui est au surplus masqué par la végétation, qu'ils ne justifient pas même de leur qualité de propriétaire riverain et que le projet consiste en la réhabilitation d'un bâtiment de 20 m² ;
- l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige n'est pas démontrée ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Antolini, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés ;
- la requête, enregistrée le 28 juin 2022 sous le n° 2201966, tendant à l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Crestet ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 juillet 2022 à 10 heures :
- le rapport de M. G ;
- les observations de Me Doux, représentant les Consorts E et M. B, celles de Me Clauzade, pour la commune de Crestet, et celles de Me Geoffret pour Mme C.
La clôture de l'instruction a été prononcée, à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée pour Mme C a été enregistrée le 13 juillet 2022.
Considérant ce qui suit :
1. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
2. La demande des Consorts E et M. B tend, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2022 par laquelle le maire de la commune de Crestet ne s'est pas opposé aux travaux déclarés par Mme C en vue de la reconstruction à l'identique d'une habitation de 20 m².
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est devenu propriétaire d'un très ancien cabanon implanté dans un site inscrit et dont les caractéristiques méritent d'être préservées selon l'architecte des bâtiments de France saisi pour avis. Par un premier arrêté du 27 mai 2019, le maire de Crestet a autorisé l'extension de ce bâtiment pour une superficie de 5 m². Par un second arrêté du 9 août 2021, il a autorisé la transformation en logement de ce cabanon. Il est constant que ces travaux n'ont jamais été achevés. Il est tout aussi constant que la légalité d'une autorisation d'urbanisme doit s'apprécier au regard de ce qu'elle autorise et des prescriptions qu'elle comporte et non de la manière dont elle a été exécutée. Il ressort enfin des photos versées au débat que le cabanon en cause est maçonné en pierres sèches dans la tradition ancienne et que les pierres de taille ont été conservées par le pétitionnaire, comme le préconise l'avis de l'architecte des bâtiments de France qui impose le réemploi des matériaux anciens.
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens sus analysés qu'invoquent les Consorts E et M. B n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Ainsi, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence ou sur les fins de non-recevoir opposées en défense, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par les Consorts E et M. B au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Ces dispositions font obstacle à ce que la commune de Crestet, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, verse une quelconque somme aux requérants au titre des frais non compris dans les dépens qu'ils ont dû exposer dans cette instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de condamner les Consorts E et M. B à verser à la commune de Crestet et à Mme C les sommes qu'elles demandent sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête des Consorts E et M. B est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée aux Consorts E, à M. A B, à la commune de Crestet et au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 19 juillet 2022.
Le juge des référés,
J. G
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026