mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2022 sous le numéro 2202978, et des mémoires complémentaires enregistrés le 12 décembre 2022, le 16 janvier 2023 et le 16 mars 2023, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 12 avril 2022, par lequel le maire de la commune de Cavaillon a délivré un permis d'aménager à la société d'études azuréennes portant sur 24 lots à bâtir, ensemble la décision par laquelle cette autorité a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cavaillon une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir contre l'arrêté attaquée dès lors qu'il est propriétaire occupant d'une maison à usage d'habitation située sur la parcelle cadastrée section AS n° 139, jouxtant le terrain d'assiette du projet, jusqu'alors non bâti ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé au regard de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme dans la mesure où il comporte une prescription renvoyant à une instruction complémentaire ultérieure en ce qui concerne les systèmes individuels d'assainissement non-collectif ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 441-6 du code de l'urbanisme et de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales dès lors que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporte pas de document attestant de la conformité du projet d'installation d'assainissement non collectif au regard des prescriptions réglementaires ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme et de l'article 1AUh4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cavaillon dans la mesure où le projet ne prévoit aucun équipement du système d'assainissement collectif public permettant par temps de pluie la rétention des eaux usées ;
- le maire de Cavaillon était tenu de refuser de délivrer le permis d'aménager en litige dans la mesure où il n'était pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique les travaux destinés à édifier un ouvrage d'équipement du système
d'assainissement collectif public seront exécutés ;
- l'arrêté en litige méconnait les dispositions de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, et celles de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors qu'eu égard à la perméabilité médiocre des sols et au profilé du terrain d'assiette du projet, il existe un risque de contamination des sols voisins par les eaux usées ; de surcroit, la présence de trois bassins de rétention à l'entrée du lotissement projeté est de nature à attirer des insectes nuisibles ;
- il méconnaît les dispositions du b) de l'article 1AUh4 du PLU de la commune de Cavaillon ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme dans la mesure où il comporte une prescription renvoyant à une instruction complémentaire ultérieure portant sur la création d'un ouvrage de rétention dont les caractéristiques et le dimensionnement devront être précisées ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 1AUh3 du règlement du PLU ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme dans la mesure où il comporte une prescription relative à la réalisation d'aires de retournement pour chaque voie de desserte, d'un niveau insuffisant pour assurer la conformité du projet aux exigences fixées par l'article 1AUh3 ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 6 du règlement du PLU ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme et celles de l'article 1AUh3 du règlement du PLU dès lors que sont prévus deux accès au terrain d'assiette du projet donnant sur le chemin de la C, alors que le principe d'aménagement retenu par le PLU ne prévoyait qu'un seul accès et dès lors que la faible distance qui sépare ces deux accès est un facteur de dangerosité pour les usagers de la route ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 1AUh11 du règlement du PLU ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 1AUh9 du règlement du PLU dans la mesure où l'emprise au sol de certaines constructions projetées est supérieure à 15% ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 1AUh2.2 du règlement du PLU dans la mesure où il ne prévoit aucun logement locatif social ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 1AUh2.1 du règlement du PLU et contrarie les objectifs de l'OAP " Bas de Vidauque " dès lors qu'il implique la suppression d'une haie de cyprès ;
- l'adresse du terrain d'assiette du projet figurant dans le dossier de la demande du permis d'aménager est erronée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 novembre 2022 et le 16 mars 2023, la société d'études azuréenne, représentée par Me Zago, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société pétitionnaire fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas demandé l'annulation de la décision par laquelle le maire de Cavaillon a rejeté son recours gracieux de sorte que sa requête est tardive et dès lors que M. A ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre l'arrêté qu'il attaque ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ou sont inopérants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, la commune de Cavaillon, représentée par Me Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 650 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés ou sont inopérants.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lagarde,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de M. A et celles de Me Zago, représentant la société d'études azuréennes.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 12 avril 2022, le maire de la commune de Cavaillon a délivré à la société d'études azuréennes un permis d'aménager 24 lots à bâtir sur les parcelles cadastrées section AP n° 0038 et n° 212. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté et de la décision par laquelle le maire de Cavaillon a rejeté son recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la société d'études azuréennes :
