mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203197 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 octobre 2022, la SCI Château de Bourgane, représentée par Me Tagnon, demande au juge des référés :
1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 17 mai 2022, par laquelle le maire de Saint-Saturnin-les-Apt a accordé un permis de construire à la SARL Domaine de la bastide grise en vue de la réhabilitation d'une construction existante, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Saturnin-les-Apt la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est présumée et que les travaux ont débuté ;
- sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige les moyens tirés de :
* la violation de l'article I.2 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune dès lors que le projet aura pour effet de porter la surface du bâti à plus de 150 m², le rendant ainsi moins conforme à la règle du PLU ;
* la violation des mêmes dispositions dès lors que le projet portera à plus de 40 m² la superficie totale des annexes et à plus de deux unités bâties et que la piscine excèdera 80 m² d'emprise au sol ;
* la violation de l'article II.1 du même règlement de zone dès lors que le hangar existant est implanté à moins de 7 mètres de l'axe d'une voie et que les travaux aggraveront cette illégalité ;
* la violation du même article dès lors que le projet prévoit des terrasses végétalisées et que l'arrêté comporte une prescription contraire à ces dispositions en ce qu'elle permet les clôtures maçonnées de plus de 60 cm de hauteur ;
Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2022, la SARL Domaine de la bastide des grises, représentée par Me Coiraton-Demercière, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la société requérante n'a pas intérêt à agir ;
- l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige n'est pas démontrée dès lors que l'état de vétusté de la bâtisse impose une réfection rapide ;
- les moyens invoqués par SCI Château de Bourgane ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, la commune de Saint- Saturnin-les-Apt, représentée par Me d'Audigier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la société requérante n'a pas intérêt à agir ;
- les moyens invoqués par la SCI Chateau de Bourgane ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Antolini, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés ;
- la requête, enregistrée le 22 octobre 2022 sous le n° 2203178, tendant à l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Saturnin-les-Apt ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 novembre 2022 à 14 heures 30 :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Tagnon représentant la SCI Château de Bourgane, celles de Me Coiraton-Demercière, représentant la SARL Domaine de la bastide des grises, et celles de Me d'Audigier, pour la commune de Saint-Saturnin-les-Apt.
La clôture de l'instruction a été différée au 17 novembre 2022 à 16 heures pour permettre aux parties de produire le règlement du plan local d'urbanisme en vigueur à la date de la décision attaquée.
Considérant ce qui suit :
1. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement et objectivement, compte tenu des justifications fournies par les parties et de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que l'exécution de la décision soit suspendue avant l'intervention du jugement de la requête au fond. En vertu de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, la condition d'urgence est présumée satisfaite lorsqu'une requête en référé suspension est formée contre une autorisation d'urbanisme. Toutefois, le pétitionnaire et l'autorité qui a délivré le permis peuvent utilement faire état, pour renverser la présomption d'urgence, de circonstances particulières relatives, notamment, à l'intérêt s'attachant à ce que l'ouvrage soit réalisé sans délai.
3. La demande de la SCI Château de Bourgane tend, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution de la décision du 17 mai 2022 par laquelle le maire de Saint-Saturnin-les-Apt a accordé un permis de construire à la SARL Domaine de la bastide grise en vue de la réhabilitation d'une construction. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de cette décision, la société se prévaut de l'atteinte susceptible d'être portée au réseau d'alimentation en eaux situé sur le terrain d'assiette du projet et de la présomption d'urgence qui s'attache aux autorisations d'urbanisme en raison du caractère difficilement réversible d'une construction et du délai contraint par l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme pour exercer un tel recours.
4. Il résulte de l'instruction que le permis de construire en litige autorise la réhabilitation d'un bâtiment ancien sans modifier notablement son emprise au sol ou son volume. Alors que l'intérêt à agir de la société requérante réside exclusivement dans l'atteinte susceptible d'être portée par les travaux au réseau d'eau souterrain qui alimente sa propriété, puisque celle-ci est éloignée de 500 mètres du projet et que la faible ampleur des travaux n'aura pas d'autre impact notable sur cette propriété, la seule circonstance qu'au cours de l'exécution du permis en litige, une canalisation pourrait être endommagée n'est pas de nature à révéler une atteinte grave et immédiate à la situation de la requérante ou aux intérêts qu'elle entend défendre, dès lors que les travaux sont réputés être exécutés dans les règles de l'art et qu'il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'une canalisation endommagée ne pourrait pas être très rapidement réparée. A l'inverse, la SARL Domaine de la bastide des grises démontre qu'en raison de l'état de délabrement de la bâtisse existante et des difficultés de financement qu'implique le projet, il y a urgence à effectuer rapidement les travaux, au moins pour partie. Dans ces conditions, l'urgence qui s'attacherait à suspendre la décision en litige n'est pas constituée et il y a lieu de rejeter la présente demande par application des dispositions de l'article L. 521-1 sus énoncé du code de justice administrative.
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Ces dispositions font obstacle à ce que la commune de Saint-Saturnin-les-Apt, qui n'est pas la partie perdante, verse une quelconque somme à la SCI Château de Bourgane au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a dû exposer dans cette instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de condamner la SCI Château de Bourgane à verser à la commune de Saint-Saturnin les Apt et à la SARL Domaine de la bastide grise, les sommes qu'elles demandent sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de la SCI Château de Bourgane est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Château de Bourgane, à la commune de Saint-Saturnin-les- Apt et à la société Domaine de la bastide grise.
Fait à Nîmes, le 23 novembre 202Le juge des référés,
J. A
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026