jeudi 4 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | TEISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire complémentaire enregistrés les 1er et 3 août 2022, M. D E demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 30 juillet 2022 par le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée de vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la fixation du pays de renvoi :
- cette décision est entachée d'une erreur de droit, à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ses effets sur sa situation personnelle et familiale ;
S'agissant de l'interdiction de retour :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est privée de base légale par suite de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en s'estimant en situation de compétence liée, en méconnaissance de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
Par un mémoire enregistré le 2 août 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Achour, première conseillère.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Teissonnière, représentant M. E, assisté de M. M'Halla, interprète en langue arabe,
- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien né le 26 août 1998, demande l'annulation des décisions du 30 juillet 2022 par lesquelles le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour de trois ans.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. C B, chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile, qui a reçu par un arrêté n° 13-2021-08-31-00005 du 31 aout 2021, publié au recueil des actes administratifs n° 13-2021-247 de la préfecture des Bouches-du-Rhône, délégation du préfet pour signer notamment les refus de délivrance de titre de séjour, les obligations de quitter le territoire français, les décisions relatives au délai de départ volontaire, celles fixant le pays de destination des mesures d'éloignement et les interdictions de retour en France. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige fait mention des motifs utiles de droit et de fait qui constituent le fondement de la mesure d'éloignement. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que cette mesure serait insuffisamment motivée.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Pour démontrer l'existence d'une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, M. E soutient être entré en France en 2019 et vivre en concubinage avec une ressortissante française depuis deux ans à Marseille, avec l'intention de se marier et de régulariser sa situation. Cependant, il ne produit aucun élément pour justifier de ses dires. En tout état de cause, le séjour et la relation dont il se prévaut sont récents et le requérant ne démontre pas avoir tissé en France des liens d'une intensité et d'une stabilité particulières pas plus qu'il n'établit ni n'allègue être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Il ressort, au surplus, des pièces du dossier que l'intéressé, connu des services de police sous une autre identité, a été interpellé en juillet 2021 pour des faits de vol avec violence en réunion et a été condamné le 5 juillet suivant par le tribunal correctionnel de Marseille à une peine d'emprisonnement de quatre mois du chef de vol aggravé par deux circonstances, ce qui est propre à contredire ses allégations quant à son insertion dans la société française. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
6. Si M. E soutient que cette décision serait entachée d'une erreur de droit, à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ses effets sur sa situation personnelle et familiale, il n'assortit ces moyens d'aucune précision propre à permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, et compte tenu notamment de ce qui a été dit au point précédent, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la décision fixant le pays de renvoi porterait une atteinte excessive à la situation personnelle et familiale du requérant.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, l'arrêté en litige fait mention des motifs utiles de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que cette mesure serait insuffisamment motivée.
8. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 5, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire prise à l'encontre de M. E ne peut qu'être écarté en l'absence d'illégalité entachant cette décision.
9. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'interdiction de retour de trois ans prononcée par le préfet des Bouches-du-Rhône méconnaîtrait le droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale.
10. En dernier lieu, il ne ressort ni des mentions de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet se serait cru à tort en situation de compétence liée pour décider d'interdire pour trois ans le retour de M. E sur le territoire français. Si le requérant soutient que l'autorité administrative aurait dû examiner l'existence de circonstances humanitaires, il n'invoque aucun élément relatif à sa situation propre à relever de telles circonstances. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions en excès de pouvoir doivent être rejetées, de même que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D F E, au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Teissonnière.
Lu en audience publique le 4 août 2022.
La magistrate désignée,
P. A
La greffière,
A. NOGUERO
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026