2. Il est constant, d'une part, que le recours gracieux formé par M. A contre l'arrêté du 12 avril 2022 par lequel le maire de Cavaillon a accordé un permis d'aménager à la société d'études azuréennes a été introduit avant l'expiration du délai de deux mois à partir de l'affichage dudit permis. Il est constant, d'autre part, que la décision par laquelle le maire de Cavaillon a rejeté ce recours gracieux a été notifiée le 2 août 2022, prolongeant ainsi le délai de recours au 3 octobre 2022. Par suite, la requête introductive d'instance, enregistrée le 30 septembre 2022 n'est pas tardive. La société pétitionnaire ne peut enfin utilement se prévaloir à l'encontre de l'arrêté du 12 avril 2022, de la circonstance que la requête introductive d'instance ne tendait pas également à l'annulation de la décision rejetant le recours gracieux du requérant.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A est propriétaire d'une maison à usage d'habitation située sur la parcelle cadastrée section AS n° 139, à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet, dont il n'est séparé que par une portion végétalisée de la parcelle cadastrée section AS n° 222 d'une largeur d'environ trente mètres. Au regard de l'ampleur du projet, ainsi que des flux de circulation que celui-ci va engendrer, il est fondé à soutenir que ce projet affecte directement les conditions de jouissance de son bien. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire tirée du défaut d'intérêt à agir du requérant doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ".
5. Il résulte nécessairement de ces dispositions que l'autorité qui délivre le permis de construire, si elle peut assortir celui-ci, au terme de l'instruction de la demande, de prescriptions précises n'affectant pas substantiellement le projet, ne peut en revanche s'abstenir de prendre parti sur un projet dont les caractéristiques essentielles sont définitivement déterminées, soit en assortissant l'autorisation délivrée de conditions trop imprécises, soit en prescrivant le renvoi à une concertation ou à une instruction complémentaire ultérieures.
6. L'arrêté attaqué comporte une prescription aux termes de laquelle la société pétitionnaire devra échanger avec les services de la communauté d'Agglomération Luberon Monts de Vaucluse, qui détient la compétence relative à la gestion des déchets, afin de déterminer les caractéristiques et l'emplacement du local destiné à stocker les bacs à ordures ménagères. Dès lors qu'il n'est pas contesté que la réalisation de cet ouvrage, destiné à stocker les ordures ménagères produites par les occupants de 24 lots, relève du seul aménageur, et que l'arrêté attaqué prescrit le renvoi à une concertation ultérieure avec les services de la communauté d'Agglomération Luberon Monts de Vaucluse pour déterminer l'emplacement dudit ouvrage, M. A, qui doit être regardé comme ayant entendu soulever la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme est fondé à en invoquer la méconnaissance.
7. Aux termes des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cavaillon applicables au secteur 1AUh : " La zone 1AUh correspond aux secteurs d'urbanisation future à vocation d'habitat. / Elle comprend trois sous-secteurs : / () - 1AUhd correspondant à l'extension de l'urbanisation quartier dit " C ". / Ces secteurs font l'objet d'Orientations d'Aménagement et de Programmation dont ils devront respecter les prescriptions. ". Aux termes des dispositions de l'article 1AUh4 du règlement du PLU relatives aux eaux usées : " Toute opération, construction ou installation doit évacuer ses eaux résiduaires par des canalisations souterraines raccordées au réseau d'assainissement collectif public, en respectant les caractéristiques de ce réseau. Dans l'attente de la création de la nouvelle station d'épuration intercommunale Cavaillon / Les Taillades, les nouveaux projets pourront être accordés seulement si un équipement du système d'assainissement collectif public permet, par temps de pluie, la rétention des eaux usées. Les périodes de temps de pluie correspondent aux périodes pendant lesquelles le débit transitant dans le réseau de collecte est influencé par la présence d'eaux pluviales (cf. note technique du 7 septembre 2015 relative à la mise en œuvre de certaines dispositions de l'arrêté ministériel du 21 juillet 2015). L'évacuation des eaux usées retenues pendant les temps de pluie se fera de manière progressive, à l'issue des périodes de temps de pluie considérées, sans saturation du réseau public de collecte. Les ouvrages techniques à la charge de l'aménageur devront être dimensionnés pour respecter les caractéristiques du rejet admissible hors temps de pluie, qui seront déterminées par le gestionnaire du réseau public. / L'évacuation des eaux et matières usées dans les fossés, cours d'eau ou réseaux d'eau pluviale est interdite. ". La notice des annexes sanitaires du PLU précise, en ce qui concerne le secteur Vidauque, que : " Le raccordement du quartier déjà urbanisé au réseau d'assainissement non collectif n'est pas prioritaire actuellement. Le quartier sera laissé en zonage d'assainissement non collectif dans le cadre du zonage d'assainissement en cours de révision. En ce qui concerne le secteur AUhd, il devra être raccordé à une micro-station d'épuration d'environ 200 équivalent/habitants ".
