mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 28 juillet 2022 et le 30 août 2023, M. B A, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2022 par lequel la commune de Nîmes lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonction d'une durée d'un jour ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre la commune de Nîmes de lui verser le jour de traitement illégalement retenu dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
- la faute disciplinaire et la matérialité des faits ne sont pas établies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, la commune de Nîmes, représentée par Me Maillot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer, présidente de la 2ème chambre, en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 décembre 2023 à 9 heures :
- le rapport de Mme Boyer, présidente,
- le rapport de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bard pour la commune de Nîmes.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est agent de maîtrise au sein de la commune de Nîmes, il a fait l'objet d'une exclusion temporaire de fonctions d'une durée d'un jour, pour comportement déplacé envers son chef de pôle, prononcé par un arrêté du 17 février 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le défaut de motivation
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° Infligent une sanction ; (). Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire a l'obligation de préciser, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'intéressé, de sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe. L'autorité qui inflige la sanction doit, à ce titre, indiquer, soit dans sa décision elle-même, soit par référence à un document joint ou précédemment adressé à la personne sanctionnée, les considérations de fait sur lesquelles elle se fonde.
4. L'arrêté en litige, pris au visa des lois n°82-213 du 2 mars 1982, n°83-634 du 13 juillet 1983 et n°84-53 du 26 janvier 1984 et du décret n° 89-822 du 7 novembre 1989, vise l'ensemble des pièces du dossier, le rapport circonstancié du 30 novembre 2021 qui fait état du comportement inapproprié de M. A, l'entretien annuel professionnel du 18 novembre 2021 et l'entretien disciplinaire du 12 janvier 2022. L'arrêté relève également les griefs reprochés à M. A, à savoir, un comportement déplacé, des propos insultants et menaçants envers son chef de pôle. Dès lors, l'arrêté comporte les considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la matérialité des faits
5.Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / l'avertissement ; / le blâme ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; () ".
6.Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. En l'absence de disposition législative contraire, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen.
7.La commune de Nîmes a prononcé la sanction d'exclusion temporaire de fonction d'une durée d'un jour à l'encontre de M. A au motif qu'il a eu un comportement inadapté à l'égard de son supérieur hiérarchique, chef de pôle, le menaçant et l'insultant, lors de son entretien d'évaluation de l'année 2021. Si le requérant soutient que la faute disciplinaire et la matérialité des faits ne sont pas établies et que la décision aurait été prise du fait de son appartenance syndicale, il ressort des pièces du dossier et notamment du compte-rendu d'évaluation du 18 novembre 2021 dont l'appréciation littérale du supérieur hiérarchique fait état de menace de la part du requérant, et du rapport circonstancié du 30 novembre 2021 consignant les propos et l'attitude de l'intéressé menaçant son supérieur hiérarchique, que la matérialité des faits qui lui sont reprochés est établie. Par suite, le moyen tiré de l'absence de matérialité des faits reprochés doit être écarté.
8.Il résulte de ce qui précède que les faits reprochés à M. A à l'égard de son supérieur hiérarchique sont suffisamment établis et sont constitutifs de fautes qui compte tenu de leur nature et de leur gravité sont de nature à justifier la sanction disciplinaire d'exclusion de fonction d'un jour prononcée à l'encontre du requérant.
9.Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la commune de Nîmes du 17 février 2022 et de la décision le confirmant sur recours gracieux. Ses conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent par voie de conséquence être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10.Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties sur le fondement des dispositions de l'article L.761- du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Nîmes au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Nîmes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La magistrate désignée,
C. BOYER La greffière,
I. LOSA
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026