vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203212 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | LAURENT-NEYRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2022, M. C B, demande au tribunal d'annuler les décisions en date du 14 octobre 2022 par lesquelles la préfète de Vaucluse lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour sur laquelle est fondée la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité ; il a reconnu sa fille avant sa naissance si bien que les dispositions de l'alinéa 2 de l'article 6-4 de l'accord franco-algérien ne lui sont pas opposables ; cette décision ne saurait être fondée sur l'absence d'éléments postérieurs à juin 2021, date à laquelle sa demande de titre de séjour a été enregistrée ; la rupture de liens avec sa fille résulte d'une décision unilatérale de sa mère et il l'a vue deux fois au parloir ; il justifie d'une entrée régulière sur le territoire français ;
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées et la préfète n'a pas procédé à un examen attentif de sa situation ;
- les décisions sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la préfète a méconnu le principe du respect des droits de la défense dès lors qu'il n'a pas eu accès à une personne pouvant former un recours du fait de son confinement pour cause de Covid-19 ;
- la préfète porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie familiale normale et méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A ;
-et les observations de Me Laurent-Neyrat, représentant M. B, qui maintient ses conclusions et moyens qu'il précise ; il soutient en outre que la préfète a commis un détournement de procédure et demande à ce qu'il lui soit enjoint de procéder au réexamen de sa situation.
-la préfète de Vaucluse n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1986, demande au tribunal d'annuler les décisions en date du 14 octobre 2022 par lesquelles la préfète de Vaucluse lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe des décisions contestées :
2. L'arrêté contesté comporte, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles se fonde la préfète, et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen de la situation particulière du requérant, en particulier en examinant les conséquences de ses décisions au regard des droits garantis par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyen tirés d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de M. B doivent dès lors être écartés.
3. Si M. B soutient que la préfète aurait méconnu le principe du respect des droits de la défense dès lors qu'il n'a été en mesure de former un recours que le 24 octobre, cette circonstance, qui relève de l'examen de la recevabilité de la requête, est sans incidence sur la légalité des décisions contestées.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ; () ".Ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
5. D'une part, alors même que la préfète a commis une erreur de droit en opposant à M. B la condition de participation à l'entretien et à l'éducation de son enfant français mineur, ainsi qu'une erreur d'appréciation en lui reprochant de ne pas produire de pièces postérieures au dépôt de sa demande de titre de séjour, il résulte de l'instruction qu'elle aurait pris la même décision de refus de titre de séjour en se fondant sur le seul motif tiré de ce que la présence de M. B sur le territoire français représente une menace pour l'ordre public.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet de multiples condamnations pour des faits de vol, de détention frauduleuse de faux documents administratifs, de vol avec destruction ou dégradation et de vol en réunion. En dernier lieu, M. B a été condamné le 14 septembre 2021 à neuf mois d'emprisonnement pour récidive de vol en réunion. Au regard de ces éléments, et notamment du caractère répété des agissements de M. B, la préfète de Vaucluse a pu estimer, sans commettre d'erreur d'appréciation, que la présence en France de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public et lui refuser légalement, pour ce seul motif, la délivrance du titre de séjour sollicité.
7. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. M. B est entré en France, sous couvert d'un visa court séjour, au début de l'année 2016 et s'y maintient depuis de manière irrégulière. Sa présence sur le territoire national représente, ainsi qu'il a été exposé au point 6, une menace pour l'ordre public et M. B ne justifie d'aucune intégration sociale ou professionnelle, ni être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Si M. B soutient participer effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille, de nationalité française, née le 9 avril 2021, il reconnaît lui-même que les relations avec son enfant ont été interrompues par sa mère. La production de factures d'achat de vêtements, de lait infantile et de couches, au soutien de sa demande de titre de séjour, ne saurait, à elle-seule et malgré son incarcération, établir la réalité du lien affectif entretenu par M. B avec son enfant. Enfin, si le requérant soutient avoir vu sa fille deux fois lors de visites au parloir, il n'en rapporte toutefois pas la preuve ni ne produit aucune pièce de nature à permettre d'apprécier la nature des liens qu'il entretiendrait avec sa jeune enfant. Dans ces conditions et au regard des circonstances de l'espèce, la préfète de Vaucluse n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels la décision a été prise et n'a dès lors pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention internationale sur les droits de l'enfant, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de l'intéressé.
9. Il résulte de ce qui que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui est opposée serait dépourvue de base légale, en raison de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
En ce qui concerne les autres moyens :
10. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ". Aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ".
11. Ainsi qu'il a été exposé aux points 6 et 8, M. B n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant et sa présence sur le territoire national représente une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, la préfète de Vaucluse a pu légalement lui faire obligation de quitter sans délai le territoire français.
12. Le détournement de procédure allégué n'est pas établi.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste.
Sur les autres conclusions :
14. Les conclusions aux fins d'annulation étant rejetées, celles présentées à fin d'injonction doivent également, par voie de conséquence, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la préfète de Vaucluse et à Me Barbara Laurent-Neyrat.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
La magistrate désignée,
W. A
La greffière,
A. NOGUERO
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°220321
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026