8. Il résulte des dispositions précitées de l'article 1AUh4 du règlement du PLU de la commune de Cavaillon, complétées par les mentions figurant dans la notice des annexes sanitaires du PLU, que, contrairement à ce que soutiennent tant la commune de Cavaillon que la société pétitionnaire, les opérations d'aménagement prévues spécifiquement au sein du secteur 1AUhd dans lequel est situé le terrain d'assiette du projet nécessitent un raccordement à une station d'épuration d'environ 200 équivalent / habitants. Cet élément a, en outre, été mentionné à plusieurs reprises dans le rapport de présentation du PLU. Les dispositions dont se prévalent la commune et la société pétitionnaire indiquant que le quartier " sera laissé en zonage d'assainissement collectif " ne portent que sur la partie déjà urbanisée du secteur 1AUhd, ce qui exclut le terrain d'assiette du projet, très majoritairement non bâti. Il est constant que cette station n'a pas été construite à la date de la décision attaquée, et que le projet ne prévoit aucun raccordement à une telle station, ni par ailleurs à aucun équipement du système d'assainissement collectif public permettant, par temps de pluie, la rétention des eaux usées. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 1AUh4 du règlement du PLU doit être accueilli.
9. Aux termes de l'article L. 151-15 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter, dans les zones urbaines ou à urbaniser, des secteurs dans lesquels, en cas de réalisation d'un programme de logements, un pourcentage de ce programme est affecté à des catégories de logements qu'il définit dans le respect des objectifs de mixité sociale. ". Aux termes de l'article 1AUh2.2 du règlement du PLU : " () / Au titre de l'article L.151-15 du code de l'urbanisme, dans l'ensemble des sous-secteurs 1AUhc et 1AUhd, en cas de réalisation d'un programme de logements supérieur à 20 logements ou de plus de 1000 m² de surface de plancher, au moins 30% de la surface de plancher doit être affectée à la réalisation de logements locatifs sociaux (au titre de la Loi SRU). ".
10. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige est prévu sur une surface de plancher de 4800 m² et comporte 24 logements. La notice descriptive dudit projet jointe au dossier de demande de permis d'aménager précise que " la réalisation du lotissement créera 24 logements en accession libre ". Le formulaire de demande de permis d'aménager indique quant à lui que " les travaux seront réalisées en une seule tranche ". Dès lors que le projet de la société d'études azuréennes ne prévoyait aucune création de logements locatifs sociaux, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 1AUh2.2 du règlement du PLU, le maire de Cavaillon était tenu de refuser de délivrer le permis d'aménager que celle-ci demandait.
12. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'apparaît susceptible de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de justice administrative :
13. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis () d'aménager, () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. ".
14. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
15. L'illégalité relevée au point 8 qui affecte la totalité du projet litigieux, n'apparait pas susceptibles d'être régularisée sur le fondement des dispositions des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
16. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de de M. A la somme demandée par la commune de Cavaillon et par la société d'études azuréennes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. M. A ne justifiant pas avoir engagé de frais dans la présente instance, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté en date du 12 avril 2022, par lequel le maire de la commune de Cavaillon a délivré un permis d'aménager à la société d'études azuréennes, ainsi que la décision par laquelle cette autorité a rejeté le recours gracieux formé par M. A sont annulés.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Cavaillon et par la société d'études azuréennes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Cavaillon et à la société d'études azuréennes.
Copie en sera transmise à la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Avignon en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 12 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le rapporteur,
F. LAGARDELe président,
J. ANTOLINI
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026