mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GATHELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 octobre 2022 et un mémoire complémentaire reçu le 16 novembre 2022, Mme C B, représentée par Me Gathelier, demande au tribunal:
- l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle,
- l'annulation de l'arrêté n° ASI/84/2022/70 du 28 septembre 2022 par lequel la préfète de Vaucluse l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe son pays de renvoi ;
- d'enjoindre à la préfecture de Vaucluse de lui délivrer le titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale";
- à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfecture de Vaucluse de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour;
- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est en Franc depuis 2018, et son enfant né en 2020 fait l'objet d'une mesure de placement auprès d'une famille d'accueil ; elle dispose d'un droit de visite et d'hébergement.
Mme B a obtenu le bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par décision du 22 novembre 2022 du Bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 novembre 2022 :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Gathelier pour Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1.Mme C B, née le 22 septembre 199 à Benin City (Nigéria), de nationalité nigériane, a présenté une demande d'asile le 23 juillet 2020 dont elle a été déboutée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 19 janvier 2022, confirmée par une décision du 7 juillet 2022 de la Cour nationale du droit d'asile. Elle demande l'annulation, de l'arrêté du 28 septembre 2022 par lequel la préfète de Vaucluse rejette sa demande de titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixe son pays de renvoi.
2. L'arrêté contesté comporte, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles se fonde la préfète, et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen réel et sérieux de la situation particulière de la requérante au regard des stipulations et dispositions législatives et réglementaires applicables, en particulier en examinant les conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de Mme B telle que venue à sa connaissance.
3. La mesure d'éloignement a été prise sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes duquel : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; ".. et aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 532-1 " Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". En l'espèce Mme B, dont le refus de demande d'asile a été jugé légal par la Cour nationale du droit d'asile, n'avait plus droit au maintien sur le territoire français à compter du 7 juillet 2022, date de lecture de la décision la concernant, et la préfète de Vaucluse était fondée à prendre le 28 septembre 2022 la mesure d'éloignement.
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. La requérante se prévaut en premier lieu d'une présence de quatre ans sur le territoire français, mais qui n'est pas confirmée par les pièces du dossier. Elle n'a présenté une demande d'asile que le 23 juillet 2020, et n'a résidé régulièrement en France que sous couvert de sa demande d'asile. En sa qualité de demandeur d'asile déboutée elle n'a pas vocation à se maintenir sur le territoire français. Elle se prévaut de la naissance en France de son enfant, en février 2020, lequel a fait l'objet d'une mesure judiciaire de placement auprès d'une famille d'accueil, et d'un droit de visite et d'hébergement. Toutefois, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la mesure de placement dont a fait l'objet cet enfant empêcherait la reconstitution de la famille au Nigéria, rien ne faisant obstacle à ce que Mme B demande au juge compétent de lever la mesure de placement pour quitter le territoire français. Le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention doit dès lors être écarté. Il ne ressort pas par ailleurs des pièces du dossier que la décision d'éloignement serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante
6. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". La requérante, dont les déclarations n'ont pas été jugées convaincantes par l'OFPRA puis la CNDA s'agissant des risques invoqués en cas de retour au Nigéria, du fait de ses activités passées dans la prostitution, n'apporte devant le tribunal aucun élément nouveau de nature à faire regarder l'arrêté attaqué comme contraire à ces stipulations.
7. Il résulte de tout ce qui précède, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 28 septembre 2022. Par voie de conséquence ses conclusions à fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent elles-aussi être rejetées.
D E C I D E :
Article 1erer : Mme C B est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme C B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la préfète de Vaucluse et à Me Gathelier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. A
La greffière,
E. PAQUIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2203101
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026