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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2202154

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2202154

mercredi 7 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2202154
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantBRUYERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2022, Mme D A, représentée par Me Bruyere, demande au tribunal :

- l'annulation de l'arrêté du 16 juillet 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes fixe son pays de renvoi :

- la mise à la charge de l'État d'une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative ;

- d'enjoindre la préfecture de délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 € par jour de retard.

Elle soutient que :

- la décision n'est pas motivée en droit et en fait et il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit ou à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la gravité de ses effets sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

A été entendu au cours de l'audience publique du 7 septembre 2022 le rapport de M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A a été condamnée par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence le 22 mai 2017 à une interdiction du territoire français pour une durée de 10 ans pour des faits de proxénétisme aggravé. Elle demande l'annulation de l'arrêté en date du 16 juillet 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

2. L'arrêté attaqué du 16 juillet 2022 a été signés pour le préfet des Alpes-Maritimes par Mme C E, cheffe du pôle éloignement du bureau de l'éloignement et du contentieux du séjour. Par arrêté n°2022-572 du 5 juillet 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n°152-2022 de la préfecture des Alpes-Maritimes, Mme E a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du préfet des Alpes-Maritimes les décisions fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. L'arrêté contesté comporte, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen de la situation particulière de la requérante au regard des stipulations et dispositions législatives et réglementaires applicables, et après avoir entendu l'intéressée sur la destination envisagée par le préfet. Le moyen tiré d'un défaut de motivation ne peut être qu'écarté, de même que le moyen tiré d'une absence d'examen complet et sérieux de la situation de la requérante.

4. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office " d'une peine d'interdiction du territoire français " et aux termes de l'article L. 721-4 " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". En l'espèce Mme A soutient que la décision la concernant est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation et produit un certificat médical émanant du Département de médecine légale, sociale et pénitentiaire du Centre hospitalier universitaire de Nice faisant état de diverses pathologies dont souffrirait la requérante. Il n'est pas établi pour autant que la requérante, ressortissante nigériane ne pourrait pas bénéficier des soins nécessaires au Nigéria, ni que son état de santé ne lui permette pas de voyager sans risque vers ce pays et la décision n'est entachée ni d'erreur d'appréciation ni d'une erreur de droit.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A ne peut être que rejetée, y compris ses conclusions à fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au préfet des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

F. BLa greffière,

A. NOGUERO

La République mande et ordonne préